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Recommandation 1620 (2003)[1]
Contribution du Conseil de lEurope à lespace de lenseignement supérieur
1. Le processus de Bologne, la plus vaste et la plus importante réforme de lenseignement supérieur en Europe après 1968, a été lancé en juin 1999 lorsque les ministres de lEducation de vingt-neuf Etats européens ont signé la Déclaration de Bologne visant à établir un espace européen de lenseignement supérieur dici à 2010.
2. En 2001, les ministres chargés de lenseignement supérieur des pays dits de «Bologne» se sont réunis à Prague afin de faire le bilan des progrès réalisés et de fixer des orientations et priorités pour la mise en uvre du processus au cours des années à venir. Ils ont réaffirmé leur engagement à atteindre lobjectif détablir un espace européen de lenseignement supérieur dici à 2010. En même temps, le nombre de pays participants sest élevé à trente-trois.
3. La Déclaration de Bologne et le Communiqué de Prague ont fixé comme objectifs ladoption dun système de grades universitaires facilement «lisibles» et comparables, fondé essentiellement sur deux grands cycles, la promotion de la mobilité, une coopération européenne en matière dassurance qualité et lattractivité de lespace européen de lenseignement supérieur.
4. LAssemblée parlementaire se félicite de la contribution du Conseil de lEurope au processus de Bologne par le biais de sa participation aux structures de suivi du processus, de sa fonction de lien entre les Etats parties au processus et les autres Etats parties à la Convention culturelle européenne, et de son programme denseignement supérieur.
5. Dans ce contexte, la Convention Conseil de lEurope-Unesco sur la reconnaissance des qualifications relatives à lenseignement supérieur dans la région européenne (la «Convention de reconnaissance de Lisbonne»), adoptée en 1997, signée désormais par quarante-trois Etats et ratifiée par trente-trois dentre eux, est particulièrement importante, car les questions de reconnaissance jouent un rôle essentiel dans la mise en place actuelle de lespace européen de lenseignement supérieur.
6. Dans la perspective de la prochaine réunion des ministres chargés de lenseignement supérieur, qui se tiendra en septembre 2003, à Berlin, lAssemblée recommande au Comité des Ministres:
i. détudier les moyens pour le Conseil de lEurope de poursuivre et de renforcer sa contribution à la création de lespace européen de lenseignement supérieur, notamment:
a. en développant ses activités sur la reconnaissance des qualifications au vu du processus de Bologne, sagissant notamment de la mise en uvre de la Convention de reconnaissance de Lisbonne;
b. en analysant les liens entre la reconnaissance des qualifications et lévaluation de la qualité dans lenseignement supérieur;
c. en examinant la question de la bonne gestion de lenseignement supérieur, en mettant tout particulièrement laccent sur la participation des étudiants;
d. en soulignant le rôle fondamental de la recherche dans les universités et le besoin de lier lespace européen de lenseignement supérieur avec lEspace européen de la recherche, mentionné dans la Recommandation 1541 (2001) sur les jeunes scientifiques en Europe;
e. en veillant à la sauvegarde de la diversité culturelle, des responsabilités éducatives régionales et de lautonomie des universités;
f. en étudiant la fonction du Comité directeur pour lenseignement supérieur et la recherche comme trait dunion entre les pays signataires de la Convention de Bologne et les non-signataires, ainsi quentre les représentants des ministères et des universités, et les représentants des étudiants pouvant siéger à titre dobservateur au sein du comité;
ii. dinviter tous les Etats européens du processus de Bologne à ratifier la Convention de reconnaissance de Lisbonne, en tant que moyen essentiel de faciliter la création de lespace européen de lenseignement supérieur;
iii. dencourager les Etats membres qui ne lont pas encore fait à sinspirer, dans leurs politiques et leurs réformes de lenseignement supérieur, des orientations et priorités du processus de Bologne;
iv. détudier la possibilité dy associer aussi des Etats non signataires de la Convention culturelle européenne, tels que les pays du sud de la Méditerranée;
v. de développer les réflexions sur la définition de responsabilité publique en matière denseignement supérieur et de recherche, et sur la gouvernance de lenseignement supérieur.
1 Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nom de lAssemblée, le 8 septembre 2003 (voir Doc. 9880, rapport de la commission de la culture, de la science et de léducation, rapporteur: M. Varela i Serra).