For debate in the Standing Committee see Rule 15 of the Rules of Procedure

Pour débat à la Commission permanente – Voir article 15 du Règlement

Doc. 9078

4 mai 2001

La culture de la minorité csango en Roumanie

Rapport

Commission de la culture, de la science et de l’éducation

Rapporteur : Mme Tytti Isohookana-Asunmaa, Finlande, Groupe libéral, démocrate et réformateur

Résumé

Les Csangos forment un groupe non homogène de catholiques d’origine hongroise. Ce groupe ethnique a traversé les siècles depuis le Moyen Âge et subsiste en Moldavie, dans la partie orientale des Carpates de la Roumanie. Les Csangos se distinguent par des particularités linguistiques, des traditions anciennes, et une culture et un art populaires très riches. Pendant des siècles, l’identité des Csangos a reposé sur la religion catholique de rite romain et sur leur propre langue, un dialecte du hongrois, parlée dans le cercle familial et dans la communauté villageoise.

La langue csango n’est aujourd’hui parlée que par 60.000 à 70.000 personnes. Pour essayer de préserver cet exemple de la diversité culturelle en Europe, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’encourager la Roumanie à soutenir les Csangos par des mesures concrètes notamment dans le domaine de l’éducation.

I.       Projet de recommandation

1.       A la suite de son rapport sur les cultures minoritaires ouraliennes en danger en Russie et de la Résolution 1171 (1998), l’Assemblée se préoccupe de la situation de la culture de la minorité csango, qui se perpétue en Roumanie depuis des siècles.  

2.       Les Csangos (ceangăi en roumain) forment un groupe non homogène de catholiques. Ce groupe ethnique a traversé les siècles depuis le Moyen Âge et subsiste en Moldavie, dans la partie orientale des Carpates de la Roumanie. Les Csangos parlent une forme archaïque de hongrois et se distinguent par des traditions anciennes, et une culture et un art populaires très riches, d’une valeur exceptionnelle pour l’Europe.

3.       Pendant des siècles, l’identité des Csangos a reposé sur la religion catholique de rite romain et sur leur propre langue parlée dans le cercle familial et dans la communauté villageoise, ce qui peut expliquer, parallèlement à leur mode de vie archaïque et à leur vision du monde, les liens très forts qu’ils entretiennent avec la religion catholique et la survivance de leur dialecte.

4.       Les personnes qui parlent encore le csango ou le considèrent comme leur langue maternelle représentent une part de plus en plus faible de la population. Bien que ce chiffre ne soit pas accepté par tout le monde, on estime que 60.000 à 70.000 personnes environ parlent la langue csango.

5.       Aujourd’hui, en Moldavie, l’école et l’Église utilisent la langue roumaine. Localement, l’enseignement est dispensé en ukrainien, et les enfants polonais, rom et russes peuvent étudier leur langue maternelle. Malgré les dispositions de la loi roumaine sur l’éducation et les demandes répétées des parents, la langue csango n’est pas enseignée dans les villages csangos. Par conséquent, rares sont les Csangos qui sachent écrire leur langue maternelle.

6.       Les Csangos ne formulent aucune revendication politique, mais veulent simplement être reconnus comme une culture distincte. Ils demandent qu’on les aide à sauvegarder cette culture, et avant tout que leurs enfants puissent apprendre la langue csango et que les offices religieux soient célébrés dans leur langue maternelle.

7.       L’Assemblée rappelle les textes qu’elle a adoptés sur des questions connexes, notamment la Recommandation 928 (1981) relative aux problèmes d'éducation et de culture posés par les langues minoritaires et les dialectes en Europe, la Recommandation 1203 (1993) relative aux Tsiganes en Europe, la Recommandation 1283 (1996) relative à l'histoire et à l'apprentissage de l'histoire en Europe, la Recommandation 1291 (1996) relative à la culture yiddish, et la Recommandation 1333 (1997) relative à la langue et à la culture aroumaines.

8.       Il faudrait voir dans la diversité des cultures et des langues une ressource précieuse qui enrichit notre patrimoine européen et renforce l’identité de chaque nation et de chaque individu. Une aide européenne, et notamment celle du Conseil de l'Europe, se justifie pour sauver toute culture et s’avère nécessaire dans le cas des Csangos.

