Doc. 10483
29 mars 2005

Discrimination à l’encontre des femmes et des jeunes filles dans les activités sportives

Rapport

Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes

Rapporteuse: Mme Manuela Aguiar, Portugal, Groupe du Parti populaire européen

Résumé

Les femmes subissent de nombreuses discriminations dans l’accès et la pratique du sport amateur et professionnel qui sont contraires aux principes du Conseil de l’Europe. La persistance des stéréotypes, le manque de structures d’encadrement et de soutien aux femmes sportives ou aux jeunes filles dotées d’un potentiel sportif, la difficulté de concilier vie professionnelle/sportive et familiale, la difficile réinsertion dans le monde du travail, une couverture médiatique insuffisante des sports pratiqués par les femmes et des financements privés limités de ce fait sont des manifestations de ces discriminations.

L’Assemblée parlementaire devrait demander au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe de développer une « Stratégie pour les Femmes et les Sports « pour notamment promouvoir la participation des femmes et des jeunes filles aux activités sportives dès l’école et tout au long de leur vie, prendre en compte la dimension du genre dans les politiques du sport, soutenir les sports féminins et la pratique du sport de haut niveau, favoriser la participation des femmes dans les instances dirigeantes et encourager une meilleure couverture médiatique des sports féminins.

I.        Projet de recommandation

1.       Les femmes subissent de nombreuses discriminations dans l’accès et la pratique du sport amateur et professionnel. La persistance des stéréotypes, le manque de structures d’encadrement et de soutien aux femmes sportives ou aux jeunes filles dotées d’un potentiel sportif, la difficulté de concilier vie professionnelle/sportive et familiale, la difficile réinsertion dans le monde du travail, une couverture médiatique insuffisante des sports pratiqués par les femmes et des financements privés limités de ce fait sont des manifestations de ces discriminations.

2.       En particulier l’absence de femmes dans les instances dirigeantes constitue une entrave pour réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes en matières d’activités sportives. En dépit des efforts entrepris par le Comité International Olympique, la participation des femmes dans les instances dirigeantes reste marginale dans la plupart des Etats membres du Conseil de l’Europe.

3.       Cette situation constitue clairement une discrimination à l’encontre des femmes et des jeunes filles qui est contraire aux principes du Conseil de l’Europe. La Charte européenne du Sport adoptée par le Conseil de l’Europe en 1992 et révisée en 2001 garantit en effet la promotion de la pratique du sport auprès de l’ensemble de la population (Article 6) et fait explicitement mention de l’interdiction de la discrimination (Article 4). Elle pose dans son article premier les principes suivant : d’une part « donner à chaque individu la possibilité de pratiquer le sport », et d’autre part, « protéger et développer les bases morales et éthiques du sport, ainsi que la dignité humaine et la sécurité » des sportifs.

4.       De plus, les Ministres européens responsables du sport, réunis à Budapest pour leur 10e Conférence les 14 et 15 octobre 2004, ont souligné que le rôle particulier du Conseil de l’Europe en matière de coopération pan-européenne dans le domaine du sport est lié aux valeurs cardinales du Conseil de l’Europe (droits de l’homme, démocratie parlementaire et Etat de droit). La lutte contre la discrimination des femmes et des jeunes filles dans les activités sportives s’inscrit dans cette perspective de réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et demande à ce que des mesures efficaces soient prises.

5.       L’Assemblée parlementaire invite donc le Comité des Ministres à :

i.        charger le comité intergouvernemental compétent de procéder à une analyse approfondie des politiques nationales du sport et de leur impact sur la participation des femmes et des jeunes filles dans les activités sportives et à rédiger une « Stratégie européenne en faveur des Femmes et du Sport », qui devrait assurer :

ii.       organiser une Conférence Ministérielle européenne pour lancer cette Stratégie.

II.        Exposé des motifs par Mme Aguiar, rapporteuse

A.       Introduction

1.       Le sport est bénéfique pour tous et à tous les niveaux. Il améliore l’état de santé et donne une plus grande confiance en soi par le biais d’une conscience accrue de son corps. Il permet aussi d’apprendre la solidarité et le dépassement de soi.

2.       C’est pourquoi, en 1992, la Charte Européenne du Sport posait dans son article premier les principes suivant : d’une part « donner à chaque individu la possibilité de pratiquer le sport », et d’autre part, « protéger et développer les bases morales et éthiques du sport, ainsi que la dignité humaine et la sécurité » des sportifs. L’article 4 fait quant à lui explicitement mention de l’interdiction de la discrimination. Enfin l’article 6 garantit la promotion de la pratique du sport auprès de l’ensemble de la population, ce qui inclut naturellement les femmes.

3.       Un certain nombre de mesures ont déjà été prises en application de cette charte, mais comme ce rapport va vous le montrer, les femmes subissent encore des discriminations qui les empêchent non seulement d’exercer une activité sportive de manière harmonieuse ou d’en faire leur profession, mais aussi d’accéder à des postes à responsabilités, compte tenu des difficultés structurelles ou culturelles rencontrées. De ce constat, il faut tirer les conclusions qui s’imposent et amorcer au plus vite un changement de cette situation.

4.       En l’absence de données spécifiques rigoureuses sur les activités sportives des femmes et des jeunes filles dans l’espace du Conseil de l’Europe, la Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes a envoyé, le 20 septembre 2004, un questionnaire aux délégations nationales des Etats membres (ainsi qu'aux représentations permanentes des Etats observateurs) afin de rassembler les informations nécessaires.

5.       A la date 8 février 2005, 26 Etats membres (sur 46) ainsi que 1 Etat observateur (sur 5) ont répondu au questionnaire. Les réponses reçues à ce jour et sur la base desquelles je fais l’analyse suivante ont été consignées dans le document AS/Ega/Inf (2005) 11. Je remercie tous les pays qui ont répondu au questionnaire pour leurs réponses claires et pertinentes, qui m’ont permis de mieux cerner les difficultés liées à l’égalité des femmes et des hommes en matière d’activités sportives. Il convient de noter – et c’est symptomatique - que toutes les délégations ne disposaient pas de statistiques ventilées par sexe.

