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Recommandation 1693 (2005)[1]
Contribution de lAssemblée parlementaire au 3e Sommet des chefs dEtat et de gouvernement du Conseil de lEurope
1. LAssemblée parlementaire salue la décision du Comité des Ministres de tenir le 3e Sommet des chefs dEtat et de gouvernement du Conseil de lEurope à Varsovie les 16 et 17 mai 2005, à linvitation du Gouvernement polonais. Elle rappelle que les deux sommets précédents ont donné un élan majeur au processus dintégration du continent européen et quun certain nombre de décisions capitales y ont été prises.
2. La décision de convoquer le sommet est justifiée. Les objectifs fixés par le 1er Sommet à Vienne en 1993, à savoir daccueillir, sur un pied dégalité et dans des structures permanentes, tous les pays européens réunissant les exigences de la démocratie, de lEtat de droit et du respect des droits de lhomme, ont en effet été atteints.
3. Le mandat défini par le 2e Sommet tenu à Strasbourg en 1997, à savoir le renforcement de la stabilité démocratique dans les Etats membres et la mise en place de mécanismes de suivi du respect par les Etats des obligations et engagements pris lors de leur adhésion, a également été mis en uvre et les mécanismes concernés sont opérationnels.
4. Le 3e Sommet, qui se tiendra dans une Europe en mutation, devrait sattaquer aux défis que lEurope aura à relever et rappeler limportance du Conseil de lEurope pour le continent. Il devrait définir la place de lOrganisation dans le paysage institutionnel européen et lui donner un mandat politique précis pour les années à venir. Il devrait également mobiliser les ressources nécessaires à la mise en uvre de ce mandat.
5. La date du 3e Sommet, qui coïncide symboliquement avec le 60e anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale et avec le 15e anniversaire du début de lévolution démocratique en Europe centrale et orientale, fournit une excellente occasion de réaffirmer lunité dune Europe sans clivages, fondée sur des valeurs communes.
6. Ces valeurs communes concernent, dabord et avant tout, les droits de lhomme, la démocratie et la prééminence du droit. Promouvoir et assurer le respect de ces valeurs en Europe constitue la mission statutaire centrale du Conseil de lEurope; celle-ci reste aussi valable de nos jours quelle ne létait en 1949. Le sommet devrait réaffirmer lattachement de tous les Etats membres à ces valeurs communes et reconnaître quelles sont les domaines dexcellence de lOrganisation, ainsi quen témoigne le rôle unique quelle joue sur le continent dans les domaines normatifs, de suivi, de sensibilisation et dassistance aux Etats membres. Eu égard aux défis auxquels ces valeurs continuent dêtre confrontées et dont le terrorisme est lexemple le plus marquant il est nécessaire de renforcer ce rôle et dy allouer davantage de moyens. La mission principale du Conseil de lEurope ne peut être dissociée de domaines importants tels que la cohésion sociale et la culture au sens large (comprenant léducation, le patrimoine, les arts, les sciences, les médias, la jeunesse et le sport) ainsi que les migrations et les changements démographiques, et la protection de lenvironnement, fondée sur le respect du principe du développement durable.
7. Il importe en particulier déviter toute forme de division entre les «nouveaux» et les «anciens» Etats membres du Conseil de lEurope. Les mêmes normes devraient sappliquer à tous les Etats membres et tous les Etats membres devraient mettre en uvre les mêmes normes.
8. Il conviendrait détablir un recueil des principales conventions du Conseil de lEurope. Il devrait comporter des échéances pour la signature ou pour la ratification par les pays qui ne les auraient pas signées ou ratifiées avant le sommet. Les différentes procédures de suivi devraient être réexaminées afin de les appliquer de manière comparable et transparente à tous les Etats membres et leurs résultats devraient être rassemblés de manière exhaustive.
9. Les programmes dassistance du Conseil de lEurope devraient se fonder sur les conclusions de ces procédures de suivi et être intégrés dans son programme de travail intergouvernemental; ils devraient être transparents et accessibles à tous les Etats membres.
10. La promotion dune démocratie pluraliste, qui implique la participation de la société civile et lévaluation du degré de démocratie dans les Etats membres du Conseil de lEurope, devrait rester lun des objectifs principaux de laction de lOrganisation. Il conviendrait de mettre en place un organe indépendant chargé dévaluer le degré de démocratie dans les Etats membres, de publier régulièrement des rapports et de proposer des mesures à prendre.