9.       En conséquence, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres d’encourager la Roumanie à ratifier et mettre en oeuvre la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires et à soutenir les Csangos, notamment dans les domaines suivants :

i.       la possibilité de bénéficier d’une éducation dans sa langue maternelle doit être garantie, conformément à la Constitution roumaine et à la législation sur l’éducation. Dans le même temps, des salles de classe devraient être prévues dans les établissements scolaires locaux, et les professeurs qui enseignent la langue csango dans les villages devraient être payés ;

ii       les parents csangos doivent être informés de la législation roumaine sur l’éducation et des instructions doivent être données en ce qui concerne les modalités d’application des dispositions relatives aux langues ;

iii       il devrait y avoir une possibilité de suivre des offices religieux catholiques en langue csango dans les églises des villages csangos, et les Csangos devraient pouvoir chanter les cantiques dans leur langue maternelle ;

iv.       toutes les associations csangos devraient être officiellement reconnues et soutenues. Une attention particulière devra être portée au recensement correct de la minorité csango lors du prochain recensement officiel ;

v.       l’accès aux médias modernes doit être encouragé. Une aide financière devrait être accordée aux associations csangos, dans la mesure des fonds disponibles, en vue de les aider à témoigner activement de leur identité propre (en particulier par le biais d’une publication mensuelle et l’animation d’une radio locale) ;

vi.       des programmes spécifiques, devraient être créés pour promouvoir la culture csango, dans le cadre des mesures visant à sensibiliser la population à cette culture et à cultiver le respect des minorités. Des foras internationaux de discussions et des séminaires d’experts devraient être organisés pour étudier la culture csango ;

vii.       une campagne d’information devrait être lancée en Roumanie pour faire connaître la culture

      csango et les avantages d’une coopération entre la majorité et les minorités ;

viii.       les caractéristiques linguistiques et ethnographiques des Csangos devraient être dûment répertoriées ;

ix.       il conviendrait de favoriser le développement économique de la région, notamment grâce à l’implantation de petites et moyennes entreprises dans les villages csangos.

II.       Exposé des motifs par Mme Tytti Isohookana-Asunmaa

      Sommaire

       Paragraphes

       Introduction       1-2

      Qui sont les Csangos ?       3-11

      Contexte historique       12-16

      La langue des Csangos       17-21

      Folklore et art populaire       22-25

      La dimension religieuse       26-30

      L’éducation       31-34

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1.       Le terme « csango » (prononcer ceangăi en roumain) est utilisé pour désigner un groupe non-homogène constitué de catholiques romains d’origine hongroise et vivant en Roumanie. Issu du Moyen Âge, ce groupe ethnique a survécu au brassage de populations qu’a connu la Moldavie, c’est-à-dire la partie orientale de la Roumanie. L’ethnie csango est un groupe hongrois archaïque, à certains égards en retard de plusieurs siècles sur notre époque ; il se caractérise par des particularités linguistiques, des traditions anciennes et une culture et un art populaires très riches.

2.       Dans un monde en mutation rapide, les Csangos sont inexorablement exposés aux très fortes pressions de leur environnement et plus particulièrement à l’influence des curés de village et des autorités locales roumaines. Ils sont maintenant parvenus à un stade avancé d’assimilation. Que peut-on faire pour sauver ce patrimoine unique en Europe centrale, revivifier ce groupe ethnique et renforcer l’identité de ses membres ?

3.       Les Csangos sont l’une des minorités les plus énigmatiques d’Europe. Leur ascendance, leur origine géographique, la date de leur installation en Moldavie et leur nombre actuel restent très controversés, tout comme l’origine du terme csango lui-même. Le seul fait incontesté à leur sujet est leur attachement profond à l’église catholique romaine. Ils vivent en Moldavie occidentale (Roumanie), à proximité des contreforts orientaux des Carpates, dans les villages environnant les villes de Bacau (pour le groupe méridional) et de Roman (pour le groupe septentrional), le long des berges du Siret, de la Bistrita, du Trotus et du Tuzlau. Ils perpétuent les méthodes agricoles, les croyances et mythes traditionnels de l’Europe ainsi que le dialecte magyar le plus archaïque.

4.       Suivant la définition retenue, leur nombre varie de 260.000 (soit à peu près la population catholique de cette région) — même si plus des deux tiers ne parlent pas la langue — à guère plus de quelques dizaines de milliers (lors du dernier recensement officiel, un peu moins de 3.000 personnes seulement se reconnaissaient elles-mêmes Csangos).

5.       Les Csangos sont l’un des meilleurs exemples de ce que peut produire la diversité culturelle européenne. Ils ont vécu pendant des siècles plus ou moins isolés des autres régions de langue hongroise, au milieu d’une population majoritairement roumaine. Il en a résulté le développement d’une enclave dotée d’une culture individuelle très spécifique, mélangée d’éléments de culture roumaine. Le meilleur exemple en est donné par les ballades et chansons populaires. Ce répertoire, qui continue de s'enrichir, comporte surtout des éléments hongrois, mais aussi des éléments roumains. On sait que les ballades européennes traversent les frontières politiques et ethniques. L’un des derniers bastions de cette culture européenne de la ballade est le répertoire csango. Il appartient à la Hongrie et à la Roumanie, mais aussi à l’Europe dans son ensemble, d’étudier, de défendre et de protéger cette culture.

6.       Le mode de vie de ce groupe ethnique porte encore, à de nombreux égards, la marque du Moyen Âge. Le folklore et l’art populaire sont florissants et productifs. Il en va de même pour les traditions populaires, les croyances et les mythes.