B.       Promouvoir la pratique du sport de haut niveau

Jeux Olympiques : des développements encourageants

6. Les Jeux Olympiques (JO), en tant que compétition internationale de grande envergure, sont particulièrement représentatifs de l’engagement des femmes dans le sport : la participation des femmes aux JO est en progression constante depuis leur première participation en 1900 mais une inégalité persiste. En effet, aux JO de Sydney en 2000, les femmes représentaient 38.2% des athlètes et concouraient dans environ 44% des épreuves2. Aux Jeux d’Athènes de 2004, les femmes représentaient 40,6% des 10 864 athlètes. De plus, depuis 1991, tout nouveau sport souhaitant être inclus au programme olympique doit obligatoirement prévoir des épreuves féminines3.

7.       Ainsi, si l’on se rapproche d’une égalité dans la compétition à proprement parler, le nombre de femmes dans les équipes d’encadrement reste restreint : aux mêmes jeux de Sydney, les femmes n’étaient que 8% à faire partie de l’encadrement technique, et 4% à faire partie de l’encadrement médical. Sur 25 managers d’équipe, il n’y avait qu’une seule femme.

8.       Les Jeux Olympiques Modernes symbolisent pourtant une conception universelle du sport, qui doit assurer une participation équilibrée des hommes et des femmes4. L’Assemblée rappelle à ce propos la résolution qu’elle a adoptée en 1996, se prononçant contre l’organisation de jeux réservés aux femmes5. Dans certains pays en effet, la religion peut être un obstacle à un accès des femmes au sport, en particulier du fait des règles concernant la tenue vestimentaire des femmes. C’est en particulier visible en Iran : les femmes ont tout simplement été interdites de Jeux Olympiques en raison de l’interdiction de se montrer en short. Ceux-ci eurent tout de même lieu en 1997. En décembre 2001, les troisièmes jeux eurent lieu, réunissant 795 athlètes de 23 pays différents, dont l’Azerbaïdjan, déjà membre du Conseil à l’époque6. L’organisation des quatrièmes jeux est prévue en septembre 2005 en Iran.

9.       Paradoxalement, cette situation permet à l’Iran de compter le plus grand nombre en pourcentage d’entraîneurs féminins dans le monde. Les femmes iraniennes sont par ailleurs autorisées à participer à des épreuves internationales dans certaines disciplines telles que le tir, le ski, le judo, etc.

Pérenniser une élite sportive féminine

10.       La participation des femmes au sport de haut niveau est entravée par de multiples obstacles, parmi lesquels l’absence de structures de soutien adéquates7, la difficile conciliation de la vie professionnelle/sportive et familiale, la réinsertion sur le marché du travail. Les difficultés de réinsertion rencontrées par Albertina Dias, veuve, et qui ont fait la « une » des journaux, sont emblématiques, après une carrière sportive pourtant brillante et un titre de championne du monde de cross en 1993. C’est une mairie qui lui a finalement proposé un travail correspondant à ses compétences dans le domaine de la formation. Cette décision d’une municipalité témoigne des opportunités qui peuvent être offertes aux anciens athlètes pour valoriser leurs compétences et mettre leur expérience au service de la population locale. On peut considérer que les femmes connaissent en général des difficultés accrues pour réintégrer la vie professionnelle. Des études doivent être menées et les solutions envisagées, y compris des propositions dans le domaine de la formation et de la promotion du sport.

11.       En dépit de ces difficultés, certaines femmes ont réussi à percer dans les médias et à être reconnue sur la scène internationale. Au Portugal, certaines championnes sont devenues de vrais symboles nationaux, tels Aurora Cunha, championne du monde des 10 000 mètres, Manuela Machado, championne du monde des 10 000 mètres et de marathon, ou Rosa Mota, championne olympique du marathon qui, hommage suprême, a donné son nom au pavillon sportif de la ville de Porto. Mais il faut ajouter que leurs victoires sont plutôt individuelles, acquises par leurs exceptionnels efforts personnels, sans de grands appuis de l’Etat ou même des clubs. Il n’y a pas d’ « Ecole », de tradition comme dans d’autres pays, et la relève n’est pas assurée : aucune athlète n’atteint aujourd’hui le niveau de Mmes Mota, Cunha ou Ribeiro.

12.       Il est en tout cas important que la notoriété de ces quelques femmes athlètes de haut niveau soit utilisée comme un moteur et un modèle pour amener des jeunes filles vers la pratique du sport. Ces « self-made women », exemple de talents et de ténacité, mériterait d’être reconnues et recrutées par les autorités publiques et les institutions du sport pour mobiliser les jeunes et leur apprendre le goût de la pratique du sport, de la réussite et du fair-play.

Salaires et primes

13.       Les discriminations envers les femmes sont particulièrement perceptibles en matière de rémunérations. 14 délégations interrogées indiquent que les rémunérations, primes, et bonus sont attribuées par les autorités nationales en fonction du mérite et des performances des athlètes. Cependant, les rétributions accordées par les fédérations elles-mêmes, et surtout les rémunérations proposées par les sponsors privés (qui peuvent être motivés par une exigence économique de rentabilité) échappent souvent aux statistiques. Les indications transmises par les délégations semblent toutefois indiquer que ces rémunérations là, mise à part quelques exceptions notables, sont bien moindres pour les femmes que pour les hommes.

