RECOMMANDATION 1332 (1997)1 relative aux
aspects scientifiques et techniques des nouvelles technologies de linformation et de
la communication
1. LAssemblée parlementaire, consciente du défi lancé à la
société par lévolution fulgurante des nouvelles technologies de
linformation et de la communication, sest déjà à maintes reprises penchée
sur les différents aspects de ce sujet. Elle est consciente du fait que, dans le domaine
des nouvelles technologies de linformation et de la communication, les changements
se succèdent à une vitesse impressionnante; cest pourquoi toute approche
ponctuelle risque dêtre caduque avant même que ses effets ne se fassent sentir.
2. Elle considère que les changements induits par les nouvelles
technologies de linformation et de la communication porteront sur la quasi-totalité
des domaines de la société, et quils auront des conséquences sociales,
économiques, culturelles, éthiques, juridiques, etc. Parmi les secteurs prioritaires
pour lapplication des nouvelles technologies de linformation et de la
communication se trouvent léducation et la formation, la santé et la population
âgée, les autorités publiques, lenvironnement et les transports.
3. Elle rappelle la Recommandation 1324 (1997) relative à la
contribution de lAssemblée Parlementaire au 2e Sommet des chefs dEtat et de
gouvernement du Conseil de lEurope. Ce document demande au Sommet de décider que
les instruments juridiques du Conseil de lEurope soient passés en revue et que, si
nécessaire, de nouveaux instruments juridiques (conventions) soient élaborés, à la
lumière du développement des nouvelles technologies de linformation et de la
communication, et de ses conséquences sur la société européenne.
4. Elle estime que trouver les réponses aux questions dordre
scientifique et technologique, qui font lobjet de la présente recommandation,
constituerait un passage obligé pour résoudre les autres problèmes posés par les
nouvelles technologies de linformation et de la communication.
5. Dans le but de contrebalancer le décalage qui existe entre le degré
de développement des nouvelles technologies de linformation et de la communication
et le stade dadaptation de la société, lAssemblée recommande au Comité des
Ministres:
i. danalyser son programme de travail en tenant compte des
évolutions engendrées par les nouvelles technologies de linformation et de la
communication dans tous les domaines de son activité;
ii. de soutenir et de renforcer le travail de la Conférence
ministérielle européenne sur la politique des communications de masse, qui tiendra sa 5e
réunion à Thessalonique les 11 et 12 décembre 1997, en particulier concernant les
nouvelles technologies de linformation et de la communication, les droits de
lhomme et les valeurs démocratiques, ainsi que leur travail dharmonisation de
la législation dans ce domaine en Europe et au niveau international;
iii. dinviter les gouvernements des Etats membres du Conseil de
lEurope, ainsi que lUnion européenne, à poursuivre, en coopération avec les
entreprises privées, les instituts de recherche et les organisations non
gouvernementales, leurs efforts scientifiques et technologiques, en mettant en uvre,
entre autres, les mesures suivantes:
a. développer et adapter des technologies pour faciliter le
développement du télétravail, y compris pour les personnes âgées ou handicapées, en
prévoyant en même temps une réglementation qui permette notamment déviter
lisolement des travailleurs;
b. développer des systèmes médicaux informatisés et des systèmes de
télémédecine;
c. développer des solutions technologiques pour permettre au grand
public et aux entreprises laccès électronique aux services publics;
d. développer des systèmes télématiques pour la surveillance et
lanalyse des données sur lenvironnement;
e. développer des systèmes télématiques avancés pour le domaine des
transports;
f. faciliter linstallation du matériel nécessaire à
lutilisation des nouvelles technologies dinformation et de communication dans
toutes les institutions déducation et de formation;
g. encourager le développement des applications multimédias et des
nouvelles méthodes denseignement fondées sur la simulation et sur la réalité
virtuelle à tous les niveaux du système déducation et de formation, incluant des
aspects liés à la diversité culturelle et linguistique;
h. faciliter laccès généralisé à tous les services issus de
lévolution des nouvelles technologies de linformation et de la communication,
par des mesures fiscales, par exemple, et encourager particulièrement le développement
des services multimédias interactifs;
i. favoriser la mise en uvre de l«interopérabilité»
entre les réseaux, grâce à lintensification de la coopération internationale
dans le domaine de la standardisation, et, en particulier, encourager lUnion
internationale des télécommunications de continuer son travail dans cette direction;
j. encourager et investir dans le développement des technologies
numériques et des réseaux à haut débit, ainsi que dans des nouvelles liaisons directes
transcontinentales, particulièrement vers les Etats-Unis;
k. aider limplantation des entreprises productrices de matériel
informatique et de logiciels dans tous les pays européens, en particulier dans les pays
en transition ceux-ci disposant dune main-duvre qualifiée et, en
même temps, disponible à des prix compétitifs tout en soutenant le
développement de linfrastructure des systèmes de communication dans ces pays, dans
le sens du développement du numérique;
l. développer une véritable technologie de la vie privée en
encourageant notamment laccélération des recherches dans le domaine de la
cryptographie de linformation, permettant lobtention dun niveau
satisfaisant de sécurité pour les données véhiculées sur le réseau, ce qui
favorisera le développement du commerce électronique, comme la sécurité de toute autre
information concernant la vie privée;
m. promouvoir les technologies clés de la société de
linformation, qui incluent les technologies de la communication et du réseau, les
technologies des logiciels et des systèmes, les technologies des communications mobiles,
comprenant lutilisation des satellites, les interfaces utilisant des moyens
dexpression divers (par exemple la voix) et la micro-électronique;
n. orienter le développement des technologies génériques et de la
recherche fondamentale vers les technologies de simulation et de visualisation en temps
réel et à grande échelle, les technologies de la présence virtuelle, les technologies
permettant la création dordinateurs avec des performances très élevées et des
réseaux superintelligents, ainsi que la création de réseaux avancés à haut débit
pour la recherche;
o. soutenir le développement des technologies de filtrage qui,
conjuguées avec ladaptation de la législation déjà existante pour les systèmes
classiques de communication, seront en mesure de favoriser lautorégulation des
opérateurs sur le réseau au niveau international;
p. maintenir ou créer - et soutenir financièrement - des centres de
recherche nationaux pour les systèmes de communication et dinformation,
dautant plus que la libéralisation est susceptible de diminuer les efforts de
recherche fournis par les opérateurs de télécommunication, et accorder une attention
particulière au respect des normes établies par le système des brevets scientifiques;
q. encourager par tous les moyens y compris financiers la
création de centres virtuels de recherche scientifique ayant accès, par des moyens
électroniques, aux équipements de recherche sophistiqués et coûteux;
r. veiller particulièrement au suivi de leurs politiques scientifiques
et technologiques, afin que leur mise en uvre ne nuise pas aux valeurs
démocratiques en Europe, mais renforce leur développement.
__________
1. Discussion par lAssemblée le 23 juin 1997 (17e
séance) (voir Doc. 7832, rapport de la commission de la science et de la technologie,
rapporteur: M. Frey)
Texte adopté par lAssemblée le 23 juin 1997 (17e séance).
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