7.       Cette culture est aujourd’hui menacée d’extinction. Sur 260.000 Csangos (estimation haute), seuls 60.000 à 70.000 parlent le dialecte. Une aide de l’Europe est nécessaire pour sauver cette culture.

8.       Pendant des siècles, l’identité des Csangos a reposé sur la religion catholique de rite romain et la langue hongroise parlée dans le cercle familial, ce qui peut expliquer, parallèlement à leur mode de vie archaïque et à leur vision du monde, les liens très forts qu’ils entretiennent avec la religion catholique. Si l’on demande à un Csango de quelle nationalité il est, il n’est pas rare qu’il réponde « catholique ». Malgré tout, l’environnement roumain semble exercer des influences, même sur la pratique religieuse. Ainsi, chez les catholiques de Moldavie, les cortèges funèbres jusqu’au cimetière se font à cercueil découvert, comme dans la tradition orthodoxe.

9.       La vie religieuse conserve de nombreux éléments issus du Moyen Âge. On discerne même des aspects propres aux rites païens, telles que des survivances du culte solaire. Les Csangos ont des croyances d’une extrême richesse, qui présentent de nombreuses caractéristiques archaïques.

10.       Leur conscience ethnique est beaucoup plus faible que celle des autres groupes de langue hongroise. Cela peut s’expliquer par le fait que le concept de nation était très peu développé chez les colons du Moyen Âge ou que leurs colonies étaient géographiquement dispersées. Cependant, la politique d’assimilation délibérée conduite au fil des siècles par la société environnante et en particulier par l’église catholique a joué un rôle déterminant.

11.       A ma connaissance, les Csangos ou leurs associations ne revendiquent nullement l’autonomie politique ou un statut de minorité ethnique. Au contraire, ils se considèrent comme des citoyens roumains et sont fidèles à leur pays. Le fait que nombre d’entre eux parlent un dialecte magyar ne signifie pas qu’ils se sentent « Hongrois ». Ceux qui quittent la Moldavie pour aller s’installer de l’autre côté des Carpates ou en Hongrie le font plus pour des raisons économiques que nationalistes.

12.       Les recherches historiques, linguistiques, ethnographiques et toponymiques ont abouti à des explications différentes sur l’origine des Csangos. Certains chercheurs pensent qu’ils descendent d’un groupe de Magyars qui se serait séparé des autres avant son installation dans le bassin des Carpates, vers l’an 900. D’autres suggèrent qu’ils descendent directement des Coumans, des Petchenègues ou d’autres tribus qui se sont installées en Moldavie vers cette date. Toutes ces théories semblent peu plausibles, car il est improbable que des populations aient survécu à l’invasion mongole de 1241-1242, conduite par Batu Khan, qui a dévasté toute la région.

13.       Certains auteurs roumains prétendent que les Csangos sont en fait des Roumains de Transylvanie « magyarisés » (ou « sicularisés »). Cette théorie doit aussi être rejetée : il est inconcevable que ces « Roumains » aient pu continuer à utiliser une langue « étrangère » après avoir vécu durant des siècles en Roumanie, entourés de Roumains parlant le roumain.

14.       C’est pourquoi les scientifiques (hongrois mais aussi roumains) sérieux pensent que les Csangos sont d’origine hongroise et qu’ils ont peuplé la Moldavie à partir de l’Ouest. Selon les hypothèses retenues, les premiers groupes s’y seraient installés dès le XIIIe siècle, lorsque le roi de Hongrie Béla IV a christianisé les Coumans et fondé un évêché à Milko, mais, comme nous l’avons vu, il est peu probable que ces groupes aient survécu à l’invasion mongole. Le retour des Magyars, des Roumains et des Saxons n’est attestée en Moldavie qu’à partir du milieu du XIVe siècle.

15.On admet aussi généralement que les premiers Csangos se sont installés à l’est des Carpates, le long des cols stratégiques, afin de protéger la Hongrie contre les envahisseurs venant de l’Est, et ceci est devenu possible seulement après que les Mongols eurent perdu l’essentiel de leur pouvoir. Ces colons ont été rejoints plus tard par d’autres groupes de Hongrois ayant traversé les Carpates, les Sicules, qui se sont mêlés à eux ou ont fondé d’autres villages.

16.       Certains des ancêtres des Csangos occupaient des postes importants dans l’administration de la voïvodie de Moldavie. La relative liberté dont jouissait la principauté de Moldavie et la fertilité de son sol attiraient les Hongrois qui voulaient tenter leur chance au-delà des frontières du royaume de Hongrie. Pour de multiples raisons, les liens entre les Hongrois de Moldavie et leur patrie d’origine étaient ténus. Au fil du temps, leurs élites se sont éteintes et leur statut privilégié de paysans affranchis a été aboli. Avec l’affaiblissement des Franciscains hongrois, toute forme institutionnalisée de culture hongroise a disparu de Moldavie. Les contacts avec les Sicules de Transylvanie se sont perpétués, bien que de manière sporadique ; jusqu’au XIXe siècle, des familles ont continué, pour diverses raisons, à franchir les Carpates pour venir s’installer en Moldavie. Un nombre important de colons sont arrivés après le massacre de Sicules perpétré à Madéfalva en 1764 (le « siculucidium»).

