RECOMMANDATION
1047 (1986) [1]
relative
aux dangers de la boxe
L'Assemblée,
1. Rappelant
sa Recommandation 963 (1983) relative aux moyens culturels et éducatifs de
réduire la violence, et la Convention européenne sur la violence et les débordements
de spectateurs lors de manifestations sportives et notamment de matches de
football;
2. Déterminée à établir
une distinction entre le sport et le pugilat violent légitimé, et gravement
préoccupée de ce fait par la justification d'un grand nombre d'aspects de
la boxe sportive (et surtout de la boxe professionnelle) dans une société moderne
civilisée;
3. Soulignant
les effets immédiats et à long terme de la boxe, notamment sur la santé mentale
des boxeurs, et ses conséquences sociales néfastes pour les spectateurs ;
4. Appuyant
les recommandations formulées, par exemple par l'Association médicale mondiale,
par l'Association médicale britannique et par l'Association médicale américaine,
en vue de l'adoption de mesures plus sévères dans la pratique actuelle de
ce sport afin de protéger les boxeurs;
5. Insistant
sur la nécessité d'une coopération à l'échelle mondiale des gouvernements,
des associations de boxe indépendantes et d'autres organes sportifs nationaux
et internationaux, y compris le Comité international olympique, pour assurer
la mise en oeuvre de ces recommandations dans les domaines de la boxe amateur
et de la boxe professionnelle;
6. Établissant
une distinction entre les aspects commerciaux et non commerciaux de la boxe;
7. Déplorant
la promotion de la boxe à des fins de profit commercial (dont témoigne, par
exemple, la prolifération des organismes de boxe internationaux) et l'exploitation
sans scrupule dont font souvent l'objet les boxeurs en puissance issus de
milieux sociaux défavorisés;
8. Estimant
que les gouvernements et les mass media ont le devoir d'informer le public
des effets néfastes potentiels de la boxe, en tant que sport et en tant que
spectacle, et des dangers qu'elle entraîne pour la société et pour la vie
humaine, et que les parlements nationaux ont une responsabilité particulière à cet égard;
9. Accueillant
avec satisfaction le fait que la plupart des associations de boxe amateur
et plusieurs États membres ont déjà soumis la boxe à des règles restrictives,
10. Recommande
au Comité des Ministres de faire effectuer, par l'intermédiaire du Comité directeur
pour le développement du sport, au niveau européen et en association avec
les fédérations de boxe, les organismes médicaux et autres organes appropriés,
une enquête exhaustive sur les effets directs et indirects de la boxe, cette
enquête devant déboucher, dans un délai précisé, sur la formulation de propositions
concrètes de modifications sur les plans médical, technique, fiscal et autres,
de nature à entraîner:
i.
une information accrue et améliorée sur les risques médicaux et sociaux de
la boxe en général;
ii.
un accroissement de la sécurité (éventuellement, par exemple, par l'introduction
d'examens au scanner périodiques obligatoires du cerveau);
iii.
une diminution des risques (éventuellement, par exemple, par l'exclusion
automatique des boxeurs présentant des anomalies cérébrales);
iv.
des restrictions sur les aspects commerciaux de la boxe et sur la couverture
par les médias.
[1] Discussion
par l'Assemblée le 24 septembre 1986 (18e et 19, séances) (voir Doc. 5541,
rapport de la commission de la culture et de l'éducation, et Doc. 5548,
avis de la commission des questions sociales et de la santé).
Texte adopté par l'Assemblée le 24 septembre 1986 (19e séance).
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