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Parliamentary
Assembly
Assemblée parlementaire
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RÉSOLUTION 855 (1986)[1]
relative à l'égalité entre les hommes et les femmes
L'Assemblée,
1. Affirmant l'égale dignité des deux sexes, et soulignant que
l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, ainsi
que la suppression des discriminations telles que définies
dans le rapport de sa commission des questions sociales et de
la santé (Doc. 5502), constituent une expression des valeurs
démocratiques et des droits de l'homme ;
2. Considérant que l'égalité entre les hommes et les femmes
suppose que les deux sexes disposent des mêmes chances de
développer leurs ressources dans tous les secteurs de la vie
active, politique, familiale et culturelle ;
3. Notant les obstacles à l'égalité entre les hommes et les
femmes dans les dispositions législatives et réglementaires,
les systèmes d'enseignement, les attitudes stéréotypées, et
soulignant la nécessité de mettre en oeuvre une vaste gamme de
moyens pour combattre les différentes formes de discrimination
rencontrées quotidiennement par les femmes dans la vie
professionnelle ;
4. Considérant qu'il est de l'intérêt des parents et de la
société que les enfants grandissent dans des conditions aussi
favorables et sécurisantes que possible, l'intérêt des enfants
devant rester une priorité, et que la famille continue à jouer
un rôle central dans la société moderne ;
5. Rappelant que l'égalité ne peut être réalisée qu'en
modifiant les rôles des femmes et des hommes, et qu'à cette
fin une nouvelle répartition du travail et des responsabilités
plus équitable entre les femmes et les hommes s'impose ;
6. Soulignant la nécessité pour les femmes d'élargir, par
l'éducation et la formation, l'éventail de leurs choix
professionnels et de s'orienter davantage vers des domaines
non traditionnels ;
7. Soulignant que les femmes doivent avoir des chances réelles
d'utiliser leur expérience et leurs valeurs dans des secteurs
actuellement dominés par les hommes — les hommes devraient de
même faire bénéficier des leurs la vie familiale et les
professions jusqu'ici typiquement féminines ;
8. Réaffirmant la nécessité d'une vaste campagne d'information
et de sensibilisation du public pour l'amener à changer
d'attitude et à se défaire de ses préjugés ;
9. Consciente de la violence existant à l'encontre des femmes ;
10. Préoccupée des difficultés particulières que rencontrent
les femmes migrantes ;
11. Rappelant ses Recommandations 741 (1974) relative à la
situation juridique de la femme, et 1008 (1985) relative à la
place des femmes dans la vie politique, mais aussi les divers
textes adoptés par le Comité des Ministres en ce qui concerne
la situation des femmes, en particulier la Résolution (77) 1
sur l'emploi des femmes, qui a introduit, entre autres, le
principe de l'égalité des rémunérations pour un travail de
valeur égale ;
12. Regrettant que jusqu'à présent treize Etats membres du
Conseil de l'Europe n'aient pas encore ratifié la Convention
des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes ;
13. Se félicitant de ce que le principe de l'égalité soit
intégré progressivement dans le programme de travail du
Conseil de l'Europe par le biais d'une approche
interdisciplinaire,
14. Demande instamment à la première Conférence ministérielle
européenne sur l'égalité entre les femmes et les hommes qui se
tiendra du 3 au 5 mars 1986, d'inviter les gouvernements des
Etats membres :
a. à promulguer une législation familiale, sociale et
fiscale en ce qui concerne l'égalité des hommes et des femmes ;
b. à veiller à ce que les efforts déployés dans les
écoles favorisent l'égalité, en éliminant par exemple des
stéréotypes sexués dans certains manuels scolaires, en offrant une formation spéciale aux enseignants, et en
encourageant les jeunes qui voudraient s'orienter vers des
secteurs d'activité autres que traditionnels ;
c. à mettre au point des mesures qui assurent le respect de la
dignité des femmes dans la publicité ;
d. à prêter une attention particulière aux programmes
de recherche dans lesquels les sujets et méthodes sont choisis
principalement par les hommes, et à supprimer les obstacles
pour que les chercheurs femmes puissent participer à de tels
programmes qui seront ainsi complétés et enrichis par une
perspective féminine ;
e. à adopter des mesures en faveur de l'égalité entre
les femmes et les hommes dans la vie active :
i. en soulignant la nécessité d'organiser la vie
professionnelle de telle sorte qu'elle permette aux hommes de
s'occuper de leurs enfants et de partager les tâches ménagères ;
ii. en considérant qu'une réduction générale et/ou une
réorganisation du temps de travail serait une manière d'offrir
davantage de possibilités aux deux parents — dans l'attente
d'une telle réforme on pourrait envisager un réaménagement des
horaires pour les parents ayant des enfants en bas âge ;
iii. en acceptant le principe de congés rémunérés en vue de
s'occuper de leurs jeunes enfants pour les femmes aussi bien
que pour les hommes, et en envisageant une extension du régime
de sécurité sociale à cet égard ;
f. à promouvoir des systèmes de garderie satisfaisants pour
permettre aux deux parents de travailler hors du foyer ;
g. à promulguer une législation qui prévoie des
poursuites obligatoires pour tout type d'agression ou
violences sexuelles à l'égard des femmes, y compris les actes
de violence à l'intérieur du foyer, et à mettre en place des
dispositifs d'aide pour les deux parties en cas d'agression et
de soutien pour la partie ayant subi un traumatisme ;
h. à soutenir les organismes spéciaux créés pour les
migrantes en vue de les aider à éviter l'isolement, en
soulignant notamment qu'elles doivent absolument être
autorisées à apprendre la langue et à connaître la culture du
pays d'accueil le plus rapidement possible ;
i. à diffuser des informations et à sensibiliser l'opinion
publique, afin de faire évoluer les attitudes et de lutter
contre les préjugés ;
j. à prendre des mesures visant à mettre fin aux
pratiques consistant à « importer » et à exploiter des femmes de
pays du tiers monde en les obligeant à se livrer à des
activités indignes et avilissantes, et à éliminer cette
nouvelle forme de traite des esclaves, également compte tenu
de la position de la femme en Europe ;
k. à veiller à ce que la responsabilité des questions
d'égalité incombe directement aux gouvernements, et à veiller
à la mise en place de mécanismes de promotion et de contrôle
du respect des principes d'égalité ;
l. à ratifier, s'ils ne l'ont pas encore fait, la Convention
des Nations Unies sur l'élimination de toutes les formes de
discrimination à l'égard des femmes ;
15. Invite la conférence à inclure dans ses recommandations au
Comité des Ministres du Conseil de l'Europe la demande :
a. de considérer que le Conseil de l'Europe doit
s'assigner comme objectif à moyen terme la tâche de
coordinateur des efforts mis en oeuvre pour la réalisation de
l'égalité des sexes dans les Etats membres ;
b. de se fixer comme objectif complémentaire
l'harmonisation des politiques au sein des Nations Unies, en
prêtant une attention particulière à la situation des femmes
dans les pays en voie de développement ;
c. de proroger le mandat du Comité d'experts pour
l'égalité entre les femmes et les hommes (CAHFM) au-delà de
1986 ;
d. de tenir compte de la présente résolution dans la
mise à jour des dispositions pertinentes de la Charte sociale
européenne.
[1]. Discussion par l'Assemblée le 27
janvier 1986 (21e séance) (voir Doc. 5502, rapport
de la commission des questions sociales et de la santé).
Texte adopté par l'Assemblée le 27 janvier 1986
(21e séance).
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