17.       Quoi qu’on puisse dire sur la langue des Csangos, une chose est sûre : c’est une forme du hongrois qui appartient au groupe finno-ougrien. Ce groupe ethnique est resté à l’écart du développement culturel de la Hongrie et sa langue n’a pas été affectée par le renouveau de la langue hongroise aux XVIIIe et XIXe siècles. La forme la plus ancienne de ce dialecte, le csango septentrional, a conservé de nombreux éléments du hongrois tel qu’il était parlé à la fin du Moyen Âge. D’autres éléments, propres à cette aire linguistique, sont venus s’y ajouter. Du fait de leur dispersion géographique et de leur isolement relatif, la langue des Csangos n’est pas homogène, mais les locuteurs des différentes variantes dialectales se comprennent entre eux. De même, les personnes qui parlent encore le csango comprennent le hongrois moderne, ce que prouve la prolifération des antennes destinées à capter TV Duna, une chaîne diffusant en hongrois, dans les villages csangos.

18.       Les dialectes csangos offrent la possibilité tout à fait exceptionnelle de pouvoir étudier les effets de l’isolement sur la conservation de la langue et sur l’apparition d’éléments nouveaux. Ils fournissent aussi toute une série d’exemples instructifs sur les influences mutuelles entre deux langues appartenant à des familles linguistiques complètement différentes. Ce dialecte moldave, appartenant à la famille des langues finno-ougriennes, s’est enrichi de nombreux éléments lexicaux indo-européens par l’intermédiaire du roumain. De la même manière, le dialecte roumain de Moldavie a fait de nombreux emprunts au hongrois, en particulier dans le domaine de l’agriculture, de l’artisanat et de l’administration.

19.       Aujourd’hui, en Moldavie, l’école et l’Église utilisent la langue roumaine. Notre ancien collègue, le sénateur Dumitrescu, m’a expliqué que le ministère de l’Education propose aussi un enseignement en ukrainien et l’étude de la langue maternelle pour les enfants polonais, rom et russes qui vivent en Moldavie. Toutefois, le hongrois n’est pas enseigné dans les villages csangos. La plupart des Csangos sont donc incapables d’écrire leur propre langue. Le hongrois a été pendant des siècles la langue de la vie familiale et de la communauté villageoise. La culture épique, celle des contes et légendes, transmise par tradition orale et que les personnes âgées connaissent encore bien, a largement contribué à la perpétuation de la langue.

20.       Mais les dialectes csangos sont maintenant en voie d’extinction et risquent de disparaître complètement d’ici une à deux générations. L’éclatement des communautés villageoises traditionnelles, qui s’est produit au cours des XIXe et XXe siècles dans les pays d’Europe centrale et orientale, touche aussi les villages csangos, comme on pouvait s’y attendre. La langue roumaine, enseignée dans les écoles, a une place beaucoup plus importante chez les jeunes que le hongrois appauvri pratiqué dans les familles. Le roumain est en situation de monopole du fait de la culture officielle et des médias et les jeunes utilisent de moins en moins leur langue maternelle pour communiquer entre eux.

21.       A défaut de mesures officielles et énergiques pour défendre la langue csango, l’Europe verra immanquablement disparaître un élément de son patrimoine qui a su préserver les traces de son développement culturel et allier les influences réciproques qui ont produit cette symbiose ethnique entre Hongrois et Roumains. Il convient de noter que dans le groupe septentrional, qui est le plus intéressant d’un point de vue linguistique et ethnographique, aucune personne de moins de 40 ans ne parle le csango.

22.       Dans les cultures isolées, les traditions gardent toute leur puissance, ce qui est d’autant plus vrai des Csangos, qui sont essentiellement des paysans. D’où le caractère éminemment traditionnel de leur costume national (broderie et tissage) et de leur céramique. Cependant, depuis quelques années, le costume traditionnel cède de plus en plus la place à des vêtements de fabrication industrielle.

23.       Les chansons populaires et les ballades csangos puisent directement aux sources les plus archaïques de la musique populaire hongroise. Leur musique instrumentale et leur grand répertoire de danses ont beaucoup d’éléments en commun avec ceux des villages roumains environnants. Les danses en couple et les danses d’hommes qui ont traversé l’Europe d’Ouest en Est à la Renaissance ne sont pas parvenues jusqu’aux Carpates orientales. A cette même époque, les formes les plus développées et sophistiquées de danse folklorique apparaissaient dans les villages roumains et hongrois de Transylvanie, à l’est et au sud des Carpates, et les danses médiévales en chaîne ouverte ou fermée atteignaient à la perfection. Les Csangos perpétuent les formes spéciales de danse folklorique de leurs voisins roumains. Dans certains villages, on compte jusqu’à plus de trente danses folkloriques différentes.