14.       Les femmes pratiquant le sport à un haut niveau y consacrent du temps et de l’énergie. Par exemple les marathoniennes s’entraînent deux fois plus que les hommes. Il est donc normal qu’elles soient considérées comme des travailleuses, et qu’à ce titre, perçoivent le même salaire que les athlètes masculins, suivant les dispositions de l’article 4(3) de la Charte sociale européenne. Ce n’est pourtant toujours pas le cas.

15.       Ainsi, lorsqu’il s’agit de marathon, même s’il existe des courses dans lesquelles les femmes touchent les mêmes primes que les hommes et en nombre égal8, les pays membres du Conseil de l’Europe comptent toujours des marathons où les femmes sont non seulement moins nombreuses à toucher des primes, mais ces mêmes primes sont aussi inférieures à celles des hommes. Ainsi en France du marathon de Lyon, du semi-marathon de l'Humanité, de la course de Marjevols-Mende ; des marathons de Turin, de Naples, de Cesane Boscone en Italie, etc. Cependant, s’il est probablement juste de primer moins de femmes si elles sont moins nombreuses à participer à la course, rien ne peut justifier des primes moindres.

16.       Lorsqu’il s’agit de tennis, les tournois de Roland Garros et Wimbledon sont les deux seuls tournois du Grand Chelem à ne pas donner aux femmes la même somme d’argent que les hommes. Le tennis reste pourtant le sport où les sportives gagnent le plus : les deux seules femmes à avoir atteint les 20 millions de dollars de prix dans leur carrière sont les joueuses de tennis Steffi Graf et Martina Navratilova.

Sponsors et financement

17.       Dans la période de 5 ans comprise entre 1992 et 1997, le sponsoring du sport féminin a plus que doublé en passant de 285 millions à 600 millions de dollars. C’est un progrès, mais les chiffres restent éloquents sur ce qu’il reste à faire : aujourd’hui, le sponsoring total du sport féminin a passé la barre du milliard de dollars alors que 25 milliards de dollars sont versés chaque année pour sponsoriser le sport masculin. Pourtant, sans sponsors sérieux ou financement adéquat, le sport féminin n’est pas viable, comme le montrent certains exemples éloquents.

18.       En ce qui concerne le football, en mai 1998, les équipes féminines du club de football du Plessis-Robinson en France voulaient passer en division nationale. Le club s'y est opposé parce que cela coûtait trop cher. En effet, toutes les subventions revenaient à l'équipe masculine qui évoluait pourtant 2 divisions en dessous. Les équipes féminines finirent par être dissoutes sur décision du conseil d’administration9. Aux Etats-Unis en 2003, alors que le pays accueillait la quatrième édition de la Coupe du Monde féminine, la ligue professionnelle féminine de football, gagnante de cette même coupe en 1999, a dû annoncer sa dissolution, faute d’avoir pu trouver sponsors et commanditaires sérieux10. En Angleterre, en avril 2004, le club de Fulham avait annoncé qu’il cesserait de financer l’équipe féminine si un sponsor ne pouvait être identifié avant le mois de juin 2004. Cette équipe risquait de redevenir amateur, après avoir été en division professionnelle durant trois ans et en semi professionnelle depuis un an11.

19.       Ce dernier exemple montre bien l’hypocrisie du milieu sachant que les 11 sponsors officiels de la coupe du monde de football féminine ont versé en tout 44 millions de dollars, ce qui équivaut au montant versé par une seule compagnie pour sponsoriser la coupe du monde masculine.

20.       En ce qui concerne l’inégalité des salaires et des primes, il incombe aux instances nationales et aux différentes fédérations d’intervenir, de blâmer ou de sanctionner quand cela s’avère nécessaire. En effet, la plupart du temps, les textes de loi existent déjà. Il ne reste donc qu’à les appliquer.

C.        Assurer la présence des femmes dans les instances dirigeantes du sport

21.       Le fait de voir une femme à un poste-clé dans tout domaine qu’il soit, peut tenir lieu de modèle pour les nouvelles générations, en particulier dans le sport, où la discrimination est particulièrement présente. De plus, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions, il est toujours intéressant d’être confronté à

des perspectives différentes, surtout du fait qu’une participation équilibrée des hommes et des femmes dans la prise de décisions permet de mieux répondre aux attentes des groupes pour lesquels cette décision est prise.

22.       Pourtant, s’agissant des Jeux, le Comité International Olympique (CIO), autorité suprême du mouvement olympique, ne comprend actuellement que 9.6% de femmes (soit 12 femmes sur 125 membres). Quant aux fédérations internationales, le CIO avait fixé pour décembre 2000 l’objectif suivant : avoir au moins 10% de femmes à des postes décisionnels. Seuls 66% des Comités Nationaux Olympiques et 43% des fédérations internationales y étaient parvenus. Reste à voir si l’objectif pour décembre 2005, à savoir au moins 20% des postes décisionnels occupés par des femmes, sera rempli12. A en croire les réponses transmises par les délégations, 18 des 25 pays ayant répondu à cette question indiquent que moins de 20% des membres des conseils exécutifs ou des comités olympiques nationaux sont occupés par des femmes. Les mesures prises par le Comité International Olympique sont à saluer, mais ne s’avèrent pas suffisantes. D’une part, l’objectif poursuivi par le CIO est très modeste et ne permettra peut-être pas une féminisation réelle des comités olympiques nationaux. D’autre part, ces dispositions ne revêtent pas de caractère contraignant.

