RECOMMANDATION 826 (1978)[1]
relative à l'évolution récente des grands axes
de communication et de l'aménagement du territoire en Europe
L'Assemblée, 1. Ayant examiné le
rapport relatif à l'évolution récente des grands axes de
communication et de l'aménagement du territoire en Europe (Doc.
4096) ; 2. Se référant également aux rapports
antérieurs qui lui ont été soumis par sa commission de
l'aménagement du territoire et des pouvoirs locaux, notamment en 1970
(Doc. 2709), 1971 (Doc. 2903) et 1976 (Doc. 3713) ; 3. Se
félicitant d'avoir pu provoquer au sein des instances nationales et
internationales compétentes une prise de conscience plus claire de
l'interdépendance étroite existant entre politique de
l'aménagement du territoire et politique des infrastructures de
transport, 4. Exprime sa satisfaction concernant plusieurs initiatives
nationales et européennes allant dans le sens des propositions faites en
1970-1971 ; 5. Constate que plusieurs préoccupations
formulées en 1971 dans sa Recommandation 631 et sa Résolution 471
ont gardé toute leur actualité, notamment celles concernant les
inégalités régionales et l'importance européenne de
certains axes ; 6. Constate également que de nouvelles
priorités imposées à la société
européenne au cours des dernières années ont
entraîné une modification de certains principes directeurs en
matière de transport ; 7. Souligne à cet
égard la nécessité, ressentie de façon plus
précise aujourd'hui, de tenir compte des aspects écologiques, du
caractère limité des ressources
(nature-environnement-ressources-énergie), et du rôle croissant de
la participation directe du citoyen aux décisions le
concernant ; 8. Partageant à cet égard l'avis
exprimé par le Comité des Ministres dans sa communication faite
en 1973 à l'Assemblée relative à la Recommandation 631,
soulignant qu'il serait hautement souhaitable que soit donnée
désormais une absolue priorité aux moyens de communication qui
portent le moins atteinte à l'environnement, 9. Recommande au
Comité des Ministres : a. d'attirer une nouvelle
fois l'attention des instances nationales compétentes sur les termes de
sa Recommandation 631, et plus particulièrement sur la
nécessité de discuter au sein des organisations
européennes appropriées tous les grands projets d'infrastructures
de communication dès le stade de la conception afin d'assurer leur
insertion dans le contexte européen ; b. d'inviter
en particulier les instances ministérielles compétentes
respectivement pour les questions des infrastructures de transport et pour
l'aménagement du territoire à procéder à une
confrontation de leurs conceptions sur le plan national d'abord, et sur les
plans européen et international ensuite, et de promouvoir à cette
fin une coopération plus étroite entre les conférences
ministérielles spécialisées existant au niveau
européen, à savoir la Conférence européenne des
ministres responsables de l'Aménagement du territoire (CEMAT) et la
Conférence européenne des ministres des Transports
(CEMT) ; c. d'inviter les gouvernements concernés
à contribuer d'une façon pratique au renforcement du rôle
européen de Strasbourg en tant que siège et lieu de
réunion d'institutions européennes par l'amélioration de
ses liaisons par air et par terre avec toutes les capitales européennes,
des mesures particulièrement souhaitables étant :
i. l'établissement de liaisons aériennes
entre Strasbourg, Francfort et Zurich ; ii. le
développement de la liaison ferroviaire entre Strasbourg, Lauterbourg et
Ludwigs-hafen, avec continuation au sud vers Bâle, en tant que ligne
express ou intercity ; iii. la réalisation d'une
liaison ultrarapide entre les villes sièges des institutions
européennes, en reconnaissant ainsi une fonction polycentrique à
ces institutions ; d. d'attirer l'attention
des gouvernements directement concernés sur l'importance que
revêtent certaines infrastructures et liaisons particulières pour
l'établissement d'un réseau européen
cohérent :
i. la liaison du centre de l'Europe avec les îles
britanniques à travers la Manche, notamment par la construction d'un
tunnel et de voies de desserte suffisamment diversifiées (voir
Résolution 610 (1976)) ; ii. la liaison du centre de
l'Europe avec les pays Scandinaves par la réalisation de jonctions
routières et ferroviaires entre les îles danoises et d'un passage
entre le Danemark et la Suède par pont ou par tunnel ; iii.
l'achèvement de quelques grandes liaisons fluviales, notamment de la mer
du Nord à la Méditerranée par le canal Rhin-Rhône,
et de la mer du Nord à la mer Noire par le canal
Rhin-Main-Danube ; iv. l'amélioration des liaisons
transalpines, maille indispensable entre l'Europe du Nord et l'Europe
méditerranéenne, aussi bien par route que par fer, en veillant en
particulier à une bonne répartition de ces liaisons sur
l'ensemble de l'arc alpin ; v. l'amélioration des liaisons
en direction de l'Europe balkanique et du Moyen-Orient, indispensables pour
l'insertion de la Grèce et de la Turquie dans le processus d'unification
de l'Europe ; vi. l'établissement de communications
à travers le Massif central et les Pyrénées mieux
adaptées aux exigences d'une insertion des régions du Sud-Ouest
européen, notamment ibériques, dans la communauté des
peuples européens ; vii. la création d'un axe de
communication partant de la façade atlantique française en
direction de la Suisse et de l'Europe centrale ; viii. la mise en
place, par étapes, d'un réseau européen de communications
terrestres ultrarapides, fondé soit sur des technologies traditionnelles
améliorées, soit sur des technologies nouvelles dans
l'hypothèse de leur meilleure compatibilité avec les exigences
écologiques et économiques ; e.
de faire en sorte que les gouvernements membres inscrivent l'examen de ces
questions à l'ordre du jour des deux organisations européennes
directement concernées, la CEMT et la CEMAT ; f.
d'attacher une attention particulière à la planification des
voies de communication dans les régions frontalières, et
d'appliquer à cet égard le principe d'une participation constante
des instances régionales et nationales concernées de part et
d'autre de la frontière dans la préparation de tels
projets ; g. d'accorder les moyens budgétaires
nécessaires à la réalisation des projets inscrits au
programme de travail intergouvernemental susceptibles d'apporter une
contribution à ce problème, plus particulièrement
l'harmonisation des bases cartographiques et la préparation d'une
cartographie thématique tenant compte notamment des données
relatives aux infrastructures de transport. [1]. Discussion par l'Assemblée le 24 janvier 1978
(20e et 21e séances) (voir Doc. 4096, rapport de
la commission de l'aménagement du territoire et des pouvoirs
locaux). Texte adopté par l'Assemblée le 24
janvier 1978 (21e séance).
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