24.       Parmi leurs instruments de musique, on en trouve d’aussi anciens que la cornemuse, le luth, la trompe et la flûte champêtre à six trous, mais aussi le violon, l’accordéon et le tambour. Dans certains villages, on trouve des cornemuses de type balkanique et dans d’autres, une forme ancienne de cornemuse hongroise qui ne se rencontre qu’en Moldavie.

25.       La musique vocale populaire hongroise, tout comme les costumes folkloriques, sont caractéristiques de la pauvreté. Jusqu’à une époque récente, les ballades et chants populaires csangos étaient les plus vivants du folklore hongrois. Ils conservaient aussi des traces anciennes de ballades et de chants populaires roumains. Le folklore était florissant. Certains chants étaient réservés pour les mariages ou pour d’autres événements importants et de nouvelles ballades étaient composées pour commémorer des grands événements. Mais ce folklore est lui aussi en perte de vitesse.

26.       On a déjà évoqué la force de la foi catholique romaine chez les Csangos. Ce n’est pas un hasard si l’archevêque de Bucarest, ainsi que l’inspecteur de l’éducation religieuse et représentant de l’évêque de Iasi (la capitale moldave), et la grande majorité des prêtres sont tous d’origine csango.

27.       Jusqu’à la fin du XVIe siècle, la Moldavie comptait deux diocèses, dont la charge a ensuite été progressivement reprise par le nouveau siège épiscopal de Bacau, tandis qu’un monastère franciscain était fondé dans cette même ville à partir de la province franciscaine de Transylvanie. Aux XVIe et XVIIe siècles, les guerres et la pauvreté ont privé de nombreuses communautés catholiques de Moldavie de leurs prêtres, dont certains ont ensuite été remplacés par des moines et des prêtres italiens et polonais. En 1884, le diocèse de Bacau a été dissout, alors qu’un archevêché était créé à Bucarest et un évêché à Iasi. En 1895, une loi est venue interdire l’utilisation du catéchisme bilingue.

28.       Aujourd’hui, les Csangos cherchent à chanter leurs anciens hymnes religieux (en dialecte) à l’église, comme ils l’ont fait jusque dans les années 50, et souhaitent avoir la messe en hongrois, ce qu’ils n’ont jamais eu. S’ils acceptent la nécessité de défendre la langue csango, les représentants de l’église catholique, tant à Iasi qu’à Bucarest, rejettent ces demandes au motif qu’elles auraient été « inventées » par des « laïcs », sous l’influence de la propagande nationaliste hongroise. L’évêque de Iasi nous a précisé que les personnes qui le souhaitent peuvent se confesser dans leur langue maternelle.

29.       Le principal argument en faveur de la messe en roumain est que les 260.000 catholiques de Moldavie comprennent tous cette langue ; par contre, tous ne comprennent pas le dialecte csango ou le hongrois. D’un autre côté, l’évêché de Iasi a constitué une commission, présidée par le professeur Despinescu, pour étudier la possibilité de mettre le dialecte csango par écrit et d’organiser un référendum auprès de la population catholique pour évaluer la demande de services religieux en dialecte.

30.       Quoi qu’il en soit, rien ne semble justifier le fait que l’évêché de Iasi ait interdit, l’an dernier, à un prêtre de langue hongroise de Miercurea Ciuc de dire une messe dans cette langue dans un village moldave habité par des Csangos, à la demande de ces derniers. Cette messe a eu lieu dans une sorte de bistrot et pratiquement toute la population du village y a assisté.

31.       La législation roumaine prévoit que les parents peuvent choisir la langue dans laquelle leurs enfants sont scolarisés (article 180 de la Loi de 1995 sur l’éducation). Il y a trois possibilités : enseignement en roumain ; enseignement dans la langue maternelle avec cours d’histoire et de géographie en roumain et enseignement en roumain avec la langue maternelle en option (cette dernière solution est retenue par la plupart des Csangos). Les Csangos, et leurs associations, demandent que leur droit à l’éducation dans leur langue maternelle soit respecté. Il faut signaler que leurs réclamations restent très en deçà de ce qui est accordé aux Hongrois de Roumanie, que ce soit dans les départements de Hargita et Covasna, où ils sont majoritaires, ou dans d’autres régions de Transylvanie.

