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Recommandation 1449 (2000)[1]
Migration clandestine du sud de la Méditerranée vers lEurope
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LAssemblée parlementaire est fortement
préoccupée par le nombre de victimes quentraîne la migration clandestine en
Méditerranée, ainsi que par les conditions extrêmement dangereuses et inhumaines dans
lesquelles se trouvent quotidiennement les clandestins, dont un nombre conséquent de
femmes et de mineurs.
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LAssemblée constate labsence de chiffres
exacts et un manque détudes fiables concernant la migration clandestine du sud de
la Méditerranée vers lEurope.
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LAssemblée est davis que létat de clandestinité
dune personne ne peut être caractérisé que par labsence de ses droits
fondamentaux et sociaux, par le non-respect de sa dignité humaine et la précarité de
ses conditions de vie durant toute sa clandestinité.
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LAssemblée rappelle que lémigration est
un droit fondamental de lhomme.
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LAssemblée estime que les problèmes complexes
quentraîne la migration clandestine vers et à lintérieur des États
membres
du Conseil de lEurope demandent des solutions urgentes auxquelles
lOrganisation peut et doit contribuer de manière active et
particulière.
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LAssemblée est convaincue que ce phénomène,
particulièrement prononcé en Méditerranée, ne trouvera pas de solution sans quun
dialogue ouvert et innovateur ainsi quune coopération durable se mettent en place
entre les pays de la rive sud et nord, et quune association progressivement plus
étroite des États de la rive sud de la Méditerranée, tels que le Maroc, aux travaux de
lAssemblée constituerait un pas décisif pour la lutte contre les vraies causes de
la migration clandestine.
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LAssemblée reconnaît que la migration
clandestine ne se limite pas au seul passage du détroit de Gibraltar et que des migrants
illégaux proviennent également dautres régions que lAfrique du Nord, en
particulier de lEurope de lEst, de lAmérique du Sud et de
lAfrique subsaharienne.
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LAssemblée rappelle ses travaux antérieurs sur
le renforcement de la coopération en Méditerranée, par exemple sa Recommandation 1359
(1998) sur le développement durable des bassins de la mer Méditerranée et de la mer
Noire, sa Recommandation 1329 (1997) relative au suivi de la Conférence
méditerranéenne sur la population, les migrations et le développement (Palma de
Majorque, 15-17 octobre 1996), sa Recommandation 1306 (1996) relative aux migrations des
pays en voie de développement vers les pays européens industrialisés, sa Recommandation 1249 (1994) relative à la coopération dans le Bassin méditerranéen, sa
Recommandation 1211 (1993) relative aux migrations clandestines: «passeurs» et employeurs de migrants
clandestins, ainsi que sa Recommandation 1154 (1991) relative aux migrants maghrébins en
Europe.
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LAssemblée considère que la promotion de la
mobilité des personnes et leur libre circulation en Europe, dun côté, et le
renforcement de mesures et pratiques de contrôle aux frontières, de lautre,
provoquent une certaine contradiction contre-productive à la coopération dans le Bassin
méditerranéen.
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LAssemblée est persuadée que ces restrictions
à la migration légale suscitent davantage dintérêt à entrer clandestinement en
Europe, tout en renforçant limage dune Europe forteresse, et que la migration
clandestine en Méditerranée a augmenté depuis le début des années 90, ce qui
laisse à croire que les moyens mis en uvre jusquici ont produit des effets
limités.
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LAssemblée constate que ces mesures incitent de
plus en plus le «commerce des illusions», qui est en vérité un trafic humain très
dur, employant des moyens de plus en plus sophistiqués et inhumains pour tirer profit de
la migration clandestine.
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LAssemblée est alarmée par le fait quil
y a une croissance du nombre de femmes, de mineurs et dautres personnes vulnérables
parmi les passagers clandestins.
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LAssemblée considère que toute politique de
restriction allant dans ce sens na pas de fondements humanitaires et quelle
touche au pire les groupes de personnes qui ont le plus besoin de solutions concrètes aux
écarts et aux disparités de développement quelles vivent au quotidien dans
les pays du sud de la Méditerranée.
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Par conséquent, lAssemblée recommande au
Comité des Ministres:
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dinviter les autorités espagnoles à créer un observatoire
permanent de la migration au sud de lEspagne (lendroit le plus sensible de
lentrée de lémigration en Europe de la Méditerranée) en coopération avec
le Conseil de lEurope. Cet observatoire aurait pour objectif principal
danalyser la dynamique propre de la migration clandestine et la perspective des flux
migratoires à travers la Méditerranée, et de faire des études sur le nombre de
victimes de la migration clandestine, ainsi que sur les causes et les conséquences de la
migration clandestine en Méditerranée, et sur limpact et les pratiques du trafic
humain et du crime organisé dans cette région;
détablir ou de renforcer le dialogue avec les autorités
compétentes, ministères et organisations non gouvernementales des rives sud de la
Méditerranée afin de mettre en place une coopération continue sur les causes
économiques, politiques et sociologiques de ce problème;
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de concrétiser cette
coopération, en impliquant
lOrganisation internationale pour les migrations (OIM), par de nouvelles approches
communes quant aux problèmes sensibles, tels que:
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la possibilité de travail temporaire ou saisonnier pour les migrants;
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le rôle des consulats dans la pratique de la politique des visas;
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la réadmission des migrants
clandestins;
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la coopération policière entre les deux rives de la
Méditerranée;
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le rôle des
États tiers et des États de destination;
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de soutenir à cet effet les politiques de
coopération décentralisée, promue par le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de
lEurope;
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de soutenir le programme «Trans-Med» du Centre
Nord-Sud du Conseil de lEurope uvrant au niveau de la sensibilisation, de
linformation sur les phénomènes sociaux et culturels liés à limmigration,
du rôle que peut jouer le migrant en tant quacteur de la coopération et du
développement, tant dans les pays daccueil que dans ceux dorigine;
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de promouvoir, en coopération avec lOIM,
notamment dans le cadre de sa stratégie sur la Méditerranée occidentale, une politique
déducation et dinformation sur la migration clandestine au nord comme au sud
de la Méditerranée;
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dévoquer, lors dune prochaine
réunion quadripartite, les possibilités de financement par le programme Meda des projets
et programmes destinés à lamélioration de la situation humanitaire des
clandestins en Méditerranée;
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dinviter les
États membres, surtout ceux
qui sont situés sur la rive nord de la Méditerranée:
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à renforcer leur coopération bilatérale avec la rive
sud de la Méditerranée en ce qui concerne la migration illégale;
à mettre en place des structures indépendantes qui
accueillent les clandestins et qui veillent à la garantie de leurs droits fondamentaux
après leur arrivée sur leur territoire;
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dinviter les
États destinataires à élaborer, en
coopération avec des organisations non gouvernementales et des administrations locales,
des programmes de formation et daide au développement dans les communes de départ
des pays dorigine.
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Discussion par l'Assemblée le
28 janvier 2000 (8e séance) (voir Doc. 8599, rapport de la commission des
migrations, des réfugiés et de la démographie, rapporteuse: Mme
Guirado).
Texte adopté par l'Assemblée le 28 janvier 2000 (8e séance).
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