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Recommandation 1526 (2001)[1]
Une campagne contre le
trafic des mineurs pour désamorcer la filière de l?est de l?Europe:le
cas de la Moldova
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Le
trafic des mineurs et des jeunes adultes est un phénomène en expansion et
difficile à contrer; s?il est d?abord du ressort de la lutte contre la
criminalité, il implique aussi les politiques d?immigration, le droit d?asile,
la liberté de circulation, la politique économique et sociale, etc.
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Il
est contrôlé par des réseaux criminels, violents et puissants, de
dimension internationale, qui utilisent les moyens technologiques modernes;
ce trafic est un marché extrêmement rentable qui met en jeu des sommes d?argent
astronomiques et qui fait le lit de la corruption, même dans les États européens
industrialisés.
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Le
trafic devient un phénomène complexe, car il ne vise plus uniquement l?exploitation
sexuelle de ses victimes; outre le développement de réseaux de
pédophilie, en particulier via Internet, un probable trafic d?organes
d?enfants est dénoncé régulièrement; la procréation devient une
activité commerciale et, à la suite de maternités plus ou moins
volontaires, des nouveau-nés viennent approvisionner le marché illégal de
l?adoption.
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Le
nombre des victimes, en particulier des victimes mineures, est évidemment
inconnu. Le nombre des disparitions d?enfants au sein des institutions n?est
pas recensé et le nombre des enfants des rues n?est pas connu avec
exactitude. Selon l?avis de tous les observateurs concernés, dont les
organisations non gouvernementales travaillant sur le terrain, parmi les
victimes de la prostitution venant de l?Europe de l?Est, les mineurs
sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes.
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Ces mineurs et
jeunes adultes viennent principalement des pays d?Europe centrale et
orientale. L?origine et l?ampleur des flux de cette émigration se
modifient au fur et à mesure de l?ouverture et de la paupérisation des
nouvelles démocraties, du fait de la difficile transition vers l?économie
de marché. La violence est de règle; les victimes sont souvent trompées
et contraintes, et il n?est plus rare aujourd?hui qu?elles soient
violentées et battues, enfermées ou privées de papiers et en état de
quasi-esclavage.
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Le
Conseil de l?Europe est l?enceinte qui réunit tous les États
concernés: pays d?origine des victimes, pays de transit et de
destination. Au niveau international, il figure donc parmi les plus aptes à
participer à la lutte contre ce type de trafic. Si volonté politique il y
a, il lui appartient de dire non à la banalisation du trafic des mineurs et
de mener des actions concertées au niveau européen en vue de son
éradication. Mais la coopération européenne doit aussi exister en amont
et la prévention du trafic signifie lutter contre la misère, l?exclusion
sociale et l?émigration pour motif économique, ainsi que lutter contre
la demande de trafic, y compris l?industrie du sexe, le tourisme sexuel et
le trafic via Internet.
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Le
cas de la Moldova est un exemple parlant à cet égard, même s?il n?est
pas unique. Membre du Conseil de l?Europe depuis 1995 seulement, oublié
des grands pourvoyeurs de l?aide internationale économique et
financière, ce pays s?appauvrit et, faute d?un niveau de vie décent,
il voit sa jeunesse émigrer en nombre pour se retrouver souvent sur les
trottoirs et dans les lieux de prostitution de toute l?Europe.
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Aussi
l?Assemblée invite-t-elle le Comité des Ministres et ses États membres
à casser le processus de paupérisation et de délitement économique et
social que connaît la Moldova:
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par
une aide immédiate au recensement de la population;
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par
une assistance notamment financière -
via, entre autres, les interventions de la Banque de développement
du Conseil de l?Europe -
qui ait pour cible prioritaire le développement des possibilités d?éducation,
de formation et d?emploi des jeunes, particulièrement des jeunes femmes;
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par
une coopération renforcée afin d?aider:
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à la restauration d?une éducation primaire obligatoire et gratuite
pour tous les enfants;
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à la lutte contre les abandons d?enfant, en particulier par des aides
aux familles afin de favoriser l?adoption des enfants abandonnés par
des familles moldoves et la réinsertion dans les familles naturelles des
enfants placés en institution;
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à l?institution d?un médiateur pour les enfants, doté de l?indépendance
et des compétences nécessaires à une action efficace;
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à la mise sur pied d?un système de protection sanitaire et sociale
minimale qui assure à la population, notamment aux familles, l?accès
aux soins et un revenu minimal.
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L?Assemblée
recommande également au Comité des Ministres d?accroître le soutien
apporté aux organisations non gouvernementales de Moldova dans leurs
efforts pour développer leur propre potentiel et pour informer les jeunes
Moldoves des risques du trafic, en vue de sa prévention.
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L?Assemblée
invite le Comité des Ministres à inscrire régulièrement la question du
trafic des mineurs à son ordre du jour et à charger l?un de ses membres,
par exemple l?actuel rapporteur sur l?égalité entre les femmes et les
hommes qui s?occupe également de la question du trafic des femmes, de lui
faire périodiquement rapport à cet égard.
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L?Assemblée
demande au Comité des Ministres d?aborder systématiquement et
régulièrement la question du trafic des mineurs, dans ses rencontres et
ses entretiens avec les leaders et décideurs politiques des pays
concernés, en particulier la Moldova.
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L?Assemblée
demande au Comité des Ministres de recommander aux États membres, y compris
la Moldova:
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de
faire du trafic des mineurs un crime imprescriptible, puni comme tel,
passible de poursuite, qu?il y ait ou non plainte de l?intéressé, et d?élaborer
un arsenal répressif qui soit réellement dissuasif;
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de
créer une police spécialement formée pour la protection des mineurs;
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de
déployer des mesures concertées en vue de réduire la demande de trafic d?enfants
et de jeunes adultes;
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d?instituer,
au niveau national, un défenseur des victimes du trafic, à la fois pour
donner une visibilité à l?engagement pris de lutter contre ce fléau et
pour permettre aux victimes et à leur famille d?avoir recours à un
interlocuteur;
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de
favoriser le regroupement des défenseurs nationaux en un réseau européen,
en vue d?une meilleure coordination des actions et en vue d?un échange
d?informations et d?expériences afin de déterminer les meilleures
façons de lutter contre ce problème;
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de
donner, par la loi et sous certaines conditions, aux victimes du trafic un
statut protecteur qui leur reconnaisse un droit de séjour légal et de leur
offrir des possibilités de formation professionnelle qui permette leur
réinsertion dans leur pays d?origine;
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de
recenser, au niveau national, les mineurs et les jeunes adultes
disparus et de créer, au niveau européen, un centre de données
informatisées afin d?aider les forces de police et les familles dans
leurs recherches.
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Enfin,
l?Assemblée invite le Comité des Ministres:
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à
appeler les États membres à accroître à la fois les efforts menés par la
Task force contre le trafic des êtres humains dans le cadre du Pacte
de stabilité pour l?Europe du Sud-Est et leur soutien financier aux
différentes organisations, telles que l?Organisation internationale des
migrations et l?Unicef, afin de renforcer les actions concertées de
prévention, de rapatriement et de réinsertion des victimes;
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à répondre à
l?appel du Parlement européen à lancer, en concertation avec l?Union
européenne, les organisations non gouvernementales des différents pays
européens et les journalistes de la presse écrite et des autres médias,
des campagnes périodiques d?information sur le trafic.
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