32.       Les autorités locales de Bacau affirment vouloir respecter les normes européennes et appliquer leur propre loi. Elles font cependant valoir que le dialecte csango (qui ne s’écrit plus) n’est pas une langue. Ce n’est pas en introduisant l’enseignement du « hongrois littéraire » qu’elles aideront les Csangos, qui, à les croire, ne comprennent même pas cette langue. De plus, elles n’auraient pas les capacités de financer l’enseignement en hongrois ; par ailleurs, les enfants dont les parents veulent cet enseignement comptent parmi les moins bons élèves et ne seraient pas en mesure d’étudier une discipline supplémentaire. Cependant, tous ces arguments ne justifient pas de ne pas appliquer la législation.

33.       Des parents réclament des cours de hongrois pour leurs enfants depuis 1977 ; il ne fait aucun doute qu’il y a une demande pour l’enseignement du hongrois dans certains villages csangos. Le fait que certaines familles envoient leurs enfants dans des écoles de langue hongroise en Transylvanie en est la preuve. J’ai visité l’une de ces écoles dans le village de Guimes et j’ai pu me rendre compte que sur la centaine d’élèves que comptait cette école, environ un tiers venaient de Moldavie. En dépit des dispositions très claires de la loi roumaine et des demandes répétées des parents au cours des quatre ou cinq dernières années, cette discipline n’est enseignée dans aucune des écoles concernées. Certains parents qui ont demandé des cours de hongrois pour leurs enfants indiquent qu’ils ont fait l’objet de pressions de la part des directeurs d’école ou des prêtres.

34.       Il semble que les autorités roumaines manquent de volonté (au niveau local) et de moyens (au niveau central) pour appliquer leur propre loi sur l’éducation.

35.       Pour encourager les Csangos qui souhaitent défendre activement les valeurs culturelles particulières — et importantes à l’échelle européenne — qui sont les leurs, la situation actuelle doit changer. Ces valeurs ne doivent pas être associées à la pauvreté ou à l’isolement, ni être méprisées. Le seul moyen d’éviter cet écueil est de renforcer l’assise culturelle et économique de cette population.

i.       Les parents doivent être informés de la Loi roumaine sur l’éducation et des instructions doivent être données en ce qui concerne les modalités d’application des dispositions relatives aux langues.

ii.       La possibilité de bénéficier d’une éducation dans sa langue maternelle doit être garantie, conformément à la Constitution roumaine et à la législation sur l’éducation. Dans le même temps, des salles de classe devraient être prévues dans les établissements scolaires locaux, et les professeurs qui enseignent la langue csango dans les villages devraient être payés.

iii.       Il devrait y avoir une possibilité de suivre des offices religieux catholiques en langue csango dans les églises des villages csangos, et les Csangos devraient pouvoir chanter les cantiques dans leur langue maternelle.

iv.       Les associations csangos, comme l’association des Csango-Hongrois de Moldavie (ACHM), devraient être officiellement reconnues et intégrées à la liste du Conseil pour les minorités nationales. Une attention particulière devra être portée au recensement correct de la minorité csango lors du prochain recensement officiel.

v.       L’accès aux médias modernes doit être encouragé. Une aide financière devrait être accordée aux associations csangos pour qu’elles puissent faire paraître une publication mensuelle et animer une radio locale.



vi.       Un institut local devrait être créé pour promouvoir la culture csango, dans le cadre des mesures visant à sensibiliser la population à cette culture et à cultiver le respect des minorités.

vii.       Une campagne d’information devrait être lancée en Roumanie pour faire connaître la culture csango et les avantages d’une coopération entre la majorité et les minorités.

viii.       Un comité international d’experts devrait être créé pour étudier la culture csango.

ix.       Les caractéristiques linguistiques et ethnographiques des Csangos devraient être dûment répertoriées.

x.       Il conviendrait de favoriser le développement économique de la région, notamment grâce à l’implantation de petites et moyennes entreprises dans les villages csangos.

Annexe 1

Bibliographie

1.        La protection des minorités nationales en Roumanie

•        La situation des Csangos ("ceangăi" dans la langue roumaine) est abordée par les autorités roumaines dans le contexte, plus général, de la promotion et de la protection des minorités nationales.

•        La promotion et la protection des droits de l'homme, y compris les droits des personnes appartenant aux minorités nationales, sont devenues un objectif de première importance de la politique roumaine.

•        La Roumanie attache une importance égale à la protection de toutes les minorités nationales, culturelles, linguistiques, religieuses qui vivent sur son territoire, et considère que leur culture et civilisation constituent une richesse pour le patrimoine national.

2.        Considérations générales sur les Csangos

•        Le nom de "Csango" est apparu relativement récent. Il a été utilisé, pour la première fois, par Petru Zold, en 1780.

•        Sous le nom de Csangos sont identifiés deux groupes ethniques différents:

•        Concernant leur nombre, conformément au plus récent recensement (le 7 janvier 1992), 2062 personnes se sont déclarées Csangos (1352 en Moldavie, 81 en Valachie, 100 en Dobroudja, 7 en Olténie, 472 en Transylvanie et 50 en Banat, Crisana et Maramures).

