Intervention de M. Ivan Popescu, Député de la Verkhovna Rada et Vice-président de l'APCE

 

À  la Conférence internationale

sur « Combattre la violence à l’encontre des enfants : d'actions isolées à des stratégies intégrées »

 

Organisée dans le cadre de la Présidence ukrainienne du Comité des Ministres

du Conseil de l'Europe en coopération avec le Département d’Etat ukrainien

à la Jeunesse et aux Sports, la représentante spéciale du Secrétaire général

des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants et l’Unicef

 

Lieu : Kyiv, Maison de l’Ukraine

Dates : 24 et 25 mai 2011

 

 

Monsieur le Vice-Premier Ministre

Madame la Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l’Europe

Excellences

Mesdames et Messieurs

Chers collègues

 

J’ai l’honneur de vous saluer à l’ouverture de cette conférence internationale en ma capacité de Vice-président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et député du parlement ukrainien Verkhovna Rada. En même temps, je vous transmets les meilleures salutations de la part du Président de l’Assemblée parlementaire,
M. Mevlüt Çavusoglu, qui regrette de ne pas pouvoir assister lui-même à cette rencontre importante.

 

Néanmoins, l’Assemblée parlementaire souhaite activement contribuer aux travaux prévus ; en dehors de ma présence, elle est donc représentée par plusieurs membres parlementaires de sa sous-commission de l’enfant qui rapporteront les résultats de vos travaux à notre Assemblée.

 

Comme nous le savons tous, la protection des droits de l’enfant fait partie des priorités de la Présidence ukrainienne du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe (mai – novembre 2011) telles que présentées à la 121e session du Comité des Ministres à Istanbul le 11 mai dernier, et cette conférence se trouve au cœur des activités annoncées. La Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant que mon pays a ratifié dès son indépendance en 1991, affirme le droit de chaque enfant à être protégé « contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle ».

Je suis convaincu que les parlements nationaux sont des acteurs clés quand il s’agit de renforcer la protection des enfants et la prévention de toute forme de violence à leur égard. C’est à eux de procéder au renforcement de la législation nationale et à la mise en œuvre des standards les plus élevés de protection.

 

Pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, que je représente aujourd’hui, la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels, appelée Convention de Lanzarote, est un instrument essentiel à cet égard.

 

Pour cette raison, l’Assemblée a décidé de soutenir la Campagne UN sur CINQ du Conseil de l’Europe contre la violence sexuelle à l’égard des enfants qui se déroulera de 2011 à 2014. Par la dimension parlementaire, l’Assemblée soutient la ratification de la Convention de Lanzarote, et donc le renforcement de la législation pertinente dans tous les Etats membres, ainsi que la sensibilisation de la société entière pour la violence sexuelle à l’égard des enfants. L’outil principal pour diffuser les messages de la campagne est le réseau des parlementaires de référence constitué de 38 parlementaires aujourd’hui qui se réunit lors de chaque partie de session de l’Assemblée parlementaire à Strasbourg.

 

Enfin je souhaite attirer l’attention sur les travaux récents et en cours de l’Assemblée parlementaire dans le domaine. Ces travaux  pourront servir de de référence pour d’autres institutions : En octobre 2010, l’Assemblée parlementaire a adopté sa Recommendation 1934 (2010) sur les Sévices sur des enfants placés en établissement : garantir la protection pleine et entière des victimes.

 

Actuellement, des rapports se préparent sur les images d’abus d’enfant diffusés via l’Internet et la situation des enfants suite à des catastrophes naturelles ou des crises politiques.

 

Bien évidemment, même si la violence sexuelle est la cible de la campagne UN sur CINQ, les autres formes de violence ou de négligence concernant les enfants ne doivent pas être oubliées : l’isolation de la famille, la traite des enfants, l’exploitation par le travail, la pauvreté ou le manque d’accès à des services sanitaires, sont parmi les problèmes que rencontrent de nombreux d’enfants dans nos sociétés.

L’Assemblée parlementaire s’est toujours penchée sur ces problèmes et continuera à le faire. Par contre, à elle seule et en tant que forum européen de débat et d’initiative politique, elle ne pourra pas aboutir.

 

Elle a besoin de coopérer avec vous tous, tel qu’elle coopère déjà étroitement avec le secteur intergouvernemental du Conseil de l’Europe, co-organisateur de la présente conférence. Seulement des actions conjointes nous mèneront au but.

 

Je rappelle que nos objectifs communs – à nous tous - pour combattre la violence à l’égard des enfants doivent être :

-          de faire face aux problèmes de violence dans  le cadre d’un débat ouvert,

-          de nous sentir tous concernés par le problème et le sort des enfants ayant été victimes de violence sexuelle

-          d’employer des mesures fortes pour éradiquer cette forme terrifiante de violence contre les enfants qui sont les membres les plus vulnérables de nos sociétés.

 

L’expérience de tous les Etats-membres temoigne que beaucoup de progrès ont été  réalisés ces dernières années dans le domaine des droits de l’enfant, ceci en étroite collaboration avec diverses organisations internationales - le Conseil de l’Europe, l’Union européenne, les agences des Nations Unies - toutes représentées dans cette conférence.

 

Néanmoins, la protection des droits de l’enfant dépend directement du développement socio-économique d’un pays. Pour cette raison la protection des droits de l’enfant est particulièrement importante lors d’une crise financière et économique. Il est à noter que la crise en cours a causé la dégradation significative de la situation socio-économique des enfants, dont la plupart s’est vue confrontée à la pauvreté persistante. C’est pourquoi les efforts des organisations internationales et des gouvernements de tous les pays devraient viser à surmonter les conséquences de cette crise, cela permettant, respectivement, de consolider les conditions de vie des enfants.

 

En tant que parlementaire ukrainien, je suis reconnaissant de la possibilité de tenir cette conférence dans la capitale de l’Ukraine – ville-héros Kyiv. Je suis optimiste qu’en étroite collaboration de toutes les organisatins internationales présentes ici, ainsi qu’en suivant des approches intégrées telles qu’elles sont promues par le Conseil de l’Europe, nous arriverons à stabiliser et à améliorer de manière significative la situation des enfants dans tous les Etats-membres ces prochaines années.

 

Les parlements européens se sont unis pour combattre la violence sexuelle à l’égard des enfants sous la Campagne UN sur CINQ du Conseil de l’Europe. Au-delà de cette initiative, je souhaite que nous tous unissions nos forces pour combattre toute forme de violence à l’encontre des enfants.

 

Selon la déclaration universelle des droits de l’homme, tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits – ceci est évidemment valable pour les enfants. Je vous invite également à interpeller vos gouvernements et parlements nationaux à signer et ratifier la Convention de Lanzarote si ils ne l’ont pas encore fait.

 

En vue d’atteindre cet objectif ultime pour tous les enfants à terme, je nous souhaite des travaux fructueux et une excellente conférence, et espère que nous aurons, à la fin des deux jours, fait une contribution modeste à un monde meilleur et plus sûr pour nos enfants.

 

Merci de votre attention. 

 

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