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Recommandation 1583 (2002)[1]
Répression de la récidive des crimes contre les mineurs
1. LAssemblée parlementaire rappelle la Déclaration des droits de lenfant de 1959, qui invoque la nécessité de protéger lenfance contre la négligence, la cruauté ou lexploitation, la Convention des Nations Unies sur les droits de lenfant de 1989, qui appelle les Etats à prendre des mesures pour protéger lenfance de toute forme de violence physique ou psychologique, et la Convention du Conseil de lEurope sur lexercice des droits des enfants de 1996 (STE no 160), qui doit faciliter la mise en uvre de la convention des Nations Unies par les Parties à la convention.
2. LAssemblée souligne en particulier quen vertu de larticle 39 de la Convention des Nations Unies sur les droits de lenfant les Etats parties sont tenus de prendre toutes les mesures appropriées en vue de la réinsertion des enfants victimes de crimes et de traitements cruels, lune dentre elles étant la création de services sociaux et psychologiques spécialisés pour les victimes mineures. De tels services sont insuffisamment développés dans les Etats dEurope centrale et orientale.
3. LAssemblée exprime son inquiétude face à la hausse considérable de crimes contre les mineurs recensés dans nombre dEtats européens et datteintes à la pudeur et à linviolabilité sexuelle des enfants. De façon préoccupante, un grand nombre de crimes sont commis par des personnes tenues de prendre soin des enfants et qui ont autorité sur eux.
4. LAssemblée considère de ce que, pour faire disparaître les conditions contribuant à la perpétration des crimes contre les mineurs dans un espace européen toujours plus intégré, il est nécessaire dinciter les gouvernements nationaux à parvenir à un degré dunification maximal des législations pénales nationales concernant lâge de protection de linviolabilité sexuelle des enfants, la responsabilité en matière de production et de commerce darticles utilisant la pornographie infantile, la responsabilité quant à lincitation des mineurs à la prostitution, et celle de lorganisation de la prostitution infantile.
5. LAssemblée constate que de nombreux auteurs de crimes ayant commis des violences ou des crimes sexuels à légard de mineurs ont été eux-mêmes victimes de traitements cruels, et que par conséquent la consécration légale de lobligation de réparation du préjudice (dommages-intérêts) et des soins psychothérapeutiques constitue un moyen très utile de prévention de crimes violents contre les mineurs.
6. LAssemblée est consciente que les Etats qui se trouvent dans une situation économique critique connaissent un niveau de criminalité élevé en ce qui concerne lexploitation économique des enfants et la négligence de leurs besoins fondamentaux par leurs parents et/ou les personnes tenues de prendre soin deux.
7. LAssemblée souligne que les crimes non aléatoires cest-à-dire prémédités contre les mineurs sont particulièrement dangereux; deux catégories de crimes contre les mineurs méritent une attention particulière: le traitement cruel des enfants par leurs parents, tuteurs ou curateurs, ou des personnes légalement tenues de prendre soin de lenfant, et les infractions sexuelles, dont une grande partie est commise par des personnes ayant des troubles de comportement sexuel.
8. LAssemblée reconnaît que les peines traditionnelles ne permettent pas de prévenir la récidive ou de remédier aux troubles de la personnalité ayant engendré les crimes contre les mineurs de façon efficace. Dès lors, lélaboration de mesures en vue de prévenir la récidive des crimes contre les mineurs est un problème urgent, dont la solution contribuera à ce que les droits des enfants soient réalisés plus pleinement.
9. LAssemblée souligne lopportunité de lutilisation des mesures légales en dehors du cadre strict du droit pénal, destinées à prévenir la récidive des crimes. De telles mesures peuvent être prévues par le droit civil et le droit de la famille, ainsi que par des lois spécifiques relatives à la protection de lenfance et par des lois régissant certaines activités professionnelles mettant en contact des enfants et des adultes dans une position dautorité sur eux.
10. Par conséquent, lAssemblée invite les Etats membres:
i. à prendre toutes les mesures nécessaires pour mieux assurer la protection des droits des enfants, y compris leur protection contre toutes les formes de traitement cruel et dexploitation;
ii. à coordonner leurs efforts pour lutter contre lextension de la pornographie infantile et de lexploitation sexuelle des mineurs, et à ratifier la Convention du Conseil de lEurope sur la cybercriminalité (STE no 185) dans les meilleurs délais.
11. LAssemblée recommande au Comité des Ministres:
i. daider financièrement les Etats sur le territoire desquels se déroulent ou se sont déroulés des conflits locaux armés à mettre en uvre les programmes en vue de protéger les mineurs contre toutes les formes de traitement cruel et dexploitation;
ii. de prêter son concours aux Etats dEurope centrale et orientale pour la création de services sociaux et psychologiques spécialisés pour les victimes mineures;
iii. de développer une législation modèle et de promouvoir la matérialisation des mesures pratiques destinées à prévenir la récidive des crimes contre les mineurs;
iv. délaborer et de soutenir financièrement des programmes de recherche destinés à évaluer lefficacité des mesures de prévention actuelles et potentielles;
v. de lancer des programmes de formation de spécialistes travaillant sur ces questions avec des condamnés et leurs victimes;
vi. de diffuser des informations sur les expériences positives de certains Etats, concernant le traitement des condamnés et la réhabilitation des victimes;
vii. dinclure la récidive des crimes contre les mineurs dans le mandat du Comité dexperts sur le traitement des délinquants sexuels dans les établissements pénitentiaires et dans la communauté (PC-DS), qui sera créé par le Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC).
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[1].Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nom de lAssemblée, le 18 novembre 2002.(voir Doc. 9613, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de lhomme, rapporteur: M. Chaklein).