La Roumanie garantit pour ses citoyens le droit à l'auto-identification ethnique, religieuse, linguistique, conformément aux standards internationaux. L'article 3 de la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales stipule que "toute personne appartenant à une minorité nationale a le droit de choisir librement d'être traitée ou ne pas être traitée comme telle" " et l'article 32 du Document de la Réunion de Copenhague sur la dimension humaine de la CSCE stipule que "l'appartenance à une minorité nationale est une question relevant d'un choix personnel".

•        Relativement à la langue parlée par les Csangos, il n'existe pas de données sûres concernant le nombre des Csangos qui parlent ladite "langue hongroise archaïque" évoquée dans le rapport. Conformément au recensement de 1992, parmi les 2062 personnes qui se sont déclarées Csangos, 1489 ont comme langue maternelle la langue roumaine, 403 la langue hongroise, 20 les langues d’autres minorités et 150 "une autre langue". On estime que ceux qui ont déclaré "une autre langue maternelle" (150) parlent le patois csango. Selon les données du même recensement, parmi les 5895 personnes de nationalité hongroise de Moldavie, 5270 ont déclaré la langue maternelle hongroise, 621 la langue roumaine et 4 une autre langue.

3.        L'enseignement dans la langue csango

•        La nouvelle Loi de l'enseignement (la Loi no. 151/1999) assure pour les minorités nationales le droit d'étudier et de s'instruire dans leur langue maternelle à tous les niveaux et formes d'enseignement ainsi que l'établissement d'institutions d'enseignement supérieur multiculturel.

•        Les autorités roumaines sont préoccupées à assurer l'enseignement dans la langue csango, mais il y a des difficultés réelles dues au fait que:

•        Le Ministère de l'Education et de la Recherche (MER) a reçu plusieurs demandes pour l'étude de la langue hongroise dans quelques localités du département de Bacău. Ces demandes ont été envoyées non par les parents, mais par l'Association des Csangos Hongrois de Moldavie (conformément a l'Ordre du Ministre de l'Education no.3113 du 31 janvier 2000, les organisations des personnes appartenant aux minorités nationales ont la possibilité de formuler telles demandes au nom des personnes qu'ils représentent).

•        Nous sommes préoccupés de la préservation de la langue csango qui représente une vraie valeur pour le patrimoine culturel européen. Cependant, nous ne pouvons pas partager l'idée du rapport que l'enseignement en langue hongroise sera une solution.

4.        L'identité religieuse

•        Du point de vue religieux, la plupart des Csangos sont catholiques romains, appartenant à la diocèse de Iasi.

•        Il y a des documents suffisants qui attestent que, dès le début du processus de catholisation des habitants de Moldavie, la plupart des croyants étaient Roumains, même si quelques-uns ont essayé, toujours, a identifier la population catholique de Moldavie dans son ensemble avec la population d'origine hongroise.

•        En Roumanie, les cultes religieux sont autonomes par rapport à l'État. Ils sont organisés et déploient leur activité en vertu de leurs statuts. Les confessions religieuses peuvent faire usage pour les manifestations confessionnelles de la langue maternelle de leurs fidèles.

•        Il faut remarquer que la plupart des Csangos ne s'identifient pas comme une minorité ethnique, mais comme une minorité religieuse, et qu'ils se déclarent comme "catholiques" ou "catholiques roumains". Le grand érudit et prince roumain Dimitrie Cantemir, quand il faisait référence aux catholiques de Moldavie, remarquait que ceux-là se déclaraient "catholiques, tant selon leurs parents, que selon leur religion". Beaucoup d'entre eux considèrent le nom de Csangos, qui leur a été donné par les savants hongrois au début du XVIII-ème siècle, comme péjoratif.

•        Comment nous l'avons montré, la plupart des catholiques de Moldavie sont de nationalité roumaine.

5.        Considérations sur les propositions formulées dans le rapport en faveur de la préservation de la culture csango

•        Nous saluons une grande partie des propositions concrètes faites à la fin du rapport: la sauvegarde de la langue csango, la création de petites et moyennes entreprises dans ces régions, la coopération entre la majorité et les minorités, la création d'emplois etc.

•        Lorsque la langue csango connaîtra aussi une forme écrite, d'autres desiderata pourront aussi être réalisés: enseignement, service religieux, médias en csango, s'il existeront des demandes de la part de ceux qui parlent le csango.

•        La Loi sur l'organisation de l'administration publique et du régime général de l'autonomie locale, récemment adoptée par le Parlement roumain, garantit la possibilité d'utiliser la langue csango dans l'administration et de placer des enseignes bilingues à l'entrée des localités, là où le pourcentage des parleurs de la langue csango représente plus de 20% de la population totale de la localité.

•        La Loi de l'enseignement prévoie que, pour l'enseignement élémentaire dispensé dans les langues des minorités nationales, l'Histoire et la Géographie de la Roumanie sont enseignées dans la langue maternelle et au niveau de l'enseignement du second degré, l'Histoire et la Géographie sont enseignées en roumain.

