Doc. 10545

10 mai 2005

Un cadre européen pour lutter contre le diabète – Appel à l’action lancé aux dirigeants européens

Proposition de recommandation

présentée par Mme Krohn et plusieurs de ses collègues

La présente proposition n’a pas été examinée par l’Assemblée et n’engage que ses signataires

Aujourd’hui, plus de 50 millions de personnes souffrent du diabète en Europe, avec un taux moyen de prévalence de 7,5 %. On estime également que 50 % des diabétiques ne savent pas qu’ils sont atteints de cette affection, ce qui les expose aux risques et aux complications coûteuses liés à un mauvais contrôle de la maladie. Cette faible prise de conscience montre que le dépistage systématique dans les groupes à risque fait cruellement défaut et que les politiques nationales de santé sont souvent inadéquates.

      Le diabète est devenu une cause majeure de décès en Europe et la cause principale de crise cardiaque et d’attaque cérébrale. Ce problème de santé, de plus en plus mal maîtrisé, multiplie par 3 ou 4 le risque de complications cardiovasculaires graves. Il est aussi à l’origine de nombre de maladies vasculaires périphériques et neuropathies périphériques, qui multiplient par 20 le risque d’amputation. Le diabète est également la première cause de dialyse et de cécité en Europe. Le diabète de type 1 ou diabète juvénile est l’une des pathologies chroniques les plus courantes chez les enfants dans de nombreux pays européens, en particulier en Europe du Nord. En outre, l’épidémie d’obésité juvénile va se traduire par une augmentation du diabète de type 2 chez les futures générations.

La Fédération internationale du diabète (IDF) – Europe a adopté la Déclaration d’Otocec lors de son Assemblée annuelle en Slovénie en 2004 demandant instamment aux dirigeants européens de mettre en place une véritable politique de prévention, de diagnostic et de contrôle du diabète. Outre les 50 millions de diabétiques, on estime que 100 millions de personnes sont atteintes de prédiabète, et que 50 % d’entre elles développeront la maladie dans les cinq ans à venir.

Malgré une hygiène de vie malsaine et de mauvaises habitudes alimentaires, peu de mesures de santé publique appropriées sont prises pour répondre à l’augmentation de la prévalence du diabète et aux coûts qu’il entraîne pour les malades et le pays.

De nombreux Etats européens qui ont pourtant signé la Déclaration de Saint-Vincent en 1989 n’ont pas encore élaboré ni mis en œuvre de plans nationaux contre le diabète. L’Europe manque d’un cadre de santé publique général qui encourage le partage de bonnes pratiques et la comparaison des approches nationales dans l’intérêt direct du patient, et incite à établir des normes minimales de prévention, de diagnostic et de contrôle du diabète.

La création d’un cadre européen pour lutter contre le diabète profiterait à tous les citoyens d’Europe. Nous, soussignés, demandons particulièrement au Conseil de l’Europe de prendre des mesures immédiates afin d’élaborer une Recommandation européenne pour la prévention, le diagnostic et le contrôle du diabète en collaboration avec l’OMS – Europe, l’UE et l’IDF – Europe. Nous invitons également le Conseil de l’Europe à encourager ses Etats membres à élaborer des plans nationaux contre le diabète.

Signé (voir au verso)

Signé1:

KROHN, Irina, Finlande, SOC

ELO, Mikko, Finlande, SOC

HURSKAINEN, Sinikka, Finlande, SOC

JURGENS, Erik, Pays-Bas, SOC

McNAMARA, Kevin, Royaume-Uni, SOC

OHLSSON, Carina, Suède, SOC

PLATVOET, Leo, Pays-Bas, GUE

SASI, Kimmo, Finlande, PPE/DC

SMIRNOVA, Svetlana, Russie, GDE

TULAEV, Nikolay, Russie, GDE


1        SOC: Groupe socialiste

      PPE/DC: Groupe du Parti populaire européen

LDR: Groupe libéral, démocrate et réformateur

      GDE: Groupe des démocrates européens

      GUE: Groupe pour la gauche unitaire européenne

      NI: non inscrit dans un groupe