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Recommandation 1492 (2001)[1]
Droits
des minorités
nationales
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L?Assemblée souligne une
fois de plus l?importance que revêt une protection efficace des droits
des minorités en Europe. A cet égard, elle affirme que la protection adéquate
des droits des personnes appartenant à des minorités nationales et de
leurs communautés fait partie intégrante de la protection des droits de
l?homme, et constitue le seul moyen permettant aux Etats de réduire les
tensions ethniques susceptibles d?engendrer des conflits à plus grande échelle.
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L?Assemblée s?élève
contre la négation de l?existence de minorités et des droits des minorités
dans plusieurs Etats membres du Conseil de l'Europe, et contre le fait que
beaucoup de minorités en Europe ne se soient pas vu garantir un niveau de
protection suffisant.
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L?Assemblée reconnaît que
la majorité a des obligations à l?égard de la minorité, et que la
minorité, pour sa part, a la responsabilité de participer à la vie
politique et publique du pays qu?elle habite, et de contribuer, avec la
majorité, à la cohésion et au pluralisme démocratiques des Etats
auxquels elle a prêté allégeance.
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L?Assemblée note qu?il est
fondamental que la langue et la culture des minorités soient mieux connues
de la majorité, et que des actions en vue de faire connaître les cultures
minoritaires soient entreprises par les pouvoirs publics, avec le soutien
d?organisations non gouvernementales.
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L?Assemblée réitère son
appel à tous les Etats membres pour qu?ils garantissent les droits des
minorités nationales, qui peuvent être considérés comme minimaux, tels
qu?ils sont fixés par la Convention-cadre pour la protection des minorités
nationales (STE n° 157). Elle proclame que la protection des minorités est
essentielle à la mise en ?uvre des droits fondamentaux de l?homme, à la
stabilité, à la sécurité démocratique et à la paix sur le continent.
Elle avertit que le prix de l?incapacité à répondre positivement aux
besoins des minorités nationales pourrait être une aggravation des
tensions sociales, de nouvelles demandes d?asile, une réticence à
renforcer l?unité entre les Etats membres du Conseil de l'Europe et une
insécurité nuisible aux échanges et aux investissements.
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Andorre, la Belgique, la France
et la Turquie n?ont toujours pas signé ni ratifié la
Convention‑cadre pour la protection des minorités nationales, et
cette situation réduit l?effet véritable de la convention-cadre sur
l?ensemble du continent. Ces pays ont des minorités significatives qui
doivent être protégées et dont les droits ne sont pas officiellement
reconnus. D?autres pays n?ont pas encoreratifié la convention-cadre, à
savoir la Géorgie, la Grèce, l?Islande, la Lettonie, le Luxembourg, les
Pays-Bas et le Portugal.
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L?Assemblée rappelle sa
Recommandation 1201 (1993), dans laquelle elle demandait au Comité
des Ministres d?élaborer un protocole additionnel sur les droits des
minorités à la Convention européenne des Droits de l?Homme, et
exprimait le v?u que les Etats membres du Conseil de l'Europe appuient leur
législation et leur politique en matière de minorités sur le projet de
protocole qui figurait en annexe à cette recommandation et qui comportait
la définition la plus acceptable au plan européen de «minorité nationale».
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L?Assemblée rappelle, en
outre, que les engagements politiques et les normes contenus dans le projet
de protocole annexé à cette même recommandation ont été érigés en
obligations juridiques dans des traités d?amitié conclus entre différents
Etats membres du Conseil de l'Europe. Ces obligations conventionnelles
pourraient, à terme, acquérir un caractère coutumier au plan régional.
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L'Albanie, l'Andorre, la
Belgique, la Bulgarie, l'Estonie, la Géorgie, la Grèce, l'Irlande, la
Lettonie, la Lituanie, la Moldova, la Pologne, le Portugal, la Fédération
de Russie, Saint-Marin, la Slovaquie et la Turquie n'ont, à ce jour, ni
signé ni ratifié la Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires (STE n° 148).
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L?Assemblée note que la
charte des droits fondamentaux de l?Union européenne, telle qu?adoptée
lors du Conseil européen de Nice en décembre 2000, n?aborde pas la
question des droits des minorités et se limite à déclarer, dans
l?article 22, que «l?Union respecte la diversité culturelle,
religieuse et linguistique».