•        Quelques propositions ont été déjà mises en œuvre. Une association des Csangos a été fondée à Sfantu Gheorghe (le département de Covasna) et transféré à Bacãu. Elle est reconnue officiellement par les autorités roumaines. Il s'agit de l'Association des Csangos Hongrois de Moldavie.

•        En Roumanie, il y a des prestigieux instituts nationaux qui étudient les différents aspects relatifs aux caractéristiques ethniques, linguistiques, culturelles, religieuses des minorités vivant sur le territoire roumain. Nous aimerions évoquer seulement quelques-unes: l’Académie Roumaine, l'Institut Roumain pour les Droits de l'Homme, l'Institut pour Etudes Ethniques, l'Institut d'Ethnographie et de Folklore, l’Institut d'Etudes Socio-Humaines de Targu-Mures etc. En même temps, il est à signaler l'établissement, dans un proche avenir, de l'Institut pour les Minorités Nationales. Certains instituts ont étudié la culture des Csangos mais, nous sommes d'accord que ces recherches doivent être continuées et approfondies.

•        Relativement au futur recensement, qui aura lieu en 2002, on a créé un comité inter-ministeriel chargé, entre autres, de trouver des solutions pour que la structure ethnique, linguistique, religieuse de la population de Roumanie soit aussi fidèlement reflétée que possible, en vertu du droit de chaque personne de déclarer librement son appartenance ethnique, linguistique, religieuse.

•        Les aspects pratiques liés à l'affirmation, le développement et la promotion de l'identité ethnique, culturelle, linguistique et religieuse des minorités nationales sont à l'attention de plusieurs ministères et départements, et surtout, du Département pour les Relations Inter-ethniques (dans le cadre du Ministère des Informations Publiques). Le nombre important de personnes appartenant aux minorités nationales qui travaillent et qui sont en fonctions de direction dans ces institutions représente une preuve des préoccupations de l'Etat roumain pour la protection des minorités nationales. Nous sommes convaincus que cela est en mesure de contribuer, d'une manière importante, à l'étude de la culture csango et, surtout, à l'étude du dialecte archaïque hongrois parlé par une partie des Csangos et considéré comme une richesse linguistique importante pour l'histoire de la culture hongroise.

•        Nous sommes heureux de constater que la préoccupation pour l’étude des Csangos s’est développée les dernières années, tant au niveau national qu’au niveau international.

Commission chargée du rapport: commission de la culture, de la science et de l’éducation

Renvoi en commission: Doc. 8713 et renvoi n° 2501 du 16 mai 2000

Projet de recommandation: adopté par la commission le 26 avril 2001 avec 3 voix contre

Membres de la commission: MM. Rakhansky (Président), de Puig, Risari, Billing (Vice-Présidents), Akhvlediani, Arzilli, Asciak (Remplaçant : Debono Grech), Bartumeu Cassany, Berceanu, Berzinš, Birraux (Remplaçant : Bockel), Mme Castro, MM. Cherribi, Cubreacov, Mme Damanaki, MM. Dias, Dolazza, Duka-Zólyomi, Fayot, Mme Fernández-Capel (Remplaçante : Mme Agudo), MM. Galoyan, Goris, Hadjidemetriou, Haraldsson, Hegyi, Henry, Higgins, Irmer, Mme Isohookana-Asunmaa, M. Ivanov (Remplaçante: Mme Poptodorova), MM. Jakic, Kalkan, Mme Katselli, MM. Kofod-Svendsen, Kramaric, Mme Kutraité Giedraitiené (Remplaçante : Mme Mikutiene), M. Lachat, Mme Laternser, MM. Lekberg, Lemoine, Lengagne, Libicki, Liiv, Mme Lucyga, MM. Maass, Marmazov, Mateju, McNamara, Melnikov (Remplaçant: Gostev), Mignon, Minarolli, Nagy, Mme Nemcova, MM. Nigmatulin, O’Hara (Remplaçante: Mme Cryer), MM. Pavlov, Pinggera, Plattner (Remplaçante : Mme Nabholz Haidegger), MM. Prisǎcaru, Rapson (Remplaçant : Hancock), Roseta, Mme Saele, M. Saglam, Mme Schicker, MM. Schweitzer, Seyidov, Shaklein (Remplaçant: Ustiugov), Sudarenkov, Symonenko (Remplaçant : Khunov), Tanik, Tudor, Turini (Remplaçant : Martelli), Urbanczyk, Vakilov, Valk, Wilshire (Remplaçant : Jackson), Wittbrodt, Wodarg, Xhaferi.

N.B. Le nom des membres présents à la réunion est en italiques

Secretariat de la commission : M. Grayson, M. Ary, Mme Theophilova-Permaul, M. Torcătoriu