11. Lélargissement géographique (y compris les perspectives à long terme) et lélargissement de la gamme dactivités et de compétences de lUnion européenne ont des conséquences importantes pour larchitecture institutionnelle européenne. La position unique du Conseil de lEurope en tant que seule organisation strictement paneuropéenne fournit une occasion idéale pour travailler à renforcer le dialogue politique entre les Etats membres et les Etats non membres de lUnion européenne, sur la base de valeurs communes, du partenariat et de lintérêt mutuel.
12. LUnion européenne devrait considérer le Conseil de lEurope comme un cadre privilégié pour le développement et la mise en uvre de sa politique de bon voisinage avec ses partenaires. En outre, pour encourager la création dun espace juridique européen commun, lUnion européenne devrait être invitée à adhérer à toutes les conventions du Conseil de lEurope qui lui sont ouvertes. Le Conseil de lEurope devrait également créer les instruments appropriés pour permettre ladhésion de lUnion européenne à dautres conventions comme la Convention culturelle européenne.
13. LAssemblée se félicite des discussions tenues récemment entre le Conseil de lEurope et lOrganisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), visant à renforcer la coopération et la coordination entre les deux organisations, mais souligne quil importe dassocier étroitement les assemblées parlementaires des deux institutions. LAssemblée réitère son soutien à ladoption dun protocole daccord reposant sur ces principes.
14. Laction du Conseil de lEurope destinée à renforcer la démocratie et les droits de lhomme ainsi que la diversité linguistique et culturelle et la cohésion sociale renvoie au concept novateur de promotion de la «sécurité humaine», qui est une des préoccupations majeures des Nations Unies. Par ailleurs, nombre de ses activités, telles que celles concernant les minorités nationales et la promotion du dialogue interculturel et interreligieux, sont capitales pour la prévention des conflits. Par conséquent, le Conseil de lEurope devrait manifester sa volonté dagir en qualité dorganisation régionale au sens du chapitre VIII de la Charte des Nations Unies ainsi que de ses organisations spécialisées.
15. En outre, laction de lOrganisation devrait être orientée de manière à favoriser le développement de partenariats avec les voisins immédiats de lEurope en vue de poursuivre des objectifs communs et une coopération fructueuse sur tous les sujets pour lesquels le Conseil de lEurope est compétent.
16. LAssemblée est convaincue que le 3e Sommet donnera un nouvel élan politique à lOrganisation. LAssemblée présente cette contribution à la réflexion générale sur le contenu et les résultats possibles du sommet, et compte que ses recommandations trouveront un écho dans les documents finals du sommet.
17. LAssemblée invite les parlements nationaux des Etats membres du Conseil de lEurope à organiser des débats sur le 3e Sommet afin de donner un élan politique à la préparation du sommet et de faire en sorte que celui-ci génère limpact politique nécessaire. En outre, lAssemblée appelle le Comité des Ministres, les gouvernements nationaux et les parlementaires à veiller à ce que la société civile soit informée de la tenue prochaine du 3e Sommet et consultée à ce propos.
