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Recommandation 1551 (2002)1
Construire au XXIe siècle une société avec et pour les enfants: suivi de la Stratégie européenne pour les enfants (Recommandation 1286 (1996))
1. LAssemblée salue linitiative de lUnicef de tenir une session spéciale de lAssemblée générale des Nations Unies, entièrement consacrée à la définition dun monde qui soit digne des enfants, préoccupation quelle peut aisément partager et sapproprier.
2. Depuis 1989, les droits des enfants sont reconnus et inscrits dans un texte unique, la Convention relative aux droits de lenfant, des Nations Unies, instrument phare qui connaît une ratification quasi universelle, à lexception notable des Etats-Unis. Mais quen est-il de lapplication de ces droits dans la réalité? Lécart entre les principes déclarés et la réalité est loin de se combler.
3. Il faut traduire dans les faits les engagements souscrits et ne pas se contenter de reconnaissance formelle et de déclarations dintentions. Un plan daction simpose, qui permette de construire, avec et pour les enfants, une société européenne du XXIe siècle, équitable et vivable. Ce plan doit être global et en cohérence avec la convention des Nations Unies. Il ne doit pas rester un vu pieux et doit simposer aux Etats membres du Conseil de lEurope.
4. LAssemblée invite donc le Comité des Ministres du Conseil de lEurope à adopter un texte juridique liant les Etats membres de cette Organisation et leur demandant de souscrire et de respecter les engagements ci-après:
i. réviser lensemble de leur législation nationale et sassurer de sa compatibilité avec les dispositions de la Convention des Nations Unies relative aux droits de lenfant;
ii. adopter une politique nationale des droits de lenfant globale, cohérente et à long terme, avec le souci dappliquer pleinement les dispositions de la Convention des Nations Unies relative aux droits de lenfant;
iii. nommer un ministre des Droits de lenfant, afin, notamment, de promouvoir une approche intégrée des droits de lenfant dans tous les domaines de la politique gouvernementale;
iv. assurer, en particulier au plan de la décision politique, que les droits de lenfant, ses intérêts et ses besoins sont à chaque fois pris en considération, par lintroduction de pratiques telles que «lévaluation des incidences sur les enfants»;
v. donner une plus grande visibilité et priorité aux enfants dans la présentation des budgets et dans lallocation de ressources adéquates et équitables;
vi. créer, au niveau national, un organe permanent interministériel, habilité à traiter de toute question liée aux droits de lenfant, afin de favoriser une politique nationale coordonnée des droits de lenfant, et charger cet organe de lélaboration dun rapport annuel sur cette politique, qui soit soumis au parlement pour débat;
vii. instituer, au niveau national, un médiateur pour les enfants (ou une institution similaire indépendante) pour promouvoir les droits de lenfant et contrôler leur application;
viii. créer un observatoire national de lenfance, chargé de collecter et de répercuter auprès des milieux intéressés toute information et toute donnée, notamment les statistiques sur les enfants, leurs besoins et leurs droits;
ix. promouvoir léducation aux droits de lenfant et les formations professionnelles y relatives;
x. rechercher une participation maximale des enfants à tous les niveaux de la décision politique et dans tous les secteurs;
xi. donner, dans leur politique nationale daide aux pays en voie de développement, une place centrale et prioritaire à lenfant et intégrer le respect de ses droits dans les modalités de loctroi de lassistance technique et financière.
5. LAssemblée invite également le Comité des Ministres à affirmer toujours davantage le rôle que le Conseil de lEurope, garant des droits de lhomme, doit jouer dans la défense et la promotion des droits de lenfant, en particulier:
i. en créant, de préférence au sein de lOrganisation, linstitution du médiateur européen pour les enfants, qui soit indépendant et doté de pouvoirs dinitiative;
ii. en donnant à lactuelle structure du «Forum de lenfance et la famille» les pouvoirs de traiter de toutes les questions relatives aux enfants, délaborer les grandes lignes dune politique européenne coordonnée des droits de lenfant et de définir une politique de développement concertée des droits de lenfant en dehors de lEurope;
iii. en attribuant au forum précité le mandat de faire office dobservatoire européen de lenfance et délaborer un rapport annuel sur la situation des enfants en Europe.
6. LAssemblée demande au Comité des Ministres de prendre davantage en considération la possibilité délaborer une convention européenne sur les droits de lenfant en phase avec les réalités européennes, ainsi que linsertion des droits de lenfant dans la Convention des Droits de lHomme et des Libertés fondamentales du Conseil de lEurope.
7. LAssemblée invite instamment le Comité des Ministres à définir, en coopération avec lUnion européenne, les modalités de la création dun centre européen de données informatisées sur les mineurs disparus, qui centralise les disparitions et qui puisse offrir, notamment aux services de police, aux familles, aux associations de bénévoles, etc., les informations et laide nécessaires à leur localisation et à leur recherche.
8. Enfin, lAssemblée demande au Comité des Ministres de donner des suites appropriées à cette recommandation et de la transmettre à tous les gouvernements des Etats membres, aux institutions de lUnion européenne, ainsi quà lUnicef et à toutes les organisations non gouvernementales actives dans la défense des droits de lenfant.
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1. Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nom de lAssemblée, le 26 mars 2002 (voir Doc. 9188, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. Cox).