Discours du Président de l’Assemblée lors de la Session ministérielle de Madrid commémorant le 60e anniversaire de l’Organisation, le 12 mai 2009 (version francaise)

M. le Président,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis de ceux qui considèrent que le bilan des 60 ans d'existence de notre Organisation est extrêmement positif.

 

Tourné vers l'avenir, le Conseil de l'Europe doit continuer de jouer son rôle de défenseur par excellence de la démocratie, des droits de l'homme et de la primauté du droit. Toutefois, la démocratie n'est pas une notion statique. Les nouvelles réalités et les nouveaux défis la mettent constamment à l'épreuve. Les changements complexes qui surviennent n'affectent pas seulement nos sociétés, mais sont d'envergure mondiale. Ils sont politiques, géostratégiques, écologiques, culturels, économiques et financiers. Nous devons y apporter une réponse adaptée tout en veillant à ce que nos démocraties ne cèdent pas à la tentation de sacrifier certaines de leurs valeurs dans cette lutte.

 

La grande force du Conseil de l'Europe est sa force morale, qui résulte d'un mélange subtil de finesse diplomatique et de rigueur dans la défense de ses valeurs.

 

Pour défendre nos valeurs, nous disposons d'une institution unique en son genre, la Cour européenne des droits de l'homme, dont nous devons de toute urgence préserver l'efficacité. L'Assemblée parlementaire vient de rendre un avis favorable sur le projet de Protocole 14bis à la Convention européenne des droits de l'homme, et nous espérons que son adoption pourra intervenir prochainement.

 

De notre côté, en qualité de parlementaires, nous défendons les valeurs du Conseil de l'Europe par le dialogue et la persuasion. Les gouvernements devraient prendre conscience du potentiel qu'offre l'Assemblée dans ce domaine: elle peut servir de forum de dialogue même pour des questions aussi complexes que le conflit entre la Géorgie et la Russie.

 

Si nous voulons que le Conseil de l'Europe continue de jouer un rôle fort et positif sur la scène internationale, toutes ses composantes doivent agir en parfaite harmonie. L'Assemblée a pris position sur le processus d'élection du Secrétaire général de l'Organisation. A cet égard, elle a souligné la nécessité d'instaurer un véritable dialogue entre le Comité des Ministres et l'Assemblée. Seul un tel dialogue pourra garantir un bon équilibre entre les institutions et permettre au Conseil de l'Europe de fonctionner efficacement et dans un esprit de coopération. J'ai assisté, à l'improviste, au débat et à la prise de décision du Comité des Ministres sur la liste de candidats au poste de Secrétaire général. Je ne suis pas en mesure de vous faire part de la réaction de l'Assemblée, étant donné que je n'ai pas encore eu l'occasion de la consulter. Toutefois, d'après ce que je sais, je peux vous assurer que cette décision ne plaira pas aux parlementaires, et je crains fort qu'une majorité d'entre eux n'acceptera pas une liste qui limite politiquement leur pouvoir d'élection. Je me vois contraint de vous dire que face à votre proposition, le risque existe que nous n'ayons pas d'élection du Secrétaire général en juin. De ce point de vue, nous devrions tous faire le maximum pour éviter une crise institutionnelle. Quoi qu'il en soit, chacun doit assumer ses responsabilités.

 

Pour agir, le Conseil de l'Europe a besoin de moyens. En ces temps d’austérité budgétaire on peut dire, si l’on adopte le vocabulaire financier, que notre organisation offre aux Etats membres un excellent «rapport qualité-prix ». Elle accomplit un travail remarquable avec peu de moyens. Si nous ne pouvons pas augmenter ses moyens, veillons au moins à ne pas les diminuer.

 

Pour l'heure, que nous soyons ministres ou parlementaires, le meilleur investissement que nous puissions faire est de nous engager conjointement, politiquement et personnellement en faveur du Conseil de l'Europe pour lui donner un nouvel élan.

 

Je vous remercie.

 

 

 

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