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L?Assemblée reconnaît que
les populations immigrées dont les membres sont citoyens de l?Etat où
elles sont implantées constituent des catégories particulières de minorités,
et recommande qu?elles se voient appliquer un instrument spécifique du
Conseil de l'Europe.
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Pour ces raisons, l?Assemblée
recommande au Comité des Ministres:
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de demander aux Etats membres
de faire preuve d?une attitude plus généreuse dans l?application de
leurs politiques spécifiques relatives aux minorités et dans la mise en
?uvre des instruments du Conseil de l?Europe dans le domaine des
minorités;
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de demander aux Etats
membres de renforcer et, le cas échéant, de développer davantage la
coopération internationale quant à la protection des droits des minorités,
tant dans les relations bilatérales qu?au niveau des organisations
internationales européennes;
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de demander aux quatre
Etats qui n?ont pas signé la Convention-cadre pour la protection des
minorités nationales de mettre leur Constitution et leur législation en
harmonie avec les normes européennes en vigueur, afin de lever tout
obstacle à la signature et à la ratification de ladite convention;
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de demander aux Etats
mentionnés au paragraphe 6 de la présente recommandation de signer
et/ou ratifier au plus vite et sans réserves ni déclarations la
Convention-cadre pour la protection des minorités nationales, et à ceux
qui l?ont déjà ratifiée de la mettre en ?uvre et d?abolir les réserves
et déclarations;
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d?inciter les Etats qui ne
l?auraient pas encore fait à ratifier la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires, et d?inciter les Etats et futurs Etats
parties à l?appliquer correctement;
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d?augmenter les ressources
humaines et financières des directions générales du Conseil de
l?Europe concernées par l?application des deux instruments cités
plus haut;
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de
demander aux Etats membres de signer et ratifier au plus vite le Protocole n° 12
à la Convention européenne des Droits de l?Homme, dans l?espoir que
les personnes appartenant à des minorités nationales puissent voir leurs
droits spécifiques sanctionnés par la Cour européenne des Droits de
l?Homme;
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de
demander au Comité des Ministres de donner la priorité aux discussions
et adoptions des avis et des rapports émanant du Comité consultatif de
la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales et du
Comité d?experts de la Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires, et d?établir une procédure appropriée en vue de leur
parution rapide et de leur large diffusion;
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de
renforcer les mécanismes de suivi au sein du Conseil de l?Europe et
d?appliquer les mêmes principes et normes à l?ensemble des Etats
membres;
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d?entamer la rédaction
d?un protocole additionnel à la Convention-cadre pour la protection des
minorités nationales donnant compétence à la Cour européenne des
Droits de l?Homme ou à une autorité judiciaire générale du Conseil
de l?Europe pour donner des avis consultatifs concernant l?interprétation
de cette convention-cadre;
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d?entamer la rédaction
d?un protocole additionnel à la Convention européenne des Droits de
l?Homme sur les droits des minorités nationales, en s?inspirant des
principes contenus dans la
Recommandation 1201 (1993) et en tentant
d?y inclure la définition de la minorité nationale retenue par cette même
recommandation;
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de
placer auprès du commissaire aux droits de l?homme du Conseil de
l'Europe, en prenant les dispositions financières appropriées, une
personne chargée spécialement des questions de protection des droits des
minorités;
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de
donner aux différentes langues des signes en usage en Europe une
protection semblable à celle conférée par la Charte européenne des
langues régionales ou minoritaires, éventuellement par l'adoption d'une
recommandation aux Etats membres;
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de
rendre publics les rapports du Comité d?experts de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires.
[1] Discussion
par l?Assemblée le 23 janvier 2001 (3e séance)
(voir Doc. 8920, rapport de la commission des questions juridiques et
des droits de l?homme, rapporteur: M. Bindig; Doc. 8939, avis de
la commission des questions politiques, rapporteur: M. Gjellerod; Doc. 8943,
avis de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie,
rapporteur: M. Tabajdi; et Doc. 8941, avis de la commission de la
culture et de l?éducation, rapporteur: M. de Puig).
Texte
adopté par l?Assemblée
le 23 janvier 2001 (3e séance).
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