5.       Depuis le naufrage de l’Erika, la Commission européenne a joué un rôle moteur dans le renforcement de la sécurité maritime de l’Europe, mais aussi au plan international. Certaines des mesures qu’elle a préconisées ont ainsi été reprises au sein de l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

Etats membres

Taux d’inspection

Allemagne

21,78%

Belgique

29,00%

Danemark

25,50%

Espagne

30,28%

France

09,63%

Grèce

28,13%

Irlande

21,05%

Italie

43,54%

Pays-Bas

23,47%

Portugal

28,45%

Royaume-Uni

27,89%

Suède

23,09%

 

Etats-Unis
(OPA 90)

International (MARPOL)

Union européenne

Catégorie 1 : Pétroliers à simple coque, taille « MARPOL », sans citerne protectrice

2010

2007

2007

Catégorie 2 : Pétroliers à simple coque, taille « MARPOL », avec protection partielle de la zone des citernes de cargaison

2010/2015

2015

2015

Catégorie 3 : Pétroliers à simple coque au-dessous de la taille « MARPOL » (moins de 20 000 tpl)

2015

2015

2015

 

Règles en vigueur

Nouvelles règles proposées

Limites d’âge

Comprises entre
26 et 30 ans

Comprises entre
23 et 28 ans

Date de retrait pour les pétroliers de catégorie 1

2007

2005

Date de retrait pour les pétroliers de catégorie 2

2015

2010

Date de retrait pour les pétroliers de catégorie 3

2015

2010

110.       Dans sa communication sur le renforcement de la sécurité maritime suite au naufrage du pétrolier Prestige du 19 noveembre 2002, la Commission regrette la lenteur de l’adoption et de la mise en œuvre de ses propositions, alors que – souligne-t-elle – « les Etats membres s’étaient engagés lors de la réunion du Conseil européen de Nice, les 7, 8 et 9 décembre 2000, à mettre en œuvre de façon anticipée les dispositions agréées à 15, dès lors qu’elles ne nécessitent pas un agrément international ».

111.       Or, lorsqu’on examine l’état de la transposition des paquets Erika I et II, on constate que les Etats membres n’ont pas tous satisfait à l’engagement pris au Conseil européen de Nice. D’après le rapport présenté par la Commission au Conseil européen du 21 mars 2003, seuls l’Allemagne, le Danemark et l’Espagne sont cités comme ayant procédé à cette transposition.

112.       S’agissant plus particulièrement de la directive 2001/106/CE du 19 décembre 2001 relative au contrôle par l’Etat du port, le tableau ci-dessous fait apparaître que seuls la France et les Pays-Bas n’ont pas atteint en 2002 le taux de 25 % des contrôles exigés.

Taux des contrôles effectués en 2002 par l'Etat du port

Etat membre

Taux de contrôles
effectués

Allemagne

26,0 %

Belgique

26,0 %

Danemark

25,5 %

Espagne

30,0 %

Finlande

34,0 %

France

16,0 %

Grèce

29,0 %

Irlande

30,0 %

Italie

43,5 %

Norvège

25,0 %

Pays-Bas

24,0 %

Portugal

28,0 %

Royaume Uni

27,9 %

Suède

27,0 %

Source : Ministère français de l’équipement et des transports.

113.       En ce qui concerne la France, la Commission l’a poursuivie devant la Cour de Justice des Communautés européennes, en juin 2002, à un moment où le taux des contrôles s’établissait à moins de 10 %. Dans un arrêt du 22 juin 2004, la Cour a estimé que le recours introduit par la Commission était fondé.

114.       Bien que le contrôle exercé par les inspecteurs français soit de très grande qualité, le faible taux de leur contrôle est imputable au fait que le corps des inspecteurs, en raison du non-remplacement systématique des fonctionnaires partis en retraite, avait enregistré, dans la seconde moitié des années 90, une perte de 50 % de ses effectifs.

115.       Quant au Pays-Bas, la Commission leur a adressé un avis motivé signalant le non-respect en 2002 du seuil requis de 25 %, ce qui était déjà le cas en 2001, puisque le taux des contrôles avait alors atteint 23,6 %. Une telle situation serait due aux difficultés de recrutement rencontrées par les autorités néerlandaises.

116.       Le retard apporté au fonctionnement de l’Agence européenne de sécurité maritime fournit une autre illustration des carences des Etats membres. Ainsi, aura-t-il fallu attendre le Conseil européen de Bruxelles du 12 décembre 2003, pour que le siège de l’Agence ait été fixé à Lisbonne, d’ailleurs, dans le cadre d’une vaste négociation sur le siège de plusieurs autres institutions européennes !

117.       Enfin, pour ce qui est de l’affaire délicate des lieux de refuge, il apparaît clairement que de nombreux Etats membres sont hostiles à la proposition de la Commission de publier une liste, celle-ci n’ayant donc pu être établie au 1er juillet 2003 comme l’avait souhaité la Commission. En réalité, la majorité des Etats membres se prononce plutôt en faveur d’un traitement au cas par cas, tout en écartant l’idée d’une liste.


1 () Dans la procédure de discussion d’un texte, l’accord politique préfigure la position commune qui n’est, en principe, et officiellement arrêtée, qu’après l’avis du Parlement européen.

2 () Outre la Russie, il s’agit des Etats suivants : Danemark, Finlande, Norvège, Suède et Pays-Bas. Ces différents Etats ont versé chacun 10 millions d’euros et la Commission 50 millions d’euros.