23.       La féminisation des instances dirigeantes constitue pourtant une clé pour assurer une plus grande mixité dans le sport. La France a constaté que le nombre insuffisant de femmes dirigeantes dans les clubs, ligues, comités, fédérations, oriente nécessairement les activités vers certaines formes de pratiques dans lesquelles les jeunes filles et les femmes ne se trouvent pas, pleinement ou durablement, leur place, compte tenu que les clubs orientent actuellement leurs activités essentiellement vers les hommes. « Ainsi le déficit de mixité s’auto-alimente-t-il »13. La féminisation des instances dirigeantes est ainsi devenue un axe prioritaire d’intervention : le décret du 7 janvier 2004 relatif à l’agrément et aux statuts des fédérations sportives prévoit la féminisation obligatoire des instances dirigeantes, sous peine de sanctions financières. La Fédération des sports d’Allemagne a pour sa part lancé une campagne intitulé « Le sport est bon pour les femmes, les femmes sont bonnes pour le sport » pour encourager la participation des femmes dans les sports organisés et en particulier dans les instances dirigeantes des organisations de sport à tous les niveaux. L’introduction de quotas pour assurer la participation des femmes dans les instances des fédérations est par ailleurs apparue comme un instrument efficace.

24.        La présence, même à titre exceptionnel, de quelques femmes pionnières dans les instances dirigeantes, doit pourtant être considérée comme un facteur de changement culturel. Si leurs compétences sont appréciées, les femmes dirigeantes restent une minorité : au Portugal, cela concerne, dans la première ligue de football, une Vice-Présidente (dans le secteur financier et administratif) au FC Porto, champion du Portugal et d’Europe en 2004, une participante au Conseil de direction du SCP (une sorte de « Sénat » composé de personnalités de prestige), une Vice-Présidente au SC Braga (dirigeant la section volleyball), une membre du « Conseil Général » de Boavista, une dirigeante du département financier (Gil Vicente), une directrice pour la communication sociale (Academia de Coimbra), une directrice du département de formation (Penafiel) et trois autres dirigeants ex-joueurs de football amateur. Dans les autres ligues, des exemples plus frappants existent : le club de Valpaçosa est présidé par une femme, les assemblées générales du Sporting de Espinho et de Vilanovense sont présidées par une femme, Leixŏes et Salgueiros comptent des femmes dans leur administration. Une femme est vice-présidente du « conseil de discipline » de l’Association de football et une autre est également membre de ce conseil14.

25.       Il est aussi intéressant de constater que l’entraînement reste une profession masculine. Pourtant, aucune joueuse ne met en doute les capacités d’entraîneurs femmes : c’est une entraîneuse qui a emmené les femmes de l’équipe de football d’Allemagne à la victoire pendant la coupe du Monde de 2003. C’est également une femme qui entraînait l’équipe de la Suède, vice-championne du monde et celle des Etats-Unis, troisième de la compétition. Le Canada, occupant la quatrième place, était en revanche entraîné par un homme. L’étude d'Everhart et Chelladurai menée en 1998, montre que les joueuses entraînées par des femmes font l'expérience de moins de discrimination et sont plus enclines à exercer la profession d'entraîneuse que les femmes entraînées par des hommes15.

26.       La discrimination dont sont victimes les femmes dans ce domaine est explicable par plusieurs facteurs. D’une part, le fait qu’il y ait peu de femmes aux postes clés les rend d’autant plus visibles et donc plus sujettes à la critique. De plus, les femmes sont victimes des stéréotypes les montrant « douces » et  «sensibles », plus aptes à s’occuper de la communication par exemple, que d’occuper des postes de leader nécessitant combativité et intransigeance. Enfin, les femmes sont moins intégrées dans les réseaux indispensables au développement d’une carrière dans le sport parce qu’il y a très peu de femmes au sommet de la hiérarchie. Bien sûr, cette liste n’est pas limitative, mais donne des pistes intéressantes sur la manière de combattre cette discrimination.

27.       La participation des femmes dans les instances dirigeantes reste ainsi marginale dans la plupart des Etats membres du Conseil de l’Europe. Un effort particulier semble nécessaire pour amener les Etats à évoluer sur ce point. La mise en place de réseaux internationaux peut aider à promouvoir un échange d’information et de bonnes pratiques, et à influencer les Etats pour les amener à prendre en compte la dimension du genre dans les politiques du sport. Le Réseau européen « femmes et sports » (« European Women and Sport network ») en est une bonne illustration16.

D.        Renforcer l’accès des jeunes filles et des femmes aux activités sportives

Le rôle de l’école dans la promotion du sport

28.       L’école est un haut lieu de la démocratie, de l’apprentissage de la citoyenneté et des valeurs fondamentales. Elle symbolise l’égalité des chances pour tous. Cependant, de nombreuses études sociologiques ont montré que cette égalité des chances reste sujette à de nombreux facteurs. En effet, l’attitude du corps enseignant en particulier conditionne la perception qu’ont les filles de leurs capacités.

29.       Les études montrent que dès l’âge de six ans, les petites filles pensent que les garçons ont de plus grandes prédispositions qu’elles pour le sport, que les sports de combats ou d’équipe sont réservés aux garçons. Pourtant, le sport est un précieux facteur de lien social, et surtout, s’agissant du statut de la femme, un facteur d’émancipation par la prise de conscience de soi, de ses aptitudes et potentialités.

30.       De plus, les recherches montrent que jusqu’à l’âge de 13 ans, il n’y a aucune différence significative entre les sexes. L'aspect déterminant demeure la taille. Il semble qu'une fillette de huit ans serait plus en sécurité en jouant avec un garçon de son âge qu'avec une fille de douze ans. Quand au souci concernant la masculinisation physique des jeunes filles à cause d’une pratique intensive du sport, il n’est pas fondé, les médecins s’accordant à dire que les caractères physiques de base d'un individu sont génétiquement prédéterminés.

31.       D’autre part, les garçons sont aussi sujets de discriminations lorsqu’il s’agit de pratiquer un sport réputé féminin, tels la danse, la gymnastique rythmique ou la natation synchronisée, ces deux derniers sports étant réservés aux femmes aux Jeux Olympiques. Etablir une égalité des sexes dans le sport signifie aussi œuvrer pour renverser les clichés qui interdisent aux hommes le libre choix de leur sport de prédilection, et qui par la même occasion les empêchent de participer à des compétitions internationales faute d’adversaires qualifiés.

