|
Parliamentary
Assembly Assemblée parlementaire |
|
RECOMMANDATION 815 (1977)[1]
relative à la liberté d'expression et au rôle de
l'écrivain en Europe
L'Assemblée,
1. Ayant examiné le rapport sur la liberté d'expression et
le rôle de l'écrivain en Europe, présenté par sa
commission de la culture et de l'éducation (Doc. 4012) ;
2. Convaincue de l'importance du rôle de l'écrivain et de
la profession littéraire dans la société
démocratique ;
3. Déplorant la situation économique faite aux
écrivains à plein temps dans les Etats membres, et en particulier
le fait qu'ils sont insuffisamment couverts par la sécurité
sociale ;
4. Constatant que, pour nombre d'écrivains, les dispositions
constitutionnelles garantissant la liberté d'expression sont loin
d'être pleinement applicables en raison du coût de l'édition
et d'autres facteurs économiques ;
5. Rappelant l'intérêt qu'elle a porté à la
situation des écrivains dans sa Recommandation 512 (1968), relative
à la Conférence de Stockholm sur la propriété
intellectuelle, et sa Recommandation 719 (1973), relative à l'exercice
de la liberté d'expression par l'artiste ;
6. Désireuse d'appuyer et d'étendre l'application des
accords internationaux conclus dans ce domaine, y compris la troisième
corbeille de la Conférence sur la sécurité et la
coopération en Europe et les diverses recommandations de l'Unesco,
notamment celles adoptées à la Conférence d'Helsinki de
1972 ;
7. Tenant compte du premier Congrès des associations
d'écrivains européens, tenu à Berlin du 11 au 13
février 1977 ;
8. Estimant qu'il y a urgence à être mieux informé
de la situation des écrivains en Europe, et à développer
entre les services officiels l'échange des informations ainsi obtenues
et l'expérience acquise ;
9. Estimant également que toute modification de la politique
culturelle et toute mesure visant à agir sur la situation sociale dans
les Etats membres passent par un réexamen de l'application aux
écrivains de la Convention culturelle européenne et de la Charte
sociale du Conseil de l'Europe, et rappelant à ce propos les conclusions
des ministres européens responsables de la Culture réunis
à Oslo en 1976, qui ont souligné la nécessité de
fonder la participation active à la société des
écrivains et des autres travailleurs culturels sur une base
économique, sociale et juridique acceptable,
10. Recommande au Comité des Ministres d'inviter les
gouvernements des Etats membres :
i. à mettre en oeuvre les conclusions concernant les
écrivains, élaborées à Oslo en 1976 par les
ministres européens de la Culture, en s'attachant notamment aux points
suivants :
a. une meilleure utilisation par les différents secteurs
de la société des services et des oeuvres que peuvent
fournir les artistes, sans oublier toutefois le caractère
spécifique de leur vocation propre ;
b. une rémunération meilleure et plus
diversifiée de ces services et de ces oeuvres (par exemple :
rémunération pour la participation à l'activité
sociale, scolaire et culturelle au sens large, occasions supplémentaires
de commandes et d'emplois), et le recours à des procédures
contractuelles chaque fois que ce travail de l'artiste est en jeu ;
c. rapprocher et aligner autant que possible les avantages
sociaux, allocations de chômage et retraites des artistes professionnels
avec ceux d'autres catégories de travailleurs, tout en tenant compte des
conditions spécifiques de la création artistique ;
d. prévoir des dispositions fiscales tenant compte des
aspects spécifiques de la production artistique ;
e. mettre en oeuvre et étendre des systèmes
de subventions et autres méthodes d'aide aux artistes, et plus
particulièrement à l'intention de ceux d'entre eux oeuvrant
dans des domaines qui ne leur permettent pas d'avoir des revenus
immédiats suffisants ;
f. comprendre dans la politique culturelle la protection de la
liberté d'expression, l'encouragement à l'innovation, et
l'intégration de l'art dans la vie quotidienne ;
ii. à encourager et à soutenir la littérature des
minorités ethniques ;
11. Recommande en outre au Comité des Ministres d'aider les
gouvernements des Etats membres à échanger leurs
expériences dans ce domaine :
i. en analysant la Convention culturelle européenne et la
Charte sociale en même temps que les législations nationales en
vigueur concernant les écrivains, en vue de les harmoniser autant que
possible dans des domaines spécifiques et, d'une façon plus
générale, d'élaborer un statut européen des
écrivains ;
ii. en examinant les moyens qui permettraient aux Etats membres de
conclure des arrangements particuliers visant à accorder aux auteurs, en
matière de copyright et dans d'autres domaines, des droits plus
étendus que ceux accordés par les instruments internationaux en
vigueur, sans que ces moyens ne puissent nuire directement ou indirectement
à la diffusion de certains ouvrages n'ayant pu être publiés
dans le pays de leur auteur ;
iii. en publiant périodiquement des informations concernant la
situation des écrivains dans les Etats membres.
[1]. Discussion par l'Assemblée le 6
octobre 1977 (8e séance) (voir Doc. 4012, rapport de la
commission de la culture et de l'éducation).
Texte adopté par l'Assemblée le 6 octobre 1977
(8e séance).
|