![]() |
Recommandation 1698 (2005)1
Droits des enfants en institution: un suivi à la Recommandation 1601 (2003) de lAssemblée parlementaire
1. LAssemblée parlementaire rappelle le contenu de sa précédente Recommandation 1601 (2003) sur lamélioration du sort des enfants abandonnés en institution, adoptée en avril 2003, et réaffirme la pertinence et la validité à ce jour des différentes recommandations et propositions aux Etats membres et au Comité des Ministres du Conseil de lEurope contenues dans ce texte.
2. LAssemblée note avec satisfaction la réponse donnée à ses propositions par le Comité des Ministres du Conseil de lEurope (Doc. 9939), qui, à lheure actuelle, prépare un projet de recommandation aux Etats membres à ce sujet. Elle y voit lexpression de la volonté politique de donner aux droits de lenfant vivant en institution la dimension et la priorité appropriées. Elle relève également les différents appuis financiers apportés par la Banque de développement du Conseil de lEurope aux Etats membres dans le processus de «désinstitutionnalisation» et la création de formules alternatives daccueil pour les enfants abandonnés.
3. Elle rappelle que, dans toute la mesure du possible, il faut en priorité veiller à ce que des progrès soient réalisés en matière damélioration de la qualité de lenseignement et des soins dispensés dans les institutions et fermer les institutions inadéquates sur le plan pédagogique, insalubres et délabrées. Quand les enfants sont placés dans des familles, il faut sassurer que cela représente la meilleure alternative au placement en institution. Le placement dans des groupes de vie et des villages denfants sont aussi des solutions à prendre en considération. La priorité absolue lors de ce choix doit être lintérêt supérieur de lenfant. Ce mouvement de désinstitutionnalisation doit saccompagner de mesures et daides sociales pour accompagner la réintégration des enfants dans les familles et la création de formules alternatives à linstitution. Mais il ne sagit pas de vider les institutions à tout prix; linstitutionnalisation de certains enfants restera toujours nécessaire.
4. Elle souligne que la problématique des enfants vivant en institution est commune à lensemble des Etats membres du Conseil de lEurope et quaucun Etat membre ne peut revendiquer une situation exempte de toute critique. Force est cependant de constater que, dans certains Etats membres, en particulier dans les récentes démocraties de laprès-communisme, la situation de ces enfants reste particulièrement préoccupante et demande à connaître encore des progrès notables.
5. Dans ces pays, malgré les changements positifs indéniables intervenus, labandon et le placement en institution denfants, notamment handicapés, perdurent du fait des difficultés principalement économiques auxquelles doivent faire face les familles, de labsence ou de linsuffisance daides sociales et de la difficulté à changer les mentalités; les victimes de ces pratiques sont très souvent des enfants de groupes minoritaires ethniques.
6. LAssemblée se félicite de ce que la condition des enfants en institution, dans certains pays candidats à lUnion européenne, se trouve, du fait de la future adhésion de ceux-ci, sous les feux de lactualité politique et que des ressources financières y soient allouées. Toutefois, en raison de linterruption prochaine annoncée de loctroi de cette assistance, elle sinterroge sur la volonté politique et la capacité de ces pays à prendre le relais, et à consolider et poursuivre les progrès accomplis.
7. Par ailleurs, elle sinquiète du nombre et du sort des enfants en institution dans les autres pays dEurope qui ne sont pas candidats à lUnion européenne. Avant dêtre une question relevant du domaine social, le sort des enfants en institution est tout dabord une question de respect des droits de lêtre humain, et le Conseil de lEurope a un rôle à y jouer.
8. LAssemblée recommande donc au Comité des Ministres du Conseil de lEurope:
i. dadopter dans les plus brefs délais le projet de recommandation sur les droits des enfants vivant en institution et de prévoir un mécanisme dinspection de lapplication de cette recommandation;
ii. dinclure parmi les thèmes de contrôle faisant lobjet du rapport de suivi thématique les droits des enfants vivant en institution;
iii. de développer des programmes de coopération intergouvernementale en faveur des enfants en institution, qui portent sur le développement de formules alternatives à linstitutionnalisation, sur les mesures de politique familiale et sociale en faveur des familles pour la prévention de labandon, ou encore sur lintégration dans la société et le monde du travail des jeunes adultes nayant connu toute leur vie que le monde de linstitution;
iv. dinviter les Etats membres à créer des instances chargées de surveiller et de conseiller les institutions (foyers, groupes de vie, communautés résidentielles, villages denfants, etc.) ainsi que les parents nourriciers ou adoptifs afin de protéger les droits des enfants concernés. Ces instances devraient élaborer des directives contraignantes, avec la participation de tous les intéressés (y compris les enfants), en vue de vérifier dans quelle mesure une assistance est fournie de manière ciblée;
v. de lancer un appel pressant aux bailleurs de fonds de lensemble de la communauté internationale institutions européennes et internationales, ONG, etc. afin de poursuivre les efforts financiers destinés aux enfants en institution;
vi. dinviter instamment les bailleurs de fonds et en particulier lUnion européenne à sassurer de la bonne destination des fonds européens octroyés aux différents Etats européens au bénéfice des enfants en institution et de contrôler régulièrement lutilisation qui en est faite.
1.
Discussion par lAssemblée le 25 avril 2005 (9e séance)
(voir Doc. 10452,
rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la
famille, rapporteur: M. Hancock).
Texte
adopté par lAssemblée le
25 avril 2005 (9e séance).