32.       A l’âge de la vie active, apparaissent de nouveaux obstacles à la pratique d’une activité sportive, avec au premier plan la difficulté de concilier la maternité et le sport. En effet, malgré les progrès réalisés dans le domaine de l’égalité des sexes, les femmes restent le plus souvent en charge des enfants et des travaux ménagers. C’est le plus souvent à elles de gérer et d’organiser la garde des enfants si elles veulent faire du sport, essentiel à leur bien-être et à leur équilibre. Cela peut en partie expliquer la raison pour laquelle la pratique sportive des femmes peut être moins visible que celle des hommes : elle est plus autonome, moins liée à l’adhésion à une structure sportive et, de ce fait, sous-estimée par les responsables sportifs17.

33.       Dans certains pays, notamment la Norvège ou la Finlande, des activités sportives familiales sont organisées. Mais cette initiative est peu ou pas suivie : moins de 10% de tous les clubs sportifs offrent des cours ou ont des groupes pour les parents et leurs enfants18.

34.       Enfin, au niveau des licences sportives, les chiffres sont à nouveau parlants : les femmes représentent environ un tiers des licenciés et sont donc trois fois moins nombreuses à participer à des compétitions sportives. Moins présentes dans les espaces encadrés et structurés des fédérations sportives, les femmes recherchent plus l’exercice de loisir et d’entretien physique et ont besoin de plus de liberté dans l’organisation de leur temps. Leurs motivations sont le plus souvent de l’ordre de la santé ou du plaisir voire esthétiques. Amener les femmes au sport, c’est leur inspirer d’autres motivations et lever les obstacles qui se dressent sur leur chemin.

Un enjeu de cohésion sociale

35.       Le sport a un rôle social intégrateur et constitue un facteur de cohésion sociale essentiel parmi les jeunes gens. Le développement de nouveaux freins culturels d’ordre communautaire entraîne toutefois une lente exclusion des jeunes filles dans les quartiers sensibles. Une étude en France révèle que 51 % des filles pratiquent le sport hors zones d’éducation prioritaire (ZEP) et 32 % en ZEP19. L’offre proposée au niveau local, qui repose sur des investissements importants de la part des communes et des associations, a ainsi profité de manière prioritaire au public masculin au cours de ces dix dernières années20. La méconnaissance des attentes des jeunes filles, une attitude passéiste des milieux sportifs et des équipements ne répondant pas aux besoins spécifiques des jeunes filles expliquerait notamment cette situation.

36.        L’éducation au sport dès le plus jeune âge joue un grand rôle dans les représentations que l’on a de chaque sexe. C’est pourquoi il importe de changer les méthodes éducatives. Il faut cesser d’entretenir les petites filles dans l’idée qu’elles sont limitées physiologiquement et cela passe par un changement de regard de l’enseignant, lui-même convaincu du bien-fondé de son attitude, parce qu’imprégné de fausses idées. Il faut donc éduquer les professeurs, qui à leur tour doivent impliquer les filles dans des activités souvent réservées aux garçons, telles le football ou des sports de combats.

37.       Lorsque la mixité est encouragée dans les activités sportives, le sport constitue un instrument de socialisation pour les jeunes gens et jeunes filles, qui apprennent ainsi à vivre ensemble avec des règles communes, basées sur le respect de l’autre et le fair-play. La pratique du sport doit donc être considérée comme un facteur de prévention des comportements à risque (comme l’utilisation de drogues) et vecteur d’intégration et une opportunité pour promouvoir la mixité, en particulier à l‘école où les cours d’éducation physique doivent rester accessibles à tous et proposer des activités communes aux garçons et aux filles. Une action de sensibilisation mériterait tout particulièrement de viser les familles, pour s’assurer de la participation des jeunes filles aux activités sportives, quelque soit leur origine. Enfin, il est également important de souligner la nécessité de prévoir un accès gratuit aux activités sportives, en particulier dans les zones économiquement défavorisées.

38.       Dans le même temps, il est important de souligner que tous les moyens doivent être mis en œuvre pour lutter contre les dérives inacceptables observées dans la pratique des activités sportives, comme le harcèlement et les abus sexuels, le racisme, le dopage, ou les violences dans les stades, qui peuvent décourager les jeunes filles de la pratique du sport.

Sport pour tous, et toutes

39.       La promotion de l’activité sportive dans les écoles est une étape fondamentale pour stimuler et promouvoir la participation des jeunes filles dans les activités sportives. L’accès à toutes les disciplines sportives, indistinctement du sexe de l’enfant, et l’organisation de compétitions scolaires sont primordiales pour détecter, également chez les petites filles, des talents et leur donner l’opportunité de réaliser leur potentiel sportif et de contribuer à leur bien-être.

40.        Une attention particulière doit être accordée aux femmes handicapées en créant, en leur faveur, les conditions permettant une pratique du sport adaptée à leur condition de santé, et leur participation aux compétitions puisque, sous cet aspect-là également, les chiffres constatés sont très défavorables aux femmes dans la plupart des pays.

41.       Une activité physique quotidienne à l’école primaire parait avoir un effet positif significatif à long terme sur les habitudes sportives des femmes. Elles sont plus actives quand elles grandissent. Et cela présente un intérêt non négligeable en matière de santé publique. En effet, l’activité physique réduit les risques d’attaque, et aide à mieux recouvrer si une attaque survient ; elle réduit significativement les risques d’obésité auxquels les filles âgées de 16 à 24 ans sont deux fois plus exposées que les garçons. Pendant les années où le corps se développe, le sport, plus qu’une consommation régulière de calcium, favorise la densification de la masse osseuse et aide à prévenir l’ostéoporose21. De plus, une à trois heures de sport par semaine pour les femmes en âge de procréer réduisent les risques de cancer du sein de 20 à 30%. Quatre heures ou plus réduisent les risques de près de 60%22.

