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Recommandation 1601 (2003)1
Amélioration du sort des enfants abandonnés en institution
1.LAssemblée parlementaire rappelle que la Convention des Nations Unies sur les droits des enfants, texte phare de la protection des enfants, reconnaît aux enfants le droit de vivre dans un environnement familial, le placement des enfants en institution ne devant intervenir quen dernier recours, en cas de nécessité. Dans certains pays devenus membres du Conseil de lEurope, labandon des enfants le plus souvent des enfants handicapés ou des orphelins économiques et leur placement en institution ont été par le passé soit érigés en système, soit présentés comme la seule solution possible.
2.LAssemblée constate quaujourdhui encore ce genre de pratique perdure, du fait des pressions, souvent dordre économique, qui pèsent sur les familles, des intérêts économiques en jeu, qui freinent le changement, et des mentalités qui peinent à évoluer.
3.Lutter contre cet héritage est une tâche immense; il ne faut pas sous-estimer lampleur des réformes exigées, qui, souvent dailleurs, et heureusement, ont dores et déjà été engagées dans les Etats concernés. Celles-ci demandent toutefois du temps, la mobilisation de tous les acteurs de la société, une coopération internationale renforcée et des ressources financières énormes.
4.LAssemblée recommande de ce fait au Comité des Ministres du Conseil de lEurope dinviter instamment les Etats concernés:
i.à établir et à publier la carte géographique des institutions pour enfants qui doivent impérativement être fermées (notamment du fait de leurs dimensions excessives, de leur isolement ou de leur délabrement), et à établir un calendrier des fermetures;
ii.à promouvoir en coopération avec la société civile une politique active de «désinstitutionnalisation» et de restauration des liens familiaux de lenfant, en développant des formules alternatives qui privilégient le retour des enfants dans leur famille dorigine, le placement des enfants dans des familles daccueil ou des maisons familiales, la création de centres de jour, ainsi que la promotion de ladoption au niveau national;
iii.à améliorer systématiquement la formation du personnel des institutions pour enfants, afin quil ait les qualifications adéquates, avec le concours si besoin est des partenariats étrangers;
iv.à opter pour une politique daide aux familles en difficulté ou ayant un enfant handicapé, afin de prévenir les abandons denfant.
5.LAssemblée recommande au Comité des Ministres de veiller à ce que les Etats membres concernés:
i.accompagnent le diagnostic du handicap de lenfant et la décision de son placement en institution des garanties indispensables au respect des droits de lenfant, en assurent la réévaluation périodique et prévoient des procédures dappel;
ii. assurent aux enfants vivant en institution laccès aux soins de santé que nécessite leur état, et léducation et la formation qui leur permettent de compenser le retard scolaire et déviter la relégation sociale, afin de donner aux jeunes adultes qui, une fois majeurs, quittent le cadre institutionnel des perspectives davenir autres que la rue ou lhôpital psychiatrique;
iii.dotent les enfants abandonnés vivant en institution dun défenseur (médiateur, magistrat spécialisé, ONG, etc.) efficace et indépendant du pouvoir exécutif;
iv.établissent, dans le respect de leur ordre juridique, le poste de médiateur spécial pour les enfants, afin de garantir une protection efficace des droits des enfants, y compris des droits des enfants abandonnés.
6.LAssemblée recommande au Comité des Ministres de développer dans les plus récents Etats membres des programmes dactivités intergouvernementales en faveur des enfants vivant en institution, en coordination avec lUnion européenne, lUnicef, la Banque mondiale, entre autres, afin déviter les doubles emplois et la dispersion des efforts, et datteindre une efficacité maximale dans les meilleurs délais.
7.LAssemblée souhaite que le Comité des Ministres demande aux Etats membres:
i.de participer activement aux travaux consacrés au sein de lOrganisation notamment dans le cadre de lAccord partiel dans le domaine social et de la santé publique aux personnes handicapées;
ii.de recourir, pour améliorer les conditions daccueil des enfants en institution, aux possibilités de prêts offertes par la Banque de développement du Conseil de lEurope;
iii.de saisir loccasion donnée par lannée 2003, Année européenne des personnes handicapées, pour lancer au niveau national de vastes campagnes dinformation et de sensibilisation aux droits des enfants handicapés, afin de changer les mentalités et la perception de lenfant handicapé et de sa place dans la société.
8.Enfin, lAssemblée invite les différentes autorités chargées au sein du Conseil de lEurope de contrôler le suivi des engagements conditionnels à ladhésion au Conseil de lEurope à considérer le respect des droits de tous les enfants et dinscrire la politique de désinstitutionnalisation dans la liste des conditions à remplir.
1. Discussion par lAssemblée le 2 avril 2003 (13e séance) (voir Doc. 9692, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur: M. Hancock).
Texte adopté par lAssemblée le 2 avril 2003 (13e séance).