RECOMMANDATION 1265 (1995)1 relative à
l'élargissement et à la coopération culturelle européenne
1.La Convention culturelle européenne de 1954 a prouvé son importance en tant
qu'instrument essentiel de la coopération culturelle au Conseil de l'Europe. Elle sert
aujourd'hui de base à la coopération de quarante-trois pays dans les domaines de la
culture, du patrimoine, de l'éducation, de la jeunesse et du sport.
2.L'Assemblée, qui a constamment souligné l'importance de cette activité, apprécie
l'aide considérable que les Etats membres du Conseil de l'Europe ont accordée, et
continuent d'accorder, aux activités de la convention impliquant la participation d'Etats
non membres.
3.En même temps, l'Assemblée félicite le Secrétariat du Conseil de l'Europe d'avoir
réussi à mener à bien cet ambitieux programme d'activités avec des ressources
financières et humaines minimales.
4.Ce volume de travail a considérablement augmenté avec l'extension de la
coopération culturelle, depuis 1989, à la majeure partie de l'Europe. A la coopération
multilatérale sont venues s'ajouter l'aide et la formation. Cela nécessite
inévitablement des ressources plus importantes; l'élargissement ne doit en aucune
manière être utilisé comme un moyen de réduire les contributions individuelles des
Etats membres.
5.En conséquence, l'Assemblée demande au Comité des Ministres de faire en sorte que
les réductions frappant les dotations accordées au Fonds culturel et au Fonds pour le
sport en 1994 et en 1995 soient compensées en 1996, et que le programme concernant le
nouveau Centre européen de la jeunesse, à Budapest, soit intégralement financé.
6.L'aspect le plus préoccupant concerne les effectifs en personnel du Secrétariat,
dont la progression a été insuffisante au regard des nouveaux besoins liés à
l'élargissement. Le Comité des Ministres doit donner la priorité à l'accroissement des
ressources humaines dans les secteurs qui traitent d'ores et déjà de la Grande Europe.
7.La possibilité d'un élargissement englobant le continent tout entier a marqué la
renaissance de l'Europe. Le passage à la coopération culturelle, à ce niveau, est une
étape politique importante dans l'évolution de pays qui viennent tout juste de sortir du
totalitarisme; il ne faudrait pas que ce passage soit compromis par des aspirations trop
hâtives à une maturité politique immédiate, c'est-à-dire à la qualité de membre à
part entière.
8.Il faut que les Etats européens qui le souhaitent puissent rejoindre la coopération
culturelle sans rencontrer d'obstacles. L'Assemblée a déjà déclaré, dans la
Recommandation 1239 (1994), que toutes les républiques de l'ex-Yougoslavie doivent
réintégrer la Convention culturelle européenne.
9.L'Assemblée suggère que l'accession à la convention se limite à la zone
géographique que la Recommandation 1247 (1994) propose de retenir aux fins de
l'élargissement du Conseil de l'Europe. En même temps, elle a la conviction que le
processus de la coopération culturelle européenne doit se dérouler, dans toute la
mesure du possible, avec un maximum d'ouverture; c'est la raison pour laquelle
l'Assemblée demande au Comité des Ministres d'examiner favorablement les demandes
émanant d'Etats non européens qui souhaitent être associés à la convention, la
possibilité de bénéficier d'un statut d'association étant subordonnée à l'existence
d'un intérêt mutuel, comme c'est actuellement le cas pour le Canada et Israël, et au
versement d'une contribution financière raisonnable.
10.L'Assemblée demande au Comité des Ministres d'étudier la possibilité de modifier
le statut du Fonds européen pour la jeunesse, afin d'aligner la composition de cet organe
sur celle de la Convention culturelle européenne (le statut du Centre européen de la
jeunesse a déjà été modifié pour la même raison).
11.L'Assemblée se félicite de l'extension virtuelle de la coopération dans le
domaine des médias aux Etats signataires de la Convention culturelle européenne et
propose que le Comité des Ministres renforce le caractère paneuropéen de ses activités
dans ce domaine.
12.L'Assemblée est très consciente que, en raison de l'extension des activités et de
l'élargissement, sa propre contribution à la coopération culturelle a été
sérieusement limitée par la pénurie de ressources humaines et financières, au niveau
tant des parlementaires que du Secrétariat. Elle demande au Comité des Ministres
d'assurer le soutien logistique nécessaire.
__________
1. Discussion par l'Assemblée le 25 avril 1995 (11e séance) (voir
Doc. 7272, rapport de la commission de la culture et de l'éducation, rapporteuse: Mme
Fischer).
Texte adopté par l'Assemblée le 25 avril 1995 (11e séance).
|