18. LAssemblée recommande que le Comité des Ministres soumette les éléments suivants à lexamen des chefs dEtat et de gouvernement:
i. dans le projet de déclaration:
a. affirmer lunité de lEurope, telle quelle est consacrée par le Conseil de lEurope sur la base de valeurs communes, qui sarticulent autour des droits de lhomme, de la démocratie et de lEtat de droit, et qui trouvent à sexprimer également dans les domaines de la cohésion sociale, et de la coopération culturelle;
b. exprimer la volonté de préserver et de renforcer la position unique du Conseil de lEurope dans larchitecture institutionnelle européenne, en considération de son excellence, et ses mécanismes sans pareils, dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de lhomme, au premier rang desquels la Cour européenne des Droits de lHomme;
c. renforcer le système conventionnel du Conseil de lEurope en établissant un recueil des principales conventions et en fixant des échéances pour leur ratification par tous les Etats membres du Conseil de lEurope qui ne lont pas encore fait;
d. souligner la nécessité de promouvoir et dobserver les principes et critères démocratiques fondamentaux permettant dassurer le meilleur fonctionnement et le développement des institutions démocratiques et de la société civile, confrontées à de nouvelles et lourdes tâches et missions. Le premier point de référence doit être le citoyen. Ces principes reposent essentiellement:
sur la liberté dassociation;
sur la décentralisation du pouvoir et le renforcement des pouvoirs locaux et régionaux;
sur la nouvelle orientation des partis politiques qui doivent sappuyer dans leurs efforts électoraux sur la coopération et le soutien de la société civile;
sur légale participation des femmes et des hommes au processus décisionnel;
sur la liberté dexpression, et sur lindépendance et la responsabilité des médias;
sur la cohérence du système déducation civique;
sur linstitutionnalisation dun système de freins et de contrepoids, y compris par le biais de tribunaux indépendants;
e. afficher la détermination des Etats membres du Conseil de lEurope à renforcer la protection des droits de lhomme et la lutte contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et de discrimination; dans ce contexte, se féliciter de lentrée en vigueur, au 1er avril 2005, du Protocole no 12 à la Convention européenne des Droits de lHomme, qui prévoit une interdiction générale de la discrimination, et appeler tous les Etats membres qui ne lont pas encore fait à signer et à ratifier ce protocole;
f. inclure un engagement ferme selon lequel le Comité des Ministres doit assumer pleinement sa responsabilité politique en contribuant activement à la résolution des problèmes de droits de lhomme dans les Etats membres, parallèlement aux efforts de lAssemblée parlementaire dans ce domaine, et en garantissant un appui et un suivi au niveau politique aux travaux des mécanismes indépendants des droits de lhomme;
g. proclamer comme étant un objectif stratégique et un élément essentiel dune Europe sans clivages la création dun espace unique paneuropéen de libre circulation des ressortissants des Etats membres du Conseil de lEurope;
h. prendre lengagement de poursuivre la lutte contre toutes les formes de violence, y compris la violence domestique et la traite des êtres humains;
i. insister sur la nécessité de promouvoir le développement durable par des politiques intégrées de lenvironnement et du développement du territoire;
j. appliquer les mêmes normes à tous les Etats membres, notamment en ce qui concerne les mécanismes et les procédures de suivi, et veiller à ce quelles soient mises en application par tous;
k. inclure un engagement solennel des Etats membres à régler par des moyens pacifiques les conflits qui existent entre eux et à lintérieur de leurs frontières, conformément aux valeurs du Conseil de lEurope et à la Charte des Nations Unies;
l. réaffirmer que léducation à la citoyenneté démocratique, fondée sur les droits et les responsabilités des citoyens, et aux valeurs du Conseil de lEurope demeurera une priorité pour les activités futures de lOrganisation;
m. commémorer officiellement les souffrances de beaucoup dEuropéens à la suite de déplacements forcés de populations et du nettoyage ethnique durant le siècle dernier, en prenant la décision de créer un centre européen en mémoire des victimes de tels actes;
ii. dans son plan daction:
a. confirmer la mission unique du Conseil de lEurope de réaliser une union plus étroite entre les Etats européens par la promotion et la protection de valeurs communes, et dabord et avant tout celles des droits de lhomme, de la démocratie et de la prééminence du droit, dans un cadre collectif où tous les pays démocratiques dEurope sont unis, coopèrent sur un pied dégalité et sont responsables de la même manière; à cet effet, engager les Etats membres:
à renforcer le rôle et les capacités daction du Conseil de lEurope dune manière générale dans ses domaines dexcellence, et notamment la promotion et la protection des droits de lhomme, tout en reconnaissant que le développement dun espace démocratique et juridique commun dans lequel ces valeurs communes sépanouiraient dépend également de la contribution ciblée des activités du Conseil de lEurope dans les domaines de la cohésion sociale, de la coopération culturelle, ainsi que de la promotion de la diversité culturelle et du dialogue interculturel et interreligieux, comme de légalité entre les femmes et les hommes, notamment au moyen de lapproche intégrée;
plus spécifiquement, grâce à des mesures budgétaires et autres, premièrement, à renforcer davantage les mécanismes uniques du Conseil de lEurope en matière de protection et de suivi des droits de lhomme, y compris les droits sociaux et les droits des minorités, ainsi que la lutte contre le racisme et lintolérance, dont la Convention européenne des Droits de lHomme (CEDH) et la Cour européenne des Droits de lHomme constituent la réalisation la plus remarquable de lOrganisation, et à améliorer les synergies entre eux; deuxièmement, à initier un programme de promotion de la formation professionnelle à léchelle de lEurope destiné à améliorer davantage la mise en uvre des normes européennes des droits de lhomme au niveau national, de manière, en particulier, à alléger la charge de travail excessive de la Cour; et troisièmement, à mettre en uvre pleinement et sans délai lensemble des mesures concernant la réforme de la CEDH adoptées en mai 2004 et à ratifier en priorité le Protocole no 14;
à utiliser pleinement le potentiel de lOrganisation comme cadre de développement des réponses collectives aux nouveaux défis, y compris la lutte contre le terrorisme et son financement, et des réponses aux défis résultant de laccroissement de la diversité culturelle des sociétés européennes, qui nécessitent une proclamation ferme des valeurs du Conseil de lEurope et une coopération pour promouvoir leur traduction concrète dans les politiques nationales. Sur le premier point, lAssemblée attend du sommet quil charge le Conseil de lEurope de préparer une convention globale contre le terrorisme et dautres mesures visant à répondre à la menace terroriste. A cet effet, le sommet pourrait adopter une déclaration spécifique, complémentaire de la déclaration politique et du plan daction;
b. définir avec précision la place du Conseil de lEurope dans larchitecture européenne et ses modalités dinteraction avec lUnion européenne, lOSCE, lOtan, les Nations Unies ainsi que ses organes subsidiaires et les mécanismes subrégionaux, y compris par un engagement de sefforcer dassurer la complémentarité de lactivité des organisations partenaires avec ce qui constitue la mission centrale du Conseil de lEurope, et déviter tout chevauchement inutile, et en particulier:
prendre une décision de principe sur lorganisation dun sommet de lEurope vers 2006-2007 avec la participation de toutes les organisations européennes et euro-atlantiques. Lobjectif dun tel sommet pourrait être dunifier les efforts tendant à rapprocher les peuples de lEurope, à créer un espace unique de bien-être social et de prospérité économique, à consolider la sécurité générale sur le continent, à tirer parti de manière plus complète et plus cohérente des possibilités quoffre une Europe unie et à trouver des solutions aux problèmes communs à toute lhumanité;
afin de préparer le sommet européen, un comité des sages pourrait être créé et doté dun large mandat le chargeant de conseiller le Conseil de lEurope et les organisations partenaires en ce qui concerne leur propre développement futur et le type de relations structurées à établir entre eux pour obtenir un effet de synergie et éviter les doubles emplois et les chevauchements dactivités, tout en tirant le bénéfice maximal du caractère complémentaire de leurs travaux;
recommander au Conseil de lEurope et aux organisations partenaires dexploiter pleinement et de renforcer les possibilités de communication et de coordination avec toutes les institutions participant au processus de construction européenne;
renforcer le rôle du Conseil de lEurope en tant que forum dans le cadre duquel toutes les nations européennes ont la possibilité de coopérer sur un pied dégalité. Il pourrait confier au Conseil de lEurope une nouvelle mission: celle de faire office dorgane multilatéral délaboration et de mise en uvre de la politique de voisinage, ainsi que doutil pour resserrer les liens institutionnels entre les pays membres et non membres de lUnion européenne, et promouvoir leur intégration dans les domaines de compétence du Conseil de lEurope;
