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Recommandation
1543 (2001)[1]
Racisme
et xénophobie dans le cyberespace
1.
L?Assemblée estime que la propagation d?idées racistes est un délit.
L?instrument international pertinent en matière de lutte contre le
racisme est la Convention internationale sur l?élimination de toutes les
formes de discrimination raciale (CIEDR). L?Assemblée déplore qu?Andorre,
la Moldova et Saint-Marin n?aient pas encore ratifié cet instrument.
2.
Les instruments juridiques propres à lutter contre le racisme existent
déjà dans certains Etats membres du Conseil de l?Europe. Sur Internet,
les difficultés à lutter contre le racisme relèvent des caractéristiques
propres à la diffusion des informations et d?obstacles juridiques à la
mise en application des normes matérielles sanctionnant le discours
haineux.
3.
Le Conseil de l?Europe dispose d?un instrument juridique contraignant:
la Convention sur la cybercriminalité. Toutefois, cette convention ne
traite pas de la diffusion de propagande raciste par des moyens
informatiques. Un comité d?experts ad hoc, dont le mandat doit
être approuvé par le Comité des Ministres, devrait être spécialement
investi de la tâche de préparer un protocole additionnel pour remédier à
cette faiblesse de la convention, ainsi que l?Assemblée parlementaire l?avait
demandé dans son Avis n° 226
(2001).
4.
Un protocole additionnel à la Convention sur la cybercriminalité, tendant
à réprimer le racisme sur Internet, n?aura d?effet que si tous les
Etats qui hébergent des sites ou des messages racistes y sont parties. L?Assemblée
part du principe qu?un dialogue doit être engagé avec l?ensemble des
fournisseurs de services, pour les convaincre de la nécessité de prendre
eux-mêmes les mesures propres à lutter contre les sites racistes.
5.
Sur le plan déontologique, l?Assemblée estime qu?il faut encourager
les efforts d?autodiscipline entrepris par les fournisseurs d?accès et
d?hébergement. L?autodiscipline doit être généralisée par la
labélisation et la classification des sites, et
par la mise en place de lignes d?urgence, le filtrage, l?établissement
de codes de conduite et l?insertion de clauses contractuelles tendant à
interdire aux clients des intermédiaires techniques l?usage illicite de
leurs services.
6.
Le dialogue entre les internautes, les opérateurs techniques et les
autorités judiciaires doit être encouragé. L?Assemblée considère qu?un
organisme de concertation ou de corégulation pourrait être créé au sein
du Conseil de l?Europe, dans le but de collaborer à l?élaboration de
codes de conduite, de servir de médiateur dans des conflits déterminés et
de fonctionner comme un observatoire permanent du phénomène raciste et
xénophobe sur Internet.
7.
L?Assemblée souhaite que l?éducation et la formation, tendant à
développer l?esprit critique des internautes, en particulier des plus
jeunes d?entre eux, jouent un rôle important à l?avenir. Le racisme,
mais aussi la diffusion de messages de haine contre certaines nationalités,
confessions et groupes sociaux doivent être combattus.
8.
Par conséquent, l?Assemblée parlementaire, conformément à son Avis no
226, dans lequel elle recommandait la rédaction immédiate d?un protocole
additionnel à la nouvelle convention, qui définisse et criminalise la
diffusion de propagande raciste et l?hébergement abusif de communications
haineuses, recommande au Comité des Ministres:
i.
de donner au Comité d?experts sur l?incrimination
des actes de nature raciste ou xénophobe à travers les réseaux
informatiques (PC-RX), chargé de
préparer un projet de protocole additionnel à la Convention sur la
cybercriminalité, les moyens suffisants pour mener à bien sa tâche d?ici
au 30 avril 2002, date à laquelle il est prévu que son mandat
prenne fin. Le comité devrait achever son travail à temps pour permettre
au protocole additionnel d?entrer en vigueur le plus rapidement possible
après l?entrée en vigueur de la convention;
ii.
de mentionner expressément «l?hébergement abusif» dans le mandat de
ce comité;
iii.
de déterminer la façon dont il est possible d?éliminer les sites
racistes sur Internet et d?encourager des poursuites efficaces contre
les responsables.
[1].
Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nom de l?Assemblée,
le 8 novembre 2001 (voir Doc. 9263,
rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l?homme,
rapporteur: M. Tallo).
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