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Doc. 9856
9 juillet 2003
Les femmes et la religion en Europe
Proposition de résolution
présentée par Mme Damanaki et plusieurs de ses collègues
La présente proposition n’a pas été examinée par l’Assemblée et n’engage que ses signataires |
1. La religion continue de jouer un rôle important dans la vie de nombreuses femmes européennes. D’ailleurs, qu’elles soient croyantes ou non, la plupart des femmes sont affectées d’une manière ou d’une autre par la position des différentes religions à l’égard des femmes, directement ou par le biais de leur influence traditionnelle sur la société.
2. Les religions ayant le plus d’adeptes dans les Etats membres du Conseil de l’Europe sont les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam), mais l’influence des différentes Eglises sur l’Etat et la société varie d’un pays à l’autre. Ainsi, la France est un Etat laïque selon sa Constitution; l’Allemagne organise un enseignement religieux à l’école et consulte largement les conseils chrétiens, juifs et musulmans pour ce qui concerne, notamment, les questions éthiques; l’Eglise orthodoxe russe a une place prédominante en Russie; et l’on assiste à une renaissance de l’islam à la fois dans certaines régions de l’Europe du Sud-Est et parmi les communautés immigrées dans toute l’Europe.
3. Cependant, les effets de l’attitude de ces religions à l’égard des femmes ne sont pas toujours bénins. L’égalité des femmes et des hommes n’est pas une doctrine centrale de ces religions – au contraire, la discrimination séculaire à l’égard des femmes continue souvent de s’exercer. Tout le monde sait, par exemple, que l’Eglise catholique romaine et les Eglises orthodoxes n’autorisent pas l’ordination des femmes et condamnent à la fois les méthodes de contraception «artificielles» et l’avortement; ou que, d’une manière générale, l’islam est interprété comme exigeant le port du foulard (ou d’autres vêtements plus couvrants) par les femmes.
4. L’Assemblée considère que les femmes vivant dans les Etats membres du Conseil de l’Europe ont le droit à l’égalité avec les hommes à et à la dignité dans tous les domaines de la vie. Ce droit inclut le droit à de se conformer aux préceptes religieux si elles le souhaitent, mais aussi celui de ne pas s’y conformer, même si cela implique de rompre avec la culture et les traditions prédominantes de leur communauté. Le problème tient à la réaction de cette communauté, qui n’accepte pas toujours que les femmes ne se conforment pas aux préceptes religieux. Certains membres de ces communautés vont jusqu’à exclure ces femmes, ou à recourir aux prétendus «crimes d’honneur» pour ramener ces femmes «égarées» dans le droit chemin (quand ils ne les tuent pas).
5. L’Assemblée reconnaît que la question des femmes et de la religion est extrêmement délicate; néanmoins, compte tenu de l’influence considérable de la religion sur la société en général et sur la situation des femmes en particulier, cette question doit être traitée. Il faut encourager les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre des mesures appropriées garantissant que les femmes sont totalement libres de se conformer ou non aux préceptes religieux, et qu’elles n’ont pas à subir des conséquences négatives de leur choix, quel qu’il soit.
Signé (voir au verso)
Signé1:
Damanaki, Grèce, GUE
Aguiar, Portugal, PPE/DC
Bauer, Slovaquie, PPE/DC
Biga-Friganović, Croatie, SOC
Bindig, Allemagne, SOC
Cliveti, Roumanie, SOC
Judd, Royaume-Uni, SOC
Labucka, Lettonie, PPE/DC
Mooney, Irlande, LDR
Zwerver, Pays-Bas, SOC
1 SOC: Groupe socialiste
PPE/DC: Groupe du Parti populaire européen
GDE: Groupe des démocrates européens
LDR: Groupe libéral, démocrate et réformateur
GUE: Groupe pour la gauche unitaire européenne
NI: non inscrit dans un groupe