Recommandation 1717 (2005)1
Education aux activités de loisirs
1. La diminution progressive
du temps de travail, dune part, laugmentation régulière de lespérance
de vie, dautre part, accroissent le temps libre disponible, mais les
personnes qui en bénéficient ne savent pas toujours comment en faire le meilleur
usage. LAssemblée parlementaire estime quil appartient aux gouvernements
doffrir à leurs citoyens les conditions nécessaires à la meilleure
qualité de vie possible. La qualité des loisirs, quelle que soit leur forme
(intellectuelle, sociale, physique ou mentale), en fait partie. Un engagement
actif, dans la musique ou le sport par exemple, est préférable à une
attitude passive de spectateur.
2. Au cours de sa vie, une personne
consacre en moyenne plus de temps aux loisirs quà toute autre chose.
Des études montrent que les jeunes délinquants sont souvent des jeunes qui
passent beaucoup de temps entre amis, sans surveillance, et qui pratiquent
peu dactivités sportives et de loisirs ou dactivités à la maison.
Léducation aux activités de loisirs peut donc encourager la cohésion
sociale et contribuer à la prévention de comportements antisociaux et délinquants.
3. La mise en uvre de
politiques de loisirs nécessite des efforts conjugués de tous les secteurs:
public central, régional et local , privé et non gouvernemental.
Les politiques de loisirs, en tant que composante essentielle de la politique
sociale de lEtat, devraient définir les objectifs, tâches, moyens et
méthodes nécessaires pour répondre aux besoins de la population, tout en
tenant compte des différences démographiques et culturelles, et des situations
socio-économiques individuelles.
4. Des programmes daction
appropriés, des infrastructures adaptées et accessibles, et un personnel
professionnel et bénévole correctement formé sont nécessaires à la mise en uvre
efficace des politiques de loisirs. Pour porter leurs fruits, celles-ci doivent
faire lobjet dun suivi et dajustements systématiques. Il
convient par ailleurs que de nouvelles priorités soient définies et que des
programmes daction soient adaptés et évalués; le tout devant être mené avec
la participation active des représentants de différentes disciplines scientifiques
telles que la sociologie, la psychologie, la pédagogie, léconomie et
la philosophie.
5. Léducation aux loisirs
devrait tendre à enrichir les connaissances et les compétences de ceux et
celles à qui elle sadresse et leur permettre dutiliser leur temps
libre pour améliorer leur qualité de vie. La culture, le sport et les activités
sociales et de loisirs sont concernés. Une des priorités de la politique
sociale de chaque Etat devrait être de veiller à ce que les individus puissent
exploiter pleinement les possibilités de loisirs, gagner en qualité de vie
durant leur temps libre et acquérir des valeurs essentielles à leur propre
développement intellectuel, psychologique, physique et social.
6. LAssemblée recommande
par conséquent au Comité des Ministres délaborer des lignes directrices
pour léducation aux loisirs, énonçant des principes tels que:
6.1. léducation aux
loisirs et à lanimation des loisirs devrait couvrir toutes les étapes
de la vie, de la prime enfance jusquà un âge avancé, et sinscrire
dans le cadre de programmes de systèmes formels et informels dinfluence
sociale;
6.2. le rôle et les objectifs
de léducation aux loisirs ainsi que les besoins de formation du personnel
devraient être abordés au niveau des écoles et des quartiers, conformément à la
Charte pour léducation aux loisirs, adoptée en 1993 par lAssociation
mondiale pour les loisirs et la récréation (WLRA);
6.3. le rôle des organisations
non gouvernementales devrait être reconnu et encouragé, et les animateurs
potentiels devraient être qualifiés sans que cela nuise aux initiatives
des ONG;
6.4. les programmes déducation
aux loisirs devraient encourager lapplication de ce processus à la
famille grâce à des structures de conseils adaptées, et à la gestion et à limplantation
détablissements de loisirs dans les quartiers dhabitation;
6.5. les programmes déducation
aux loisirs devraient prendre en compte la communauté des adultes, à laquelle
un large éventail de loisirs devrait être proposé, aussi bien après les
heures de travail et durant les jours chômés que pendant les vacances;
6.6. il convient daccorder
une attention particulière aux programmes et aux possibilités de loisirs
proposés à certains groupes tels que les personnes handicapées, les personnes
qui travaillent dans des conditions difficiles ou qui effectuent un travail
monotone, les femmes au foyer, les travailleurs temporaires, les groupes
minoritaires, les chômeurs et les retraités;
6.7. il conviendra, pour veiller à la
qualité de vie des personnes âgées, en dehors des prestations prévues pour
cette catégorie, de leur permettre dutiliser tout un éventail de
services qui les encouragent à pratiquer des activités correspondant à leurs
besoins; il est souhaitable, à lheure de la préretraite, de promouvoir
des animations et des conseils visant à valoriser les différentes activités à la
disposition des personnes âgées;
6.8. il convient de mettre
en place des programmes efficaces de formation de base et de formation
continue à lintention des spécialistes, professionnels et travailleurs
bénévoles, afin de veiller à assurer une éducation aux loisirs de qualité.
1.
Texte adopté par la Commission permanente, agissant
au nom de lAssemblée, le 1er septembre 2005 (voir Doc.
10647, rapport de
la commission de la culture, de la science et de léducation, rapporteur:
M. Smorawinski).