RECOMMANDATION 862 (1979)[1]
sur le cinéma et l'État
L'Assemblée, 1. Vu le rapport de sa commission de la culture et
de l'éducation sur le cinéma et l'Etat (Doc. 4306) et tenant
compte des résultats du Colloque sur ce sujet organisé par la
commission à Lisbonne du 14 au 16 juin 1978 ; 2. Rappelant sa
Directive n° 341 (1973) et les colloques consacrés
antérieurement à «la liberté d'expression et le
rôle de l'artiste» (Florence 1973), aux
«télécommunications» (Munich 1975) et au «
renouveau démocratique des arts du spectacle » (Athènes
1976) ; 3. Considérant que le cinéma est à la
fois un facteur important de culture et d'expression artistique et une
activité industrielle et commerciale ; 4. Consciente de la
crise que traverse le cinéma dans la majorité des pays
européens ; 5. Retenant qu'il incombe aux gouvernements
membres de concevoir une base juridique, économique et administrative
plus saine, favorisant la reprise et le développement d'une
activité cinématographique de qualité ; 6.
Estimant que l'échec de nombreuses politiques d'intervention rend
souhaitable une étude du problème au niveau européen en
vue de promouvoir de nouvelles politiques pour le développement du
cinéma au niveau national ; 7. Insistant sur
l'indépendance de l'art cinématographique et sur l'importance de
la diversité du cinéma en Europe selon les nations et les
cultures et sur le fait qu'il faut donner à cette diversité des
moyens d'expression et de diffusion ; 8. Soulignant
l'intérêt des circuits parallèles de salles non
commerciales, comme les ciné-clubs et les cinémas municipaux dans
les foyers culturels ; 9. Se réjouissant des efforts
déployés par l'UNESCO en vue d'aider les Etats membres dans le
domaine du stockage, de la conservation et de la restauration des films, et
appelant l'attention sur la nécessité, pour les Etats membres du
Conseil de l'Europe, de poursuivre leur action dans ces domaines et dans celui
de la documentation ; 10. Se réjouissant de la
création d'un «Bureau européen du cinéma»,
à présent limité à deux Etats membres, ayant pour
tâche particulière de recueillir et de diffuser les informations
relatives au cinéma et souhaitant que tous les Etats européens
participent à ses activités ; 11. Rappelant sa
Recommandation 850 (1979) relative à la coopération culturelle
européenne qui énonce les principes de coordination des affaires
des organisations européennes oeuvrant dans le domaine
culturel ; 12. Se félicitant de la Résolution n°
III concernant les industries culturelles adoptée par les ministres
européens responsables des Affaires culturelles réunis à
Athènes en octobre 1978 ; 13. Appréciant les travaux
entrepris par le Conseil de la coopération culturelle dans des domaines
connexes et apportant son soutien à la prochaine conférence qu'il
organisera à Strasbourg sur le rôle de l'Etat vis-à-vis des
industries culturelles, 14. Recommande au Comité des Ministres de
charger un comité approprié de préparer, en consultation
avec les milieux professionnels intéressés et d'autres groupes,
des recommandations aux gouvernements en vue de l'élaboration d'une
nouvelle politique du cinéma, couvrant les points suivants :
a. sur le plan national
i. mise en place de structures efficaces propres à
stimuler la production cinématographique et à favoriser les
nouveaux talents et les échanges d'expériences ; ii.
introduction à la connaissance du cinéma dans les écoles
secondaires ; iii. modalités d'une aide sélective de
l'Etat visant à promouvoir des oeuvres de qualité, de
préférence à une aide automatique ; iv.
création de ciné-clubs et de cinémas municipaux dans les
foyers culturels en supplément des circuits commerciaux ; v.
taxes et droits frappant le cinéma par rapport à ceux frappant
les autres catégories de spectacles ; vi. possibilités
de coopération, dans des conditions équitables, entre le
cinéma et la télévision ; vii. rendre le
cinéma plus accessible à tous, par exemple par une politique de
prix réduits, notamment pour les jeunes et les personnes
âgées ; viii. organisation du stockage, de la
conservation et de la restauration des films ; ix. augmentation des
budgets culturels permettant une véritable politique du
cinéma ; x. recherche de solutions en faveur du cinéma
dans le cadre d'une politique globale de l'audiovisuel qui tienne compte
notamment des perspectives technologiques. b. sur le plan
européen
i. conclusion d'accords entre producteurs des pays
européens sur le financement des films et introduction de mesures pour
favoriser la codistribution de films d'origine européenne en Europe et
dans le reste du monde ; ii. développement du «Bureau
européen du cinéma» pour permettre le rassemblement, la
coordination et la diffusion dans toute l'Europe des informations et de la
documentation ; iii. efforts de coordination des politiques pour
l'ensemble du domaine audiovisuel ; iv. encouragement à la
pratique du sous-titrage des films plutôt qu'au doublage ; v.
étude de la diversification de la distribution des films, compte tenu de
l'importance de l'individualisme de la création cinématographique
en Europe.
[1]. Discussion
par l'Assemblée le 11 mai 1979 (8e séance) (voir
Doc. 4306, rapport de la commission de la culture et de
l'éducation). Texte adopté par l'Assemblée le
11 mai 1979 (8e séance).
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