42.       Selon une étude américaine menée auprès de plus de 6000 femmes de plus de 65 ans, la simple habitude de marcher protège contre le déclin lié au vieillissement des fonctions intellectuelles, dont les pertes de mémoires. Ainsi, pour 1.6 km de marche supplémentaire par semaine, le risque de déclin cognitif diminue de 13%23. De plus une seconde étude a démontré que les femmes ménopausées qui font régulièrement de l’exercice physique ont une vie sexuelle bien plus satisfaisante que les autres24.

43.       Enfin, pour ce qui est des femmes actives qui pratiquent le sport en tant que loisir, en attendant un changement des mentalités, il importe d’adapter les conditions dans lesquelles les femmes pourront trouver une place pour une pratique harmonieuse d’activités physiques. En cela, les pays nordiques constituent un excellent exemple de bonne conduite et de marche à suivre. Quant aux femmes âgées, il est essentiel de promouvoir la pratique du sport auprès d’elles, étant donné les bénéfices indéniables qu’elles, de même que la société, peuvent en retirer. Cela peut passer par une campagne d’information incluant par exemple la mise en valeur de l’organisation des Jeux Olympiques de Seniors (les derniers se sont déroulés en avril 2003 en Belgique).

E.        Améliorer l’image de la femme dans les médias

44.       Il est communément admis que les médias façonnent les mentalités et construisent les représentations. Ce qui est vrai d’une manière générale l’est aussi pour le sport et surtout lorsqu’il s’agit du sport féminin. En effet, la connaissance, l’opinion, ou l’attitude que l’on a envers le sport féminin est conditionné presque uniquement par les médias, à moins de pratiquer soi-même un sport.

45.       A cet égard il sera donc intéressant de noter qu’à la télévision anglaise par exemple, la couverture du sport féminin n’est que de 0.5 à 6% de la couverture des sports en général25. De même, dans la presse quotidienne écrite, les athlètes féminines n’occupent qu’une part très réduite des pages sportives, leur nom n’étant le plus souvent mentionné que pour des scandales ou des difficultés relatives au financement des équipes26. Les données concernant la couverture médiatique réservée aux activités sportives pratiquées par les femmes sont révélatrices de ce désintérêt pour les activités sportives féminines : en 1999, 850 heures d’antennes étaient consacrées en France au football et au rugby (masculins), contre 30 à la gymnastique et au patinage artistique. En Finlande, 13% des informations sportives étaient consacrées aux sports pratiqués par les femmes en 1999, ce qui a conduit le médiateur pour l’égalité à recommander une couverture médiatique plus équilibrée des sports masculins et féminins. L’audimat est souvent un facteur incriminé pour justifier cette tendance, notamment au niveau des médias privés. De plus, il est manifeste que les femmes sont sous-représentées dans le journalisme, la photographie, la diffusion ou la présentation des informations sportives. Pour autant que des indications ou des estimations ont pu m’être communiquées, les femmes représentent moins de 10% des journalistes sportifs dans 13 pays sur 21.

46.       En dehors de la méconnaissance des performances sportives féminines, l’attitude des médias présente un danger pour l’image de la femme. En effet, lorsqu’il est fait mention d’une athlète, on la présente le plus souvent comme une jolie et sexy jeune femme, plutôt qu’une compétente, puissante et endurante professionnelle du sport. Montrées en maillot de bain en train de s’exercer, plutôt qu’en uniforme de compétition, interviewées sur leur mariage plutôt que sur leurs records mondiaux, les sportives de haut niveau sont niées par les médias, elles perdent leur statut d’athlètes pour devenir, dans le meilleur des cas, une icône de mode, ou une représentante des valeurs familiales. Dans le pire des cas, elles seront réduites à l’état d’objet sexuel, ou citées par exemple, dans le cadre d’un scandale relatif au dopage impliquant le mari d’une sportive27.

47.       Enfin, il est possible que montrer les athlètes féminines sous cet aspect-là permette aux médias de rassurer public et sponsors. Il s’agit de montrer les jeunes femmes comme de purs ‘produits’ hétérosexuels, car le cliché de la sportive trapue, masculine, inesthétique, et surtout homosexuelle a la peau dure et continue à faire peur28.

48.        Une action pro-active semble ici nécessaire pour sensibiliser les médias à la nécessité de proposer une autre image de la femme sportive. En effet, les médias sont les principaux vecteurs de l’information et contribuent à former l’opinion publique. A cet égard, l’exemple que donne l’Australian Sports Commission est très instructif: l’ASC a ainsi élaboré une trousse d'information à l'intention des médias sur les enjeux contemporains dans le sport féminin et l'a distribuée aux journalistes en Australie au début de 2000. Elle y a inclus des rapports sur les thèmes sensibles, des listes de personnes à contacter, etc. La trousse a bénéficié d’un excellent accueil et a eu des répercussions très positives, les journalistes l’ayant utilisé à maintes reprises par la suite29.

F.        Encourager des mesures efficaces pour lutter contre les discriminations dans le domaine des activités sportives

49.       La lutte contre les discriminations envers les jeunes filles et les femmes dans les activités sportives passe par une politique volontariste et des mesures concrètes. Il ne suffit pas d’invoquer le caractère égalitaire ou non discriminatoire des politiques nationales en faveur du sport. Il faut être en mesure de détecter les effets inégalitaires masqués que produisent certaines mesures.