inviter lUnion européenne à adhérer au Statut du Conseil de lEurope et ouvrir un bureau à Strasbourg afin dassurer un contact plus étroit avec le Conseil de lEurope, et prendre les mesures nécessaires à cet effet;
proposer dassocier lAssemblée parlementaire, de pair avec le Parlement européen, aux réunions quadripartites entre lUnion européenne et le Conseil de lEurope;
renforcer et rationaliser la coopération et la coordination entre lOSCE et le Conseil de lEurope, compte tenu de leurs missions spécifiques et de leurs avantages respectifs, de manière à ce que la communauté internationale puisse transmettre des messages cohérents, en établissant à cette fin un accord-cadre;
actualiser laccord de coopération de 1952 entre le Conseil de lEurope et lUnesco, en vue dassigner au Conseil de lEurope le rôle dorganisation régionale pour la coopération culturelle, au niveau aussi bien gouvernemental que parlementaire;
soutenir la coopération des pays européens avec les autres régions du monde et en particulier le sud méditerranéen et lAsie centrale;
c. mettre laccent sur lactivité normative du Conseil de lEurope et son travail concernant des instruments normatifs qui, sils étaient ratifiés, simposeraient de manière égale à lUnion européenne et aux Etats non membres de lUnion européenne et à la lumière de lexpérience du processus de rédaction de la convention du Conseil de lEurope sur la lutte contre la traite des êtres humains réexaminer les modalités actuelles et futures de négociation des projets dinstruments juridiques pour que puisse être atteint le but commun aux deux organisations, à savoir une zone juridique commune qui respecte et promeuve pleinement les droits fondamentaux pour tous;
d. créer une agence européenne des migrations ayant pour but de défendre les droits de lhomme et la dignité humaine en assurant un suivi de tous les aspects des migrations et de la situation des migrants, y inclus un dialogue avec les Etats non membres du Conseil de lEurope (Recommandation 1655 (2004) de lAssemblée);
e. définir pour le Conseil de lEurope de nouveaux domaines prioritaires en matière de fixation de normes, de manière à refléter lévolution des besoins, les nouveaux problèmes qui attendent notre continent et lindispensable renforcement des institutions démocratiques. Le travail normatif doit tout particulièrement porter:
sur lamélioration, par lélaboration de lignes directrices, du recours à des instruments démocratiques tels que pétitions, initiatives populaires et référendums, en particulier au niveau local, ainsi que des règlements pour les organes parlementaires et des méthodes de consultation parlementaire du public;
sur la préservation des bonnes pratiques dans les activités des partis politiques par lélaboration dun code de bonnes pratiques à leur intention et de lignes directrices sur les modalités de financement des partis politiques;
sur les questions de sécurité intérieure, de coopération des polices et des organes judiciaires, de contrôle des migrations et de circulation sans visa;
sur la garantie de libertés économiques communes à la Grande Europe liberté de circulation de la main-duvre, des marchandises, des services et des capitaux à léchelle du continent et la promotion de politiques visant à faciliter la croissance économique afin daméliorer la compétitivité de lEurope dans une économie mondialisée;
sur létude de bonnes pratiques et lélaboration dun plan de route visant à créer un espace unique européen de libre circulation des ressortissants des Etats membres du Conseil de lEurope;
sur la protection de la propriété privée et la conciliation des intérêts de létat social et de ceux du monde des affaires;
sur la protection du droit des femmes à participer effectivement aux élections par lélaboration dune charte de légalité électorale, comme le recommande la Recommandation 1676 (2004) sur la participation des femmes aux élections;
f. créer une commission intergouvernementale, selon le modèle de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise) ou de la Commission européenne contre le racisme et lintolérance (Ecri), qui serait chargée de présenter des rapports à intervalles réguliers et de proposer des mesures à prendre en vue de promouvoir des réformes recommandables de démocratie ainsi que dassurer le suivi de la situation de la démocratie dans les pays membres du Conseil de lEurope;
g. décider de mener en 2006 une campagne paneuropéenne de lutte contre la violence domestique, en coopération avec les acteurs européens et nationaux tels que la Commission européenne, le Parlement européen, les associations et les ONG, comme le recommande la Recommandation 1681 (2004) de lAssemblée sur une campagne pour lutter contre la violence domestique à lencontre des femmes en Europe;
h. confirmer limportance du développement durable pour garantir une meilleure qualité de vie aux citoyens européens. Le Conseil de lEurope doit poursuivre ses activités dans le domaine de la préservation de lenvironnement et de la biodiversité par la mise en uvre de politiques intégrées au niveau paneuropéen;
