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Recommandation 1640 (2004)1
3e rapport annuel
sur les activités du commissaire aux droits de lhomme du Conseil de
lEurope
(1er janvier-31 décembre 2002)
1. LAssemblée parlementaire prend note du 3e rapport annuel du commissaire aux droits de lhomme («le commissaire») sur ses activités en 2002 et le félicite davoir développé la gamme dactivités de son bureau de façon à englober tous les éléments de son mandat de manière variée et souple. Elle apprécie linterprétation dynamique du mandat du commissaire, notamment celle de larticle 8, paragraphe 1, qui autorise celui-ci à émettre des avis, y compris de sa propre initiative.
2. La proposition du commissaire selon laquelle lAssemblée pourrait utiliser son poids politique pour appuyer les recommandations de celui-ci mérite attention et soutien. Par conséquent, dans les cas où le commissaire a déterminé quun Etat na pas consenti aux efforts appropriés pour mettre en uvre une recommandation, elle invite le commissaire à len informer afin quelle puisse prendre les mesures appropriées.
3. Les tables rondes bisannuelles organisées par le commissaire, auxquelles participent des médiateurs et dautres institutions des droits de lhomme, sont encouragées par lAssemblée, qui se félicite de la pratique du commissaire de linviter à participer à de tels événements.
4. Les rapports annuels du commissaire sont grandement appréciés par lAssemblée, qui encourage ses commissions notamment la commission des questions juridiques et des droits de lhomme, et la commission pour le respect des obligations et engagements des Etats membres du Conseil de lEurope à y faire référence et à les utiliser entièrement. LAssemblée décide en particulier de prendre les mesures appropriées concernant le suivi des rapports du commissaire qui lui sont adressés, de prendre note et, le cas échéant, de répondre aux rapports quelle a spécialement demandés au commissaire.
5. LAssemblée invite aussi le commissaire à jouer un rôle plus actif, en coopération avec ses commissions compétentes et avec le Comité des Ministres, dans la promotion des modifications législatives qui apparaissent nécessaires dans les pays membres à la suite des arrêts de la Cour européenne des Droits de lHomme, contribuant ainsi à endiguer à la source le flux daffaires répétitives.
6. LAssemblée recommande, par conséquent, aux Etats membres du Conseil de lEurope de mettre en uvre rapidement et dans leur intégralité les recommandations que le commissaire leur adresse, la présente recommandation visant en particulier la Géorgie et la Moldova, qui ont fait lobjet de critiques particulières à cet égard dans le rapport annuel du commissaire de 2002, et la Fédération de Russie, qui a formellement accepté les recommandations, mais qui doit encore les mettre en uvre.
7. De plus, lAssemblée recommande au Comité des Ministres:
a. de revoir le mandat du commissaire et de modifier la Convention européenne des Droits de lHomme de manière à permettre au commissaire, le cas échéant, de saisir la Cour européenne des Droits de lHomme (actio popularis), comme proposé dans la Recommandation 1606 (2003) de lAssemblée parlementaire;
b. ou, à titre de mesure provisoire, de revoir le mandat du commissaire et de modifier la Convention européenne des Droits de lHomme de manière à permettre au commissaire dintervenir, au besoin, devant la Cour dans les affaires pendantes;
c. dincorporer les amendements ci-après lors de la révision du mandat du commissaire, comme suggéré précédemment dans l'Avis 210 (1999) de lAssemblée:
i. de remplacer larticle 3.f du mandat par ce qui suit: «adresse, lorsque le/la commissaire lestime opportun, un rapport sur toute question particulière au Comité des Ministres et à lAssemblée parlementaire»;
ii. de réviser larticle 8 de manière que le/la commissaire soit seul(e) compétent(e) pour décider, sil/elle le juge approprié, de publier ses recommandations, avis et rapports;
iii. dajouter à la fin du paragraphe 1 de larticle 5 la phrase «Le/la commissaire peut demander des informations pertinentes»;
iv. de remplacer à larticle 3.e les mots «avec leur accord, dans leurs efforts visant à remédier» par «à remédier»;
v. de réviser, avant lélection du/de la prochain(e) commissaire, larticle 10, de manière à disposer que le mandat sachève dès que le/la commissaire atteint lâge de 70 ans;
d. dinclure dans ses activités de monitoring le suivi des recommandations que le commissaire adresse aux Etats membres;
e. de doter le commissaire des ressources supplémentaires nécessaires pour lui permettre de faire face au programme de travail chargé découlant du mandat existant (y compris par exemple le renforcement du rôle du commissaire dans les situations de crise) ainsi que des tâches supplémentaires déjà assumées, comme les tables rondes des institutions nationales dombudsmans organisées tous les deux ans, qui sera encore plus lourd du fait déventuelles responsabilités supplémentaires. Tout en se félicitant des contributions volontaires des Etats membres à condition quelles ne soient pas assorties de conditions qui pourraient compromettre lindépendance de linstitution lAssemblée attire en particulier lattention sur le besoin spécial de prévisibilité et de stabilité des ressources mises à la disposition du bureau du commissaire.
1.
Discussion par lAssemblée
le 26 janvier 2004 (1re séance) (voir
Doc. 10024,
rapport de la commission des questions juridiques et des droits de lhomme,
rapporteur: M. Bindig).
Texte adopté
par lAssemblée le 26 janvier 2004 (1re
séance).