50.       Peu d’Etats toutefois ont mis en place des dispositifs incitatifs forts pour inclure la dimension du genre dans l’attribution des fonds. Andorre inclut le critère de genre dans l’attribution de ses subventions. L’Autriche a crée un fond de soutien aux femmes, qui permet de consacrer 45% des fonds octroyés pour le sport amateur aux femmes (ce pourcentage n’aurait été que de 22% en l’absence de ce fond). La France a pris des mesures assorties de sanctions financières pour féminiser les instances dirigeantes (voir supra) et propose des aides financières spécifiques pour soutenir les initiatives des fédérations sportives, notamment pour l'amélioration des conditions de pratique du sport de haut-niveau ou le développement de la recherche spécifique sur la performance féminine30. La Hongrie octroie une aide à des manifestations auxquelles 70% des participants sont des femmes. Les Pays-Bas subventionnent quelques projets spécifiques visant à améliorer la participation des femmes dans les instances dirigeantes. Le Royaume-Uni a identifié les « femmes et les jeunes filles » comme groupe prioritaire et examine, lors de demandes de subvention, de quelle manière la participation des groupes prioritaires est encouragée. Ce pays subventionne par ailleurs la Fondation des Sports des Femmes, une organisation non gouvernementale visant à promouvoir les opportunités sportives pour les femmes et les jeunes filles.

51.       En particulier il y a lieu, dans un premier temps, de concentrer l’action des pouvoirs publics dans la pratique des sports les plus populaires, qui rencontrent l’adhésion du plus grand nombre et la couverture médiatique la plus large. Ces efforts devraient en particulier tendre à promouvoir le football féminin, même si la pratique féminine dans toutes les disciplines sportives mérite par ailleurs d’être encouragée. Le monde du football, en effet, est une chasse gardée des hommes, bien plus que la politique, l’action socioculturelle ou même l’économie et les finances. C’est là que pourra être menée à bien la lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes en matière de sport. Il est aussi important de souligner le rôle des femmes dans l’amélioration d’une image de violence véhiculée par certains sports traditionnellement masculins, ainsi que l’effet de leur présence massive, en tant que spectatrices, dans ces manifestations sportives.

52.       Des exemples encourageants permettent de garder espoir. En Turquie, les femmes sont nombreuses dans les « sport de combat » (judo, karaté, boxe). En Roumanie, les championnes du monde de canoe-kayak jouissent d’un énorme prestige. La pratique du « futsal » (football en salle) au Portugal connaît un succès grandissant, surtout au niveau du sport scolaire (avec 1356 équipes existantes), en dépit d’une absence de soutien et de véritable politique de la part des instances publiques ou des clubs. Au Royaume-Uni, le football est devenu le sport de masse le plus pratiqué par les femmes. Il est soutenu par la Fondation du football qui a versé 1,6 millions de livres à 30 projets d’encadrement des femmes et des jeunes filles. C’est précisément dans ce pays que se déroulera l’Euro féminin 2005 du 5 au 19 juin 2005, qui sera une excellente opportunité pour mieux faire connaître ce sport.

53.       Les principes de l'approche intégrée de l'égalité entre les hommes et les femmes (gender mainstreaming) et des budgets prenant en compte les genres (gender budgeting) ont d’ores et déjà été intégrés par quelques rares pays (Finlande, Danemark) en matière d’activités sportives. Ils permettent de s’assurer de l’impact réel des politiques publiques en faveur de la pratique sportive des femmes31. Ces principes méritent également d’être mis en œuvre par les collectivités locales, qui ont un grand rôle à jouer dans l’offre de service et le soutien aux activités sportives proposées dans les communes et la promotion de l’approche intégrée32.

G.       Conclusions

54.        Le constat, accablant il y a quelques années, apparaît plus rassurant aujourd’hui. Cependant, de nombreuses situations restent encore à améliorer. Cela devra se traduire par une prise de conscience par les instances dirigeantes des discriminations - souvent masquées – dont sont victimes les femmes en matière d’activités sportives et qui appellent à des mesures concrètes, comme la lutte contre les stéréotypes attachés à l’image de la femme, le renforcement de la position des femmes au sein des instances dirigeantes du sport, la mise en place de réseaux de dirigeantes et le renforcement des structures d’encadrement du sport féminin.

55. La réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les activités sportives nécessitera la définition de normes et d’actions qui permettent véritablement de faire évoluer les mentalités et les pratiques. C’est dans ce domaine que le Conseil de l’Europe peut pleinement jouer son rôle de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.

56. C’est la raison pour laquelle l’Assemblée parlementaire devrait inviter le Comité des Ministres à :

i.        charger le comité intergouvernemental compétent de procéder à une analyse approfondie des politiques nationales du sport et de leur impact sur la participation des femmes et des jeunes filles dans les activités sportives et à rédiger une Stratégie européenne en faveur des Femmes et du Sport, qui devrait assurer :

ii.       organiser une Conférence Ministérielle pour lancer cette Stratégie.

* * *

Commission saisie du rapport: Commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes

Renvoi en commission : Doc 9864, renvoi N° 2860 du 8 septembre 2003.

Projet de recommandation adopté à l'unanimité par la Commission le 28 février 2005.

Membres de la commission: Mme Minodora Cliveti (Présidente), Mme Rosmarie Zapfl-Helbling (1ère Vice-Présidente : suppléante : Mme Ruth-Gaby Vermot-Mangold), M. Per Dalgaard (2ème Vice-Président), Mme Anna Curdova (3ème Vice-Présidente), Mme Manuela Aguiar, Mme Edita Angyalova, M. John Austin, M. Oleksiy Baburin, M. Denis Badré, Mme Gülsün Bilgehan, M. Brendan Daly, Mme Krystyna Doktorowicz, Mme Lydie Err, Mme Catherine Fautrier, Mme Maria Emelina Fernández Soriano, M. George Foulkes, M. Guiseppe Gaburro, M. Pierre Goldberg, Mme Gultakin Hadjiyeva, Mme Carina Hägg, Mme Eleonora Katseli, Mme Synnove Konglevoll, Mme Monika Kryemadhi, Mme Minna Lintonen, Mme Danguté Mikutiene (suppléante : Mme Biruté Vésaité), Mme Fausta Morganti, Mme Hermine Naghdalyan, M. Hilmo Neimarlija, Mme Vera Oskina, Mme Patrizia Paoletti Tangheroni (suppléant : M. Gianpietro Scherini), Mme Riorita Patereu, Mme Fatma Pehlivan (suppléante : Mme Mimount Bousakla), Mme Antigoni Pericleous-Papadopoulos, M. Leo Platvoet, Mme Majda Potrata, M. Jeffrey Pullicino Orlando, Mme Valentina Radulović-Šćepanović, Mme Claudia Roth, Mme Marlene Rupprecht, M. Össur Skarphédinsson, Mme Svetlana Smirnova, Mme Darinka Stantcheva, Mme Agnes Vadai, Mme Gisela Wurm, M. Andrej Zernovski.

