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Recommandation 1743 (2006)1
Mémorandum daccord entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne
1. LAssemblée parlementaire attache une grande importance aux relations entre le Conseil de lEurope et dautres institutions. Elle soutient en particulier lintensification de la coopération et du dialogue politique avec lUnion européenne.
2. Par ailleurs, lAssemblée na cessé de jouer un rôle de premier plan dans la réflexion sur les relations entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne. Il est donc essentiel pour elle de faire entendre sa voix dans ce débat et dy contribuer avec toute la richesse et le poids de son expérience.
3. LAssemblée rappelle que, immédiatement après le 3e Sommet des chefs dEtat et de gouvernement du Conseil de lEurope, elle a salué la décision «de créer un nouveau cadre pour renforcer la coopération et linteraction entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne dans des domaines dintérêt commun, en particulier les droits de lhomme, la démocratie et lEtat de droit».
4. Dans le plan daction adopté lors du sommet, les chefs dEtat et de gouvernement se sont mis daccord sur les lignes directrices devant guider les relations entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne. Ces lignes directrices plaident pour un renforcement du partenariat afin de promouvoir lobjectif commun dune Europe sans nouvelles lignes de fracture. Sur la base de ces lignes directrices, il a été décidé de rédiger un mémorandum daccord entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne.
5. LAssemblée a déjà accueilli avec satisfaction la décision prise lors du 3e Sommet de confier à M. Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Luxembourg, la tâche délaborer, à titre personnel, un rapport sur les relations entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne. LAssemblée na eu de cesse daccorder son plein appui à la mission de M. Juncker. Comme contribution au rapport de M. Juncker, le Président de lAssemblée a rédigé une note de position sur les relations entre le Conseil de lEurope et lUnion européenne, qui a été approuvée par le Bureau.
6. M. Juncker a présenté son rapport à lAssemblée le 11 avril 2006. LAssemblée estime que celui-ci fournit une approche novatrice, des propositions encourageantes et une orientation politique précieuse pour une coopération efficace entre les deux institutions.
7. En matière de coopération avec le Parlement européen, lAssemblée se déclare prête à développer des activités, en créant, si nécessaire, des organes conjoints, et encourage ses commissions à intensifier leurs contacts avec les commissions concernées du Parlement européen.
8. LAssemblée note quun avant-projet de mémorandum daccord est déjà en cours dexamen par le Comité des Ministres.
9. LAssemblée recommande au Comité des Ministres:
9.1. de tenir dûment compte du rapport de M. Juncker dans lélaboration du mémorandum daccord;
9.2. de consulter officiellement lAssemblée avant de conclure le mémorandum daccord, compte tenu de lévidente nécessité de rapprocher lEurope de ses citoyens;
9.3. de veiller à ce que lAssemblée soit pleinement impliquée dans le processus de prise de décision concernant le document final;
9.4. de proposer au Conseil de lUnion européenne:
9.4.1. de recourir aux conférences ministérielles, notamment dans les domaines de la culture, de léducation et de la justice, afin dintensifier la coopération dans ces domaines, en particulier en réunissant les conseils européens concernés à loccasion de telles conférences;
9.4.2. dinscrire à lordre du jour de lune de ses réunions ladoption dune stratégie de coopération avec le Conseil de lEurope;
9.5. dans lattente de la consultation de lAssemblée, de proposer à lUnion européenne dinclure les propositions suivantes dans le mémorandum daccord:
9.5.1. afin déviter les doubles emplois, de tenir compte systématiquement du travail des organes du Conseil de lEurope dans laction menée par lUnion européenne dans les domaines correspondants, en particulier lorsquelle envisage la création dagences de lUnion européenne;
