RECOMMANDATION 1018 (1985)[1]
relative au mécénat privé et la
culture
L'Assemblée, 1.
Considérant les excellentes contributions déjà
apportées par le Conseil de l'Europe à la promotion de la
culture ; 2. Convaincue que la culture fait partie
intégrante d'une vie civilisée et qu'une nation qui se veut telle
se doit de la soutenir dans l'intérêt des
générations présentes et futures ; 3.
Constatant l'émergence, dans certains pays, de nouvelles
modalités de soutien financier de la culture qui associent les secteurs
public et privé ; 4. Estimant que les arts peuvent
être promus par des subventions privées, qu'elles proviennent
d'entreprises ou de particuliers, gage d'une liaison mutuellement
bénéfique entre le monde des affaires et la culture pour le plus
grand bien de toute la collectivité ; 5. Se
félicitant de ce que le Conseil de la coopération culturelle ait
reconnu l'importance du facteur commercial dans les politiques culturelles, et
notamment de ses activités en matière d'industries culturelles et
de ses deux ateliers de recherche sur le financement de la culture (Munich en
1983 et Rüschlikon en 1985) ; 6. Souhaitant faciliter et
encourager le parrainage commercial, parallèlement au financement de
source publique et indépendamment de celui-ci ; 7.
Reconnaissant le rôle des objectifs culturels dans le
développement socio-économique des Etats membres, attirant
l'attention sur l'importance économique de la culture du point de vue de
l'emploi et des recettes fiscales, et invitant sa commission des questions
économiques et du développement d'approfondir l'étude sur
les relations entre la culture et l'économie, 8. Recommande au
Comité des Ministres : a. de poser, au niveau
européen, eu égard aux travaux permanents du Conseil de la
coopération culturelle, les fondements officieux d'une collaboration et
d'un échange régulier d'informations entre les responsables
politiques, les dirigeants des industries culturelles et les
mécènes de la culture ; b. d'étudier
dans ce contexte la possibilité de définir des orientations
générales ou d'élaborer un code déontologique du
mécénat privé de la culture, compte tenu de facteurs tels
que :
i. l'intégrité de la créativité
artistique individuelle ; ii. le principe de la pluralité du
financement ; iii. la publicité faite aux
mécènes ; iv. la continuité ; v. la
valorisation de la qualité, de la créativité et de la
diversité artistiques ; c.
d'étudier les moyens par lesquels le Conseil de l'Europe pourrait
lui-même encourager directement le mécénat au niveau
européen ; d. d'entreprendre l'élaboration des
statistiques concernant le financement de la culture aux niveaux national et
européen, et l'évaluation de son importance économique
directe et indirecte ; e. d'inviter les gouvernements des
Etats membres, tout en maintenant leur appui financier public à la
culture :
i. à mieux apprécier, dans la formulation des
politiques culturelles, la portée économique tant directe
qu'indirecte de la culture ; ii. à soutenir davantage le
mécénat artistique privé de la culture par des stimulants
fiscaux et autres, et à informer le Conseil de l'Europe des mesures
déjà prises ou pouvant être mises en œuvre à
cet effet.
[1]. Discussion
par l'Assemblée le 28 septembre 1985 ( 14e séance)
(voir Doc. 5465, rapport de la commission de la culture et de
l'éducation). Texte adopté par l'Assemblée
le 28 septembre 1985 (14e séance).
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