RECOMMANDATION
1098 (1989)[1]
relative
à la coopération audiovisuelle Est-Ouest
L'Assemblée,
1.
Notant le rapport intérimaire de sa commission de la culture et de l'éducation
(Doc. 5997) sur le Colloque « Cinéma et télévision: l'audiovisuel
comme vecteur de communication entre l'Europe de l'Est et de l'Ouest »,
que celle-ci a organisé à Orvieto du 26 au 28 octobre 1988 à titre de
contribution à l'Année européenne du cinéma et de la télévision;
2.
Rappelant sa Recommandation 862 (1979) sur le cinéma et l'État et ses
Recommandations 926 (1981) relative aux questions posées par la télévision
par câble et par la radiodiffusion directe au moyen de satellites, 996 (1984)
relative à l'action du Conseil de l'Europe en matière de médias et 1067
(1987) relative à la dimension culturelle de la radiodiffusion en Europe;
3.
Rappelant également ses récents rapports relatifs à la coopération
Est-Ouest, et en particulier la Recommandation 1075 (1988) relative à la coopération
culturelle européenne et la Résolution 909 (1988) sur les relations
Est-Ouest (Politique générale du Conseil de l'Europe);
Dialogue
ouvert et échanges
4.
Convaincue que le domaine audiovisuel représente un secteur essentiel
de communication et de coopération entre les pays,
les peuples et les personnes d'Europe de l'Est et de l'Ouest, notamment en
raison des initiatives politiques positives actuelles vers un dialogue plus
ouvert et des développements technologiques tels que la radiodiffusion
directe par satellite;
5.
Se félicitant de la volonté accrue de l'Union Soviétique et de
certains autres pays d'Europe de l'Est de participer à des discussions
ouvertes sur les questions audiovisuelles, comme lors du Colloque d'Orvieto,
et de conclure des accords bilatéraux spécifiques et éventuellement
multilatéraux;
6.
Consciente des échanges existants de matériels audiovisuels, soit
bilatéralement, soit par l'intermédiaire de festivals cinématographiques ou
d'organismes tels que l'UER et l'OIRT, mais convaincue qu'il persiste encore
une sérieuse lacune en matière d'information et qu'il importe d'encourager
une circulation bien plus grande de l'information, des matériels et des
personnes entre l'Europe de l'Est et de l'Ouest;
7.
Notant également que la circulation actuelle du matériel audiovisuel
se fait essentiellement de l'Ouest vers l'Est, et estimant que des efforts spéciaux
sont nécessaires pour corriger cette tendance par des améliorations de la
production du matériel est-européen et de sa distribution à l'Ouest
(facilités pour le sous-titrage ou le doublage et formation aux techniques de
commercialisation) ;
8.
Soulignant le rôle joué par les contacts à tous les niveaux dans ce
domaine et la nécessité de développer des réseaux pour la circulation du
matériel audiovisuel et de l'information le concernant;
9.
Notant, en outre, d'autres moyens d'améliorer les contacts et l'échange
d'information tels que:
-
les téléponts,
-
l'échange de personnes (artistes ou techniciens),
-
les véritables coproductions;
Rôle
de l'État
10.
Convaincue que la créativité audiovisuelle et la circulation de
l'information doivent être exemptes des contraintes économiques et
commerciales, ainsi que du contrôle politique et de la censure;
11.
Estimant que l'État continue de jouer un rôle essentiel dans le
maintien de normes culturelles et, partant, dans l'aide à la production et
dans la garantie d'une libre circulation;
12.
Se félicitant du fait que la Convention européenne sur la télévision
transfrontière doit en principe être ouverte aux pays non membres, et
invitant les pays d'Europe de l'Est à envisager de développer leurs
politiques et pratiques audiovisuelles de manière à pouvoir faciliter leur
adhésion, le moment venu, à ce cadre de base;
13.
Soulignant cependant la nécessité de poursuivre la coopération
intergouvernementale, afin que ce cadre puisse être élargi à la totalité
du domaine audiovisuel;
Secteurs
spécifiques de coopération
14.
Notant l'intérêt particulier sur le plan Est-Ouest d'une coopération
intergouvernementale dans des secteurs techniques spécifiques tels que:
a.
un recueil de la législation audiovisuelle européenne;
b.
des
statistiques sur la production, la distribution (et la circulation des
programmes) et les publics;
c.
le catalogage du matériel d'archives;
d.
la
mise au point de technologies (par exemple la radiodiffusion plurilingue et la
télévision à haute définition) ;
15.
Notant que l'éducation et la formation sont également un secteur clé
où l'on pourrait utilement développer la coopération audiovisuelle
Est-Ouest, notamment grâce à:
a.
l'enseignement à distance, surtout dans les matières scientifiques ou les
arts visuels;
b.
l'éducation
à l'audiovisuel, en particulier la recherche, la formation des enseignants et
les échanges;
c.
la formation des techniciens, et l'échange des techniques, de la technologie
et des personnes;
16.
Soulignant également la nécessité de poursuivre la coopération
internationale pour la protection de la propriété littéraire et artistique
(droits d'auteur), ainsi que les droits voisins, en élaborant et en
appliquant dans toute l'Europe des réglementations concernant ces questions,
y compris celle de la piraterie audiovisuelle;
Coopération
européenne
17.
Estimant qu'il est dans l'intérêt de la qualité et de la diversité
culturelle de la production audiovisuelle en Europe (de l'Est et de l'Ouest)
que la coopération dans ce domaine se fasse sur la plus large base européenne
possible;
18.
Convaincue qu'un accent particulier doit être placé sur la dimension
Est-Ouest dans toute la coopération audiovisuelle européenne, que ce soit au
niveau du Conseil de l'Europe (dans le cadre de projets tels que « Eurimages
») ou des activités de la Communauté européenne (le projet MEDIA et
l'Office de distribution des films), ou encore du projet « EUREKA
audiovisuel » récemment proposé;
19.
Estimant
cependant que le Conseil de l'Europe est l'institution
qui se prête le mieux au développement de la coopération Est-Ouest;
20.
Notant que le Comité des Ministres a estimé que « le débat qui
a eu lieu dans la plus grande enceinte parlementaire européenne est
indispensable pour le renforcement de l'identité culturelle européenne et
pour le développement de la coopération dans le plus grand espace géographique
européen possible » (réponse à la Recommandation 1075);
21.
Invitant sa commission de la culture et de l'éducation à poursuivre
et à intensifier les contacts qui ont été pris à l'occasion du Colloque
d'Orvieto, et à continuer à développer les propositions de coopération
dans le domaine audiovisuel à la lumière des colloques futurs et dans le
contexte d'une étude plus générale des questions soulevées par l'Armée
européenne du cinéma et de la télévision;
22.
Notant que les propositions de coopération européenne présentées
lors de la dernière Conférence ministérielle européenne sur la politique
des communications de masse (Stockholm, 23-24 novembre 1988) correspondent
dans une large mesure aux conclusions du Colloque d'Orvieto,
23.
Recommande au Comité des Ministres d'examiner immédiatement l'établissement
d'un cadre approprié pour la coopération audiovisuelle Est-Ouest, en se
servant, en premier lieu, le plus largement possible de la Convention
culturelle européenne, mais également en envisageant un instrument plus spécifique.
[1]
Discussion
par l'Assemblée le 2 février 1989 (23e séance) (voir Doc. 5997, rapport
de la commission de la culture et de l'éducation, rapporteur: Mme
Morf), Texte
adopté par l'Assemblée
le
2 février 1989 (23, séance).
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