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Lenlèvement international dun enfant par lun des parents
1. LAssemblée constate avec préoccupation le nombre grandissant denlèvements denfants par lun des parents en cas de conflit ou de séparation de couple de deux nationalités différentes et les difficultés et obstacles de tous ordres auxquels se heurtent parents et institutions compétentes pour retrouver ces enfants et assurer leur retour.
2. Elle rappelle que, en vertu de la Convention des Nations Unies sur les droits de lenfant, tout enfant a le droit dentretenir des relations personnelles régulières avec ses deux parents; le rapt parental est une négation des droits de lenfant; un enfant enlevé se trouve privé dun parent et de sa famille élargie, de sa langue maternelle souvent, coupé dune de ses cultures; les parents sont désemparés devant la complexité des formalités, la diversité des procédures et le coût des démarches, etc. Même en cas de retour, les séquelles dun enlèvement chez lenfant sont indélébiles.
3. LAssemblée estime que les Etats membres, réunis au sein du Conseil de lEurope par un attachement à des valeurs identiques, doivent, au-delà de leurs différences juridiques culturelles ou autres, reconnaître ensemble la notion de lintérêt supérieur de lenfant et dire leur refus de voir perdurer de telles situations de déni de droits.
4. Aussi, lAssemblée invite-t-elle instamment les Etats membres à traduire leur volonté politique de se saisir de cette difficile question:
i. par la ratification, si ce nest déjà fait, des instruments juridiques pertinents, à savoir principalement la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de lenlèvement international denfants et les différentes conventions pertinentes du Conseil de lEurope sur les droits des enfants;
ii. par laccélération de ladoption et de la ratification de la convention sur les relations personnelles concernant les enfants, qui vise à prévenir le déplacement sans droit de lenfant, actuellement en cours de finalisation au sein du Conseil de lEurope;
iii. par un recours plus fréquent à la signature et à la ratification daccords intergouvernementaux bilatéraux contribuant au règlement daffaires denlèvement denfant par lun des parents.
5. Elle invite instamment chacun des Etats membres du Conseil de lEurope:
i. à faire de lenlèvement parental dun enfant de moins de 16 ans un crime sanctionné comme tel;
ii. à assurer une formation appropriée de tous les professionnels concernés (police, avocats, magistrats) et à former notamment des spécialistes des recherches en cas de disparition denfant;
iii. à développer la médiation familiale pour prévenir le rapt parental et à aider à la résolution des conflits familiaux;
iv. à réserver la compétence de traiter des affaires denlèvement parental, au niveau national, à un petit nombre de tribunaux spécialisés, voire à un seul, afin de centraliser les affaires denlèvement parental devant des magistrats informés, daccélérer les procédures et dobtenir une cohérence dans les décisions prises;
v. à assurer aux parents et aux familles une aide judiciaire gratuite pour faire face aux coûts élevés des procédures;
vi. à assurer aux futurs partenaires, au sein dun mariage ou dune union libre, de nationalité différente une information sur leurs droits et obligations envers leur enfant, en vertu des régimes respectifs des droits de la famille;
vii. à reconnaître limportance du rôle des organisations non gouvernementales dans leur soutien aux parents, leurs efforts dinformation et de prévention, et à leur apporter les subventions indispensables à leur mission.
6. En outre, lAssemblée recommande aux Etats membres de créer, au niveau national et aussi au niveau européen, des centres des enfants disparus, qui seraient en relation étroite avec les autorités de justice et de police, et qui disposeraient des moyens modernes de recherche et des contacts internationaux indispensables avec les services analogues existant en Europe et hors dEurope.
7. Les Etats membres du Conseil de lEurope, dans leurs relations bilatérales et avec les pays non membres concernés, doivent mettre sur pied des commissions de médiation ou dautres organes similaires, qui se saisissent, dans les meilleurs délais, de tous les cas conflictuels de rapt parental en attente, et proposent des solutions au bénéfice objectif de lenfant.
8. Enfin, lAssemblée souhaite quau niveau européen les Etats membres sattachent à développer les pouvoirs et les possibilités matérielles dintervention du médiateur de lUnion européenne et réfléchissent à la nécessité dinstituer enfin, au sein du Conseil de lEurope, un médiateur chargé de ces mêmes questions du droit des enfants pour la Grande Europe.
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1. Discussion par lAssemblée le 26 juin 2002 (21e séance) (voir Doc. 9476, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. Hancock).
Texte adopté par lAssemblée le 26 juin 2002 (21e séance).