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| RECOMMANDATION 1185 (1992)1 relative
aux politiques de réadaptation pour les personnes ayant un handicap |
| 1. L'année 1981 avait été proclamée Année
internationale des personnes handicapées et ce fut l'occasion pour l'Assemblée
parlementaire du Conseil de l'Europe d'adopter la Recommandation 925 (1981). L'année 1993
verra la fin de la décennie consacrée aux personnes handicapées. Ce doit être
l'occasion d'un bilan du chemin parcouru et d'une réflexion sur les mesures encore
nécessaires, et ce d'autant plus que 1993, avec la réalisation du Marché unique ainsi
que la liberté de circulation des personnes, demande la création d'un espace social
européen dont les personnes ayant un handicap ne soient pas exclues. Elles doivent, au
contraire, pouvoir participer, de pair avec les autres, à l'élaboration de réponses
pour tous. |
| 2. Etre autonome, c'est, pour les hommes et les femmes
ayant un handicap, pouvoir vivre comme des hommes et des femmes ordinaires, ne pas être
passifs et assistés, disposer d'une gamme de possibilités et être acteurs de leur
propre vie. 3. Le handicap est une limitation née d'une
confrontation à des obstacles physiques, psychiques, sensoriels, sociaux, culturels,
juridiques ou autres, qui empêchent la personne handicapée de s'intégrer dans la vie
familiale, la société, et d'y participer au même titre que tout un chacun. Nos
sociétés ont le devoir d'adapter leurs normes aux besoins spécifiques des personnes
handicapées pour leur garantir une vie autonome. |
| 4. Mais combien sont-ils, ceux dont nous disons accepter la
différence et pour lesquels nos sociétés font encore bien peu pour que nous devenions
sensibles à leur présence ? Nous ne connaissons ni leur nombre ni leurs besoins, ni
surtout leurs souhaits. Il manque un système d'information et d'évaluation permettant,
sur la base de données statistiques fiables et d'indicateurs révisables, une
connaissance et des projections comparables entre les différents pays d'Europe. |
| 5. Le Conseil de l'Europe a mené des travaux de grande
valeur dans ce domaine, malheureusement souvent limités à un petit nombre d'Etats
membres ; l'Assemblée elle-même connaît très peu les propositions des experts et,
jusqu'à ce jour, n'a pas eu l'occasion de transmettre ses propres conclusions aux
parlements nationaux du fait des limites du système de communication en vigueur au sein
du Conseil de l'Europe. |
| 6. Le moment est venu pour l'Assemblée d'en appeler aux
gouvernements et aux autorités compétentes de ses Etats membres : |
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i. pour assurer la prise en compte des intérêts et des besoins
des personnes handicapées ; pour permettre aux pouvoirs locaux et aux associations
la coordination des diverses mesures élaborées à cette fin, et en garantir la
cohérence, la globalité et l'efficacité par la création, si nécessaire, d'une unité
centrale de concertation et de décision politique, placée sous l'autorité d'un
ministre, l'objectif n'étant pas d'étatiser les initiatives et les services, mais d'en
garantir la coordination adéquate et l'efficacité ;
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ii. pour rechercher et encourager une participation effective et
active des personnes handicapées à la vie familiale, communautaire et sociale, et à
leur propre vie ; pour leur assurer la reconnaissance et l'exercice effectif de tous
leurs droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels, et en tout cas leur
garantir une réelle représentation de leurs intérêts et de leurs besoins ;
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iii. pour donner la priorité, avec le souci d'offriraux personnes
ayant un handicap des possibilités de participer le plus largement possible à la vie
sociale et économique, et de bénéficier d'un maximum d'autonomie :
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a. aux actions préventives, tant sur le plan génétique
que sur le plan médical, compte tenu des nouvelles découvertes de la science, mais aussi
des risques et des limites imposées par la bioéthique ; une attention particulière
doit être portée aux centres d'hygiène mentale et de neuropsychiatrie infantilesen
raison de l'impact déterminant de toute action conduite pendant le développement de
l'enfant ;
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b. à l'éducation et à l'insertion scolaire ;
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c. au renforcement des services à domicile et d'aide aux
familles, avec une attention particulière aux porteurs de handicaps graves et aux
dépendants âgés ;
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d. à l'offre de services de placement, d'orientation et de
formation professionnelles, et à une législation qui permette une insertion au sein des
activités professionnelles ordinaires dans le cadre de l'évolution complexe du marché
du travail ou, dans les cas les plus graves, dans le cadre d'initiatives coopératives et
du travail protégé ;
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e. à la constitution d'un réseau de services locaux et
régionaux de réadaptation et d'aide sociales, gérés le plus possible par les
associations familiales et le bénévolat ;
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f. à la suppression des frontières architecturales et des
obstacles visuels, auditifs et psychologiques à la communication ;
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g. à l'adoption des mesures fiscales et des mesures de
soutien aux familles et aux associations qui s'avéreront nécessaires ;
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h. à la définition de normes européennes pour la
formation du personnel médical et technique spécialisé, en évitant la confusion des
compétences et surtout en réaffirmant que le diagnostic et le traitement médicaux
doivent être de la compétence exclusive des médecins spécialistes de la
réadaptation ;
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i. au soutien de chaque effort visant :
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- à promouvoir et à diffuser une culture d'accueil et de
solidarité avec les personnes handicapées ;
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- à la valorisation des initiatives telles que le
bénévolat ; et
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- à surmonter les obstacles, notamment psychologiques, érigés
entre les personnes handicapées, leur famille et la société ;
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j. à amender la Charte sociale du Conseil de l'Europe pour
introduire les droits et les garanties nécessaires pour donner pleine application et
cohérence à une politique globale de la réadaptation, comme proposé dans sa
Recommandation 1168 (1991).
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| 7. En outre, l'Assemblée recommande au Comité des
Ministres : |
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i. de chercher à associer tous les gouvernements des Etats
membres, voire de tous les Etats européens, aux activités menées par le Conseil de
l'Europe en faveur des personnes souffrant d'un handicap, d'origine soit physique, soit
psychique soit/et sensoriel, et d'encourager la tenue périodique de conférences de
ministres européens spécialisés ;
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ii. de promouvoir l'utilisation de la classification
internationale des déficiences, incapacités et handicaps (CIDIH), eu égard notamment
aux travaux du Conseil de l'Europe dans le cadre de son accord partiel ;
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iii. d'inviter chacun des gouvernements des Etats membres à
préciser ce qu'il en est de la mise