9.5.2. de reconnaître que le Conseil de lEurope doit rester le point de repère en matière de droits de lhomme, dEtat de droit et de démocratie en Europe, en veillant notamment à ce que les organes de lUnion européenne reconnaissent que le Conseil de lEurope est la référence en matière de droits de lhomme dans toute lEurope et à ce quils se conforment systématiquement, dans leur action, aux observations des structures de contrôle compétentes;
9.5.3. dadhérer à la Convention européenne des Droits de lHomme et de contribuer ainsi à la création dun mécanisme juridique unique de protection des droits de lhomme, qui sapplique sur un pied dégalité à tous les Etats européens et aux autres organes exerçant des compétences touchant les droits protégés par la Convention européenne des Droits de lHomme;
9.5.4. détudier les mesures qui conduiraient à létablissement dun ordre juridique européen cohérent en incorporant les principaux instruments normatifs du Conseil de lEurope au système juridique de lUnion européenne, ou en adhérant aux principaux instruments juridiques du Conseil de lEurope, que le Comité des Ministres devrait identifier, comme il le lui a été demandé par lAssemblée à plusieurs reprises;
9.5.5. de veiller à ce que le commissaire aux droits de lhomme devienne linstitution européenne à laquelle lUnion européenne, comme tous les Etats membres du Conseil de lEurope, pourrait soumettre tous les problèmes de droits de lhomme qui ne relèvent pas des mécanismes de suivi et de contrôle existants, et de demander instamment aux Etats membres du Conseil de lEurope daugmenter de façon significative les ressources du bureau du commissaire pour permettre à ce dernier de sacquitter de sa mission;
9.5.6. de remplacer la «clause de déconnexion» par une «clause de modulation», en précisant que les Etats membres de lUnion européenne sont tenus de respecter les conventions du Conseil de lEurope, en partie par lexercice des compétences de lUnion européenne. En cas dincohérences, le mécanisme normal prévu pour faire des réserves devra être utilisé;
9.5.7. de créer un comité de coordination dans le domaine des activités normatives, afin dintensifier la coopération en vue de lélaboration de nouveaux instruments juridiques internationaux;
9.5.8. de garantir que lUnion européenne et le Conseil de lEurope élaborent ensemble une stratégie et mettent en place un mécanisme pour promouvoir la démocratie, en tirant pleinement parti des compétences de la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise) et du nouveau Forum sur lavenir de la démocratie créé lors du 3e Sommet;
9.5.9. dintégrer les normes et les valeurs du Conseil de lEurope, et dexploiter son savoir-faire dans le cadre de la politique européenne de voisinage;
9.5.10. de se servir du Conseil de lEurope comme dun forum de dialogue interculturel;
9.5.11. dapprofondir les relations institutionnelles entre lUnion européenne et le Conseil de lEurope, en organisant des réunions à haut niveau pour la coordination des activités axées sur les questions stratégiques et tenues à intervalles réguliers, avec la possibilité de tenir des réunions supplémentaires pour les questions urgentes;
9.5.12. douvrir un bureau permanent de la Commission européenne à Strasbourg afin dassurer des contacts plus étroits avec le Conseil de lEurope et de garantir la participation de ses représentants aux réunions de travail pertinentes;
9.5.13. de donner une dimension parlementaire aux réunions quadripartites afin, notamment, daugmenter leur teneur démocratique ainsi que leur transparence;
9.5.14. daméliorer la coopération entre lAssemblée et le Parlement européen, fondée sur la reconnaissance de valeurs et dintérêts communs, de manière efficace et pragmatique;
9.5.15. de donner un rôle de premier plan à lAssemblée et au Parlement européen dans la définition des relations futures entre lUnion européenne et le Conseil de lEurope.
10. Enfin, lAssemblée est davis que le Conseil de lEurope et lUnion européenne devraient sengager à réviser leur mémorandum daccord dans un délai de cinq ans à compter de sa signature, afin den évaluer lefficacité et de tenir compte des évolutions dans les domaines dintérêt commun.
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Discussion par lAssemblée le 13 avril 2006 (14e séance)
(voir Doc.10892,
rapport de la commission des questions politiques, rapporteur: M. Kosachev).
Texte adopté par lAssemblée le 13 avril 2006 (14e
séance).