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Recommandation 1587 (2002)[1]
Séjour, statut juridique et liberté de circulation des travailleurs migrants en Europe: les enseignements du cas du Portugal
1. LAssemblée parlementaire regrette que les nombreux efforts déployés par la communauté internationale afin de parvenir à ladoption dun instrument international contraignant pour la protection des travailleurs migrants naient pas été couronnés de succès.
2. Depuis le tout début de son activité, lAssemblée a consacré une attention particulière à cette question, avec ladoption de la Recommandation 36 (1949) relative aux travailleurs migrants, la Recommandation 712 (1973), la Directive no 338 (1973) et la Résolution 551 (1973) relatives à lintégration des travailleurs migrants dans la société des pays daccueil, la Recommandation 931 (1981) sur la ratification de la Convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant (1977), la Recommandation 968 (1983) et la Directive no 420 (1983) relatives aux attitudes et mouvements xénophobes dans les pays membres à légard des travailleurs migrants, la Recommandation 1007 (1985) relative au retour des travailleurs migrants dans leur pays dorigine, la Recommandation 1066 (1987) relative à la protection sociale des travailleurs migrants et de leurs familles, et la Recommandation 1082 (1988) relative au droit de résidence permanente des travailleurs migrants et des membres de leurs familles.
3. LAssemblée rappelle aussi la Recommandation Rec(2000)15 du Comité des Ministres sur la sécurité de résidence des immigrés de longue durée ainsi que la Convention européenne détablissement (1955).
4. LAssemblée déplore que, jusquici, la Convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant, principal instrument élaboré dans le cadre du Conseil de lEurope afin daméliorer le statut des travailleurs migrants, nait été ratifiée que par huit Etats membres.
5. LAssemblée est encore plus préoccupée par le fait que, à lexception importante de la Moldova, aucun des Etats membres ayant adhéré au Conseil de lEurope après 1990 nait signé ni ratifié cette convention, même si leurs ressortissants, en tant que tels, ne sont pas couverts par des systèmes de protection multilatéraux plus favorables, à savoir ceux adoptés au sein de lUnion européenne afin dassurer la libre circulation de la main-duvre.
6. LAssemblée rappelle aussi que cette convention est un instrument important pour accorder des garanties juridiques fondamentales aux travailleurs migrants dans les pays dEurope centrale et orientale, où la protection accordée par la législation nationale peut être bien inférieure à celle offerte par les Etats membres de lUnion européenne.
7. LAssemblée considère avec une inquiétude particulière la situation au Portugal, pays dans lequel les ressortissants des Etats membres dEurope de lEst du Conseil de lEurope sont autorisés à vivre et à travailler régulièrement sans se voir accorder de titre de séjour, ce qui les prive de la sécurité du statut juridique ainsi que dun éventail de droits associés.
8. LAssemblée reconnaît les remarquables réalisations de lUnion européenne dans le domaine de la protection des travailleurs migrants communautaires et estime que le Conseil de lEurope devrait jouer un rôle majeur en rapprochant la protection de tous les travailleurs migrants qui sont des ressortissants des Etats membres du Conseil de lEurope des normes de lUnion européenne.
9. LAssemblée est convaincue que la signature et la ratification de la Convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant constitueraient un pas important dans cette direction, et contribueraient à réaliser une union plus étroite entre les Etats membres du Conseil de lEurope et à faciliter leur progrès économique et social, conformément aux principes de non-discrimination et de dignité de la personne.
10. LAssemblée recommande donc au Comité des Ministres:
i. de réitérer linvitation adressée aux Etats membres du Conseil de lEurope de signer et de ratifier la Convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant le plus tôt possible;
ii. de réitérer linvitation adressée aux Etats membres du Conseil de lEurope de signer et de ratifier la Convention européenne détablissement;
iii. de demander à son comité compétent danalyser les raisons pour lesquelles si peu dEtats membres ont adhéré jusquà présent aux conventions susmentionnées du Conseil de lEurope et, à la lumière de cette analyse, de prendre les mesures correspondantes afin daugmenter le nombre des Etats parties à ces conventions;
iv. de demander à ses comités compétents, en particulier le Comité européen sur les migrations (CDMG), deffectuer une étude sur les notions de séjour et de permis de séjour pour les ressortissants étrangers dans les Etats membres du Conseil de lEurope en vue de promouvoir lharmonisation du droit applicable au séjour;
v. de demander à ses comités compétents, en particulier le CDMG, de procéder à une étude sur la faisabilité dun instrument du Conseil de lEurope visant à faciliter la circulation et le transit des travailleurs migrants qui sont des ressortissants dun Etat membre du Conseil de lEurope, et qui vivent et travaillent régulièrement dans un autre Etat membre;
vi. de demander au comité consultatif de la Convention européenne relative au statut juridique du travailleur migrant de suivre la situation au Portugal, eu égard à une ratification possible de la convention par la Moldova ou dautres Etats membres nappartenant pas à lUnion européenne, et éventuellement dexprimer un avis.
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[1] Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nom de lAssemblée, le 18 novembre 2002 (voir Doc. 9603, rapport de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie, rapporteuse: Mme Aguiar; et Doc. 9610, avis de la commission des questions juridiques et des droits de lhomme, rapporteur: M. Budin).