i. poursuivre les travaux lancés à la suite de linitiative du 2e Sommet «pour léducation à la citoyenneté démocratique» et ceux prévus dans le cadre de lAnnée européenne de la citoyenneté par léducation 2005. Léducation doit être un levier important dans le processus dintégration européenne et de développement de la démocratie. Il conviendrait délaborer une convention-cadre européenne sur léducation à la citoyenneté démocratique et aux droits de lhomme. Elle devra énoncer les principes de la citoyenneté démocratique et de son apprentissage et pratique tout au long de la vie, et souligner la nécessité dun lien plus harmonieux entre le système denseignement, et les ONG et les pouvoirs locaux;
j. affirmer la volonté de coopérer avec dautres organisations internationales souhaitant créer des structures similaires en dautres régions du monde et mettre son expertise à leur disposition;
k. considérer si le temps est venu pour le Conseil de lEurope en tant que forum paneuropéen, de jouer un rôle décisif en matière de coopération économique, y compris dans le domaine intergouvernemental, dans le cadre de projets communs avec les Nations Unies et leurs organes subsidiaires et conformément au mandat statutaire du Conseil de lEurope le chargeant de favoriser le «progrès économique et social» de ses membres et aux appels lancés dans les Résolutions 995 (1993), 1036 (1994) et 1052 (1995) de lAssemblée;
l. renforcer les procédures de suivi pays par pays aussi bien que de suivi thématique, utilisées par le Conseil de lEurope pour veiller à ce que les Etats respectent les engagements pris et les obligations découlant de leur appartenance à lOrganisation, et mettre en particulier laccent, dans le suivi, sur léchange dinformations sur les expériences positives et leur exploitation optimale;
m. se félicitant des progrès significatifs réalisés depuis le 2e Sommet en matière de respect des normes du Conseil de lEurope, tout en reconnaissant la persistance des besoins en programmes dassistance et dactivités pour certains pays, notamment mais non exclusivement au profit dEtats membres récents, décider dévaluer de manière plus systématique lutilisation effective qui est faite de lassistance fournie aux pays bénéficiaires, et de sassurer, de manière plus générale, que lassistance répond à des besoins objectifs, notamment ceux identifiés dans le cadre des mécanismes de suivi du Conseil de lEurope, y compris les mécanismes de droits de lhomme; dans ce contexte, il convient de souligner limportance de la coopération multilatérale intergouvernementale comme outil pour promouvoir la mise en uvre à léchelle de lEurope des normes existantes ou à venir;
n. reconnaître limportance particulière que revêt pour la Cour européenne des Droits de lHomme et lensemble du système paneuropéen de défense des droits de lhomme la ratification de la Convention européenne des Droits de lHomme par lUnion européenne, qui garantirait une politique unifiée en matière de droits de lhomme sur ce continent;
o. se féliciter, ainsi, de ladoption récente du Traité constitutionnel par lUnion européenne, dune part, et du Protocole no 14 à la Convention européenne des Droits de lHomme par le Conseil de lEurope, dautre part, qui constitue lexpression la plus forte jusquici dun engagement politique de part et dautre en faveur de ladhésion de lUnion à la Convention européenne des Droits de lHomme, et, en conséquence, demander à lUnion de préparer, conjointement avec le Conseil de lEurope, les mesures juridiques nécessaires de sorte que ladhésion de lUnion intervienne immédiatement après lentrée en vigueur du Traité constitutionnel, tout en sassurant que les caractéristiques essentielles du système de contrôle de la Convention européenne des Droits de lHomme sappliqueront à lUnion une fois quelle sera Partie contractante;
p. réorganiser le système institutionnel du Conseil de lEurope et en renforcer tous les principaux organes, et en particulier:
renforcer son Assemblée parlementaire et surtout reconnaître à cette dernière le droit dinitiative en matière législative, et en particulier le droit de soumettre à lexamen du Comité des Ministres ou à une discussion commune des projets dinstruments normatifs établis par lAssemblée ou à sa demande. Il conviendrait dintégrer beaucoup plus largement lAssemblée parlementaire dans le processus de définition de normes. LAssemblée devrait, de plus, disposer de moyens suffisants pour poursuivre activement le dialogue avec les parlements nationaux;
le travail du Comité des Ministres du Conseil de lEurope doit être beaucoup plus ouvert et transparent. Son agenda devrait être établi de manière à être intéressant et attrayant pour les médias. Les relations du Comité des Ministres avec ces derniers devraient être revues et les rencontres de ministres spécialisés devraient être beaucoup plus fréquentes et les échanges plus intenses. Il serait bon que des décisions concrètes soient soumises à leur examen et il est indispensable de donner plus détoffe à leurs travaux. Concrètement, il conviendrait dinstaurer la pratique de réunions entre le Comité des Ministres du Conseil de lEurope et les ministres spécialisés des pays membres. Cette innovation est de nature à générer des synergies, à encourager la coopération et à stimuler les processus dintégration à léchelle du continent;
tirer le parti maximal de lénorme potentiel que représente le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de lEurope. Le sommet pourrait exprimer son soutien au Congrès, défenseur efficace des intérêts de lautonomie locale et qui offre une tribune au débat sur les problèmes dactualité de lédification régionale et locale. Il faudrait confier au Congrès lactivité concernant la mise en uvre des mesures de confiance et de promotion de la paix interethnique;
q. se pencher à nouveau sur une initiative présentée il y a quelques années tendant à la création dans le cadre du Conseil de lEurope dun tribunal ayant compétence internationale. Pour le Conseil de lEurope tel quil se présente aujourdhui, ce projet nest pas actuel. Mais lintensification de lactivité normative du ?onseil de lEurope, son implication dans la constitution dune législation paneuropéenne et linventaire des conventions et des résolutions du Conseil de lEurope rendent nécessaire une telle instance;
r. promouvoir un modèle de société européenne, et en particulier:
établir une charte européenne du service public, comportant des normes garantissant aux citoyens un accès libre et égal aux services publics essentiels: éducation, santé, transports, télécommunications;
établir une convention européenne sur la fonction publique, fixant des normes en matière déthique et de sécurité de lemploi;
mettre sur pied, en liaison avec lUnion européenne, un programme spécial de formations initiale et continue des professeurs duniversité pour leur permettre denseigner les normes du Conseil de lEurope, en commençant par un projet pilote dans la Fédération de Russie;
renforcer le rôle de lOrganisation en matière danalyse et de prévision dans le domaine des normes juridiques et des tendances sociétales, en association avec des personnalités qualifiées économistes, philosophes et sociologues connues pour leurs travaux sur les nouveaux modes de vie sociale susceptibles dapparaître dans le sillage de la mondialisation;
souligner limportance de la promotion du dialogue interculturel et interreligieux, et dune lutte sans répit contre la xénophobie en Europe, ainsi que la nécessité de nouveaux efforts pour intégrer les travailleurs immigrés dans la société européenne;
continuer à aider les Etats membres à formuler et à mettre en uvre une stratégie efficace de cohésion sociale pour le XXIe siècle en mettant particulièrement laccent sur la lutte contre la pauvreté, les situations précaires et les mauvaises conditions de santé;
appuyer la proposition du secteur gouvernemental du Conseil tendant à la création dun groupe de réflexion et exprimer son désir de participer aux activités de ce groupe. Cet organe devrait proposer une vision novatrice pour une Europe soucieuse de cohésion sociale et imaginer des ripostes aux défis de lépoque actuelle, tels que la mondialisation ou le vieillissement de la population sans perdre les acquis essentiels du modèle européen déconomie sociale;
s. prévoir des ressources budgétaires suffisantes pour la mise en uvre appropriée des décisions et objectifs arrêtés dun commun accord durant le sommet;
t. améliorer la transparence des activités du Conseil de lEurope pour les 800 millions de personnes vivant dans ses Etats membres et associer davantage les institutions nationales de protection des droits de lhomme et les organisations non gouvernementales à ses travaux.
[1]. Discussion par
lAssemblée le 26 janvier 2005 (5e séance) (voir
Doc. 10381,
rapport de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Kosachev;
Doc. 10391,
avis de la commission des questions juridiques et des droits de lhomme, rapporteur:
M. Bruce; Doc. 10417,
avis de la commission des questions économiques et du développement, rapporteur:
M. Kirilov; Doc. 10395,
avis de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille,
rapporteuse: Mme Azevedo;
Doc. 10435,
avis de la commission des migrations, des réfugiés et de la population, rapporteur:
M. Wilkinson; Doc. 10421,
avis de la commission de la culture, de la science et de léducation, rapporteur:
M. Legendre; et Doc.
10404, avis de la commission sur légalité des chances pour
les femmes et les hommes, rapporteuse: Mme Cliveti).
Texte adopté par lAssemblée le 26 janvier 2005 (5e séance).