N.B. Les noms des membres qui ont pris part à la réunion sont imprimés en gras.

Secrétaires de la commission: Mme Kleinsorge, Mme Affholder, Mme Devaux


1 Disponible au secrétariat de la Commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes.

2 Aux JO d’Athènes, deux sports étaient réservés aux hommes : la boxe et le baseball. Quant aux femmes, elles ont participé aux compétitions de softball (équivalent du baseball, avec une balle plus grosse et plus molle), gymnastique rythmique et natation synchronisée. (Sources : http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_206.pdf et

http://multimedia.olympic.org/pdf/fr_report_668.pdf).

3 Sources : http://www.olympic.org/fr/organisation/missions/women/games_fr.asp.

4 Il faut rappeler que les jeux olympiques étaient le privilège des hommes de la Grèce antique. Les femmes n’ont pu y participer qu’à partir des Jeux de la IIe Olympiade à Paris en 1900.

(http://www.olympic.org/fr/organisation/missions/women/index_fr.asp)

5 Résolution 1092 (1996) relative à la discrimination à l’égard des femmes dans le domaine du sport et plus particulièrement aux Jeux Olympiques.

6 http://www.icwsf.org/ThirdGames.htm.

7 Interrogée sur le fait d’avoir eu la sensation d’être « lâchée seule au milieu de l’océan », Marie-Jo Perec, triple championne olympique, avouait : « Contrairement à ce que pensait les gens, j’aurais adoré être portée par une fédération plus structurée », interview dans l’Equipe, 8 juin 2004.

8 Marathon de Rome (Italie), semi-marathon de Marseille (France), 15 km d'Istanbul (Turquie), marathon de Francfort (Allemagne), marathon de Valence (Espagne), etc.

9 Le club a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre pour discrimination sexiste le 18 novembre 2002.

10 Le Monde du 20 Septembre 2003, Aux Etats-Unis, le football féminin ne fait plus recette.

11 The Guardian du 29 avril 2004.

12 Sources : http://www.olympic.org/fr/organisation/missions/women/leaders_fr.asp.

13 Source : Rapport d’activité 2003 n°263 (2003-2004) de Mme Gisèle Gautier, fait au nom de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes et compte-rendu des travaux de cette délégation sur la mixité dans la France d’aujourd’hui, et réponse de la délégation française au questionnaire envoyé.

14 Edition spéciale du Norte Desportivo sur le sport féminin, 6 novembre 2004

15 Etude : L’expérience et la signification du sport et de l’exercice dans la vie des femmes dans certains pays européens (http://www.icsspe.org/portal/texte/project/tx2120.html.

16 Voir www.ews-online.org.

17 Rapport femmes et sport, Ministère de la Jeunesse et des Sports de la France, 2004

18 Etude : L’expérience et la signification du sport et de l’exercice dans la vie des femmes dans certains pays européens, http://www.icsspe.org/portal/texte/project/tx2120.html.

19 Ministère de la jeunesse et des sports de la France, http://www.jeunesse-sports.gouv.fr/sport/sport_feminin.asp.

20 Rapport femmes et sport, Ministère de la Jeunesse et des Sports de la France, 2004.

21 National Osteoporosis Society 2002.

22 Journal of the National Cancer Institute 1994.

23 Sources : Covinsky, Yaffe et coll., Université de San Francisco, 53ème Congrès de l’American Academy of Neurology, Philadelphie, mai 2001.

24 Sources: Gerber et al. A longitudinal study of the effects of free testosterone and other psychosocial variables upon sexual function during the natural transverse of menopause. ASRM 2003, San Antonio, Texas, USA.

25 Sources : Sports Council 1993.

26 Revue de presse réalisée du 24 au 29 avril 2004 dans les quotidiens suivants : The Guardian,  International Herald Tribune, Le Monde, et Libération.

27 International Herald Tribune du 29 avril 2004, n°37679.

28 Cf. recommandation 1635 (2003) sur les lesbiennes et les gays dans le sport et l’avis délivré par la commission sur l’égalité des chances pour les femmes et les hommes (doc. 10001).

29 http://www.canada2002.org/f/progress/progress/chapter2_6.htm.

30 Ministère de la jeunesse et des sports de la France, http://www.jeunesse-sports.gouv.fr/sport/sport_feminin.asp.

31 Voir également : A new strategy : gender mainstreaming, document présenté par Teresa Rees lors de la 5e Conférence sur les Femmes et les sports, Berlin, 2002, http://www.bso.or.at/download/572/gem.pdf.

32 Voir Déclaration finale de la Conférence européenne sur le sport et les autorités locales (Gödöllo, 1-3 février 1996) , la Recommandation 16 (1996) et Résolution 27 (1996) sur les autorités locales et le sport, et la Résolution 176 (2004) sur l’approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes aux niveaux local et régional : une stratégie pour promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans les villes et les régions du Congrès des Pouvoirs Locaux et Régionaux de l’Europe.