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Recommandation 1598 (2003)1
Protection des langues des signes dans les Etats membres du Conseil de lEurope
1. LAssemblée parlementaire rappelle sa Recommandation 1492 (2001) sur les droits des minorités nationales, et notamment son paragraphe 12.xiii relatif aux langues des signes.
2. LAssemblée prend note de la réponse du Comité des Ministres à cette recommandation, contenue dans le document 9492. Elle regrette que le Comité des Ministres ne se soit pas prononcé sur les avis du Comité dexperts de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (STE no 148) et du Comité pour la réadaptation et lintégration des personnes handicapées (accord partiel). Cette réponse justifie, sil en était besoin, le souci de lAssemblée parlementaire de voir les droits des utilisateurs des langues des signes insérés dans un instrument juridique particulier, ou dans un protocole additionnel à la charte, sans préjuger de la position quadopteraient les organisations représentatives des sourds.
3. LAssemblée reconnaît les langues des signes comme lexpression de la richesse culturelle européenne. Elles constituent un élément du patrimoine tant linguistique que culturel de lEurope.
4. LAssemblée reconnaît que les langues des signes sont un moyen de communication naturel et complet pour les personnes sourdes.
5. LAssemblée est davis que la reconnaissance officielle de ces langues aidera les sourds à sintégrer dans la société et à accéder à la justice, à lenseignement et à lemploi.
6. LAssemblée reconnaît limportance dune étude détaillée des besoins, qui devrait précéder la définition de toute politique sur les langues des signes. Elle souligne la nécessité de faire participer les utilisateurs de ces langues à ce processus.
7. LAssemblée constate quun certain nombre dEtats membres ont mis en place des programmes pour soutenir les langues des signes. Bien quils connaissent tous un manque dinterprètes en langues des signes, cela démontre limportance de la demande et les bénéfices certains que ces services apportent dans le domaine de lintégration sociale.
8. LAssemblée estime que la reconnaissance officielle des langues des signes facilitera la formation, le recrutement et le maintien de davantage dinterprètes.
9. Pour ces raisons, et consciente que seule une action au niveau européen permettra de trouver une solution à ce problème, lAssemblée recommande au Comité des Ministres délaborer un instrument juridique spécifique sur les droits des utilisateurs des langues des signes et, à cette fin:
i. de charger les organes pertinents du Conseil de lEurope dentreprendre une étude préparatoire, en concertation avec les experts nationaux et les représentants de la communauté des sourds, afin déclaircir les questions en suspens concernant la protection de lusage des langues des signes;
ii. de définir des objectifs clairs à atteindre, des délais précis à tenir, des ressources et des méthodes à employer, sappuyant sur une étude circonstanciée des besoins, avec la participation obligatoire dassociations représentatives des utilisateurs de ces langues;
iii. denvisager la rédaction dun protocole additionnel à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, qui incorpore les langues des signes dans la charte, en tant que langues minoritaires dépourvues de territoire.
10. LAssemblée recommande également au Comité des Ministres dencourager les Etats membres:
i. à reconnaître formellement les langues des signes pratiquées sur leur territoire;
ii. à former des interprètes et des tuteurs en langues des signes;
iii. à donner un enseignement en langues des signes aux personnes sourdes;
iv. à former les enseignants aux langues des signes, en vue de travailler avec des enfants sourds et malentendants;
v. à diffuser des programmes télévisés en langues des signes, et à généraliser le sous-titrage de programmes en langues parlées en langues des signes;
vi. à sensibiliser les sourds et les malentendants à lutilisation des langues des signes;
vii. à avoir recours aux nouvelles technologies et à les rendre disponibles aux sourds;
viii. à inclure les langues des signes en tant que discipline à part entière dans les écoles denseignement secondaire général, sur un pied dégalité avec les autres langues enseignées;
ix. à offrir aux personnes sourdes le libre choix entre systèmes scolaires oraux ou bilingues;
x. à subventionner la publication douvrages didactiques en langues des signes.
1. Discussion par lAssemblée le 1er avril 2003 (11e séance) (voir Doc. 9738, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de lhomme, rapporteur: M. Bruce, et Doc. 9765, avis de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: Baronness Knight).
Texte adopté par lAssemblée le 1er avril 2003 (11e séance).