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RECOMMANDATION 929 (1981)[1]
relative à l'éducation musicale pour tous
L'Assemblée,
1. Ayant pris note du rapport de sa commission de la culture et de
l'éducation sur l'éducation musicale pour tous (Doc.
4760) ;
2. Convaincue que la musique, sous toutes ses formes, est pour les
hommes un important moyen d'expression et une composante naturelle du
patrimoine culturel de l'Europe ;
3. Souhaitant encourager la poursuite du développement de ce
patrimoine grâce à des aides à la création musicale
contemporaine, mais estimant aussi que chaque individu doit pouvoir apprendre
à porter un jugement critique sur la musique et, le cas
échéant, développer son aptitude à l'expression
musicale, qu'il s'agisse du chant, de la pratique d'un instrument ou d'une
activité culturelle liée à la musique telle que la
danse ;
4. Persuadée que l'éducation musicale, en dehors de la
formation spéciale qui doit être donnée aux enfants
particulièrement doués, devrait être reconnue comme faisant
partie de l'éducation générale dans tous les
pays ;
5. Soulignant l'importance de l'éducation musicale et de la
formation musicale pour l'épanouissement de la personnalité de
l'individu et pour son comportement culturel ;
6. Soulignant également la contribution que la musique peut
apporter à l'éducation corrective et son rôle social
positif en tant qu'activité de loisir ;
7. Relevant avec intérêt que des recherches ont
montré que l'éducation musicale peut directement contribuer
à l'amélioration des résultats scolaires dans d'autres
disciplines ;
8. Notant l'omniprésence de la musique dans la
société moderne, du fait en particulier des mass media, et
soulignant la nécessité pour les jeunes de pouvoir faire preuve
de discernement au milieu de ce continuel matraquage acoustique ;
9. Se félicitant, toutefois, des perspectives ouvertes par
l'actuelle invasion de la musique sous toutes ses formes, et de
l'intérêt croissant manifesté pour la musique au cours des
vingt dernières années par les jeunes et les adultes, dont
beaucoup veulent s'initier au chant ou apprendre à jouer d'un
instrument ;
10. Rappelant sa Résolution 624 (1976), relative au renouveau
démocratique des arts du spectacle, et sa Recommandation 781 (1976),
relative à l'action du Conseil de l'Europe pour l'avenir des arts du
spectacle ;
11. Se félicitant de ce que l'éducation musicale ait
été reconnue par les ministres européens responsables des
Affaires culturelles dans la Résolution n° 1 de leur 3e
Conférence (Luxembourg, 1981) comme faisant partie de la politique
gouvernementale ;
12. Déplorant, toutefois, la faible priorité
accordée à l'éducation musicale dans de nombreux pays
membres, et craignant tout spécialement que des coupes ne soient
opérées dans les crédits affectés à
l'éducation musicale dans les écoles primaires et secondaires
afin d'alléger les dépenses publiques ;
13. Appelant l'attention sur l'énorme chiffre d'affaires des
industries de la musique, et exprimant l'espoir qu'une partie des
bénéfices réalisés pourront être
redistribués pour financer la formation de musiciens et aider le public
à mieux apprécier la musique ;
14. Estimant que le nombre des écoles de musique dans les pays
membres est insuffisant et ne permet pas de répondre aux besoins en
matière de formation spécialisée, qu'il s'agisse d'art
vocal ou d'art instrumental, à côté de l'enseignement
primaire et secondaire ;
15. Regrettant le manque d'enseignants et de professeurs
spécialisés compétents pour enseigner la musique
qu'expliquerait l'insuffisance des moyens de formation, le recours à des
méthodes dépassées et les perspectives d'emploi fort peu
brillantes qui leur sont offertes,
16. Recommande au Comité des Ministres :
a. d'élaborer une recommandation relative à
l'éducation musicale pour tous, demandant aux gouvernements membres de
faire en sorte :
i. que les parents prennent conscience de l'importance pour les
enfants de l'interprétation musicale des sons dès la naissance,
et que des indications leur soient données quant à la
manière d'éveiller une telle sensibilité ;
ii. que l'éducation musicale soit assurée en
permanence dans tous les établissements depuis le préscolaire
jusqu'à la fin de l'enseignement secondaire ;
iii. que des écoles spécialisées soient
maintenues en nombre suffisant (et réparties uniformément sur
tout le territoire) à l'intention des enfants spécialement
doués pour la musique, et qu'elles les préparent à un
examen musical de fin d'études ;
iv. que les professeurs et les équipements de ces
écoles spécialisées soient également mis à
la disposition des établissements d'enseignement
général ;
v. que des mesures soient prises en vue de l'éducation
musicale des adultes : télé-enseignement, cours du soir ou
centres de formation des adultes ;
vi. qu'une attention soit accordée à la formation des
professeurs de musique, en particulier :
- en faisant une place à la musique dans la
formation des maîtres de l'éducation préscolaire et
primaire ;
- en prévoyant la formation d'un nombre suffisant de
professeurs de musique spécialisés pour les écoles
secondaires et l'éducation des adultes ;
- en assurant aux enseignants en exercice une formation
musicale qui mette l'accent sur les correspondances entre la musique et les
autres disciplines ;
- en maintenant de solides contacts entre les enseignants
(de l'enseignement général et spécialisé), les
universités ou les instituts de recherche et les cours de formation pour
les enseignants, afin que l'éducation musicale soit le reflet constant
de l'expérience acquise dans cette discipline et des innovations dans le
domaine musical ;
vii. que soit reconnue l'équivalence du statut des
professeurs des écoles de musique et de leurs conditions d'emploi avec
ceux des professeurs de musique de l'enseignement
général ;
viii. que soit conclu un accord sur la reconnaissance des
équivalences des diplômes de musique dans toute
l'Europe ;
ix. que les mass media (radio, télévision,
disques, bandes d'enregistrement ou cassettes) et autres innovations
technologiques soient mieux utilisés dans l'éducation
musicale ;
x. que soit encouragée une composition de musique
contemporaine n'exigeant pas une trop grande finesse d'appréciation ou
d'exécution et pouvant servir aux apprentis musiciens ;
xi. que soient soutenues les manifestations d'amateurs (en
particulier des orchestres de jeunes, des élèves d'écoles
de musique, des chorales, etc.), ainsi que les spectacles de groupes
professionnels en tournée organisés dans des écoles ou
pour des auditoires de jeunes à travers tous les pays ;
xii. que soient introduits et encouragés à tous les
niveaux des innovations et des projets pilotes dans le domaine
musical ;
b. d'inviter le Conseil de la coopération culturelle
à examiner, dans le cadre de ses travaux futurs sur les industries
culturelles, la possibilité qu'une partie des bénéfices de
l'industrie de la musique soit réinvestie dans l'enseignement
musical ;
c. d'informer l'Assemblée, au cours de l'Année
européenne de la musique en 1985, des progrès
réalisés dans la mise en oeuvre de la présente
recommandation.
[1]. Discussion par l'Assemblée le 8
octobre 1981 (19e séance) (voir Doc. 4760, rapport de la
commission de la culture et de l'éducation).
Texte adopté par l'Assemblée le 8 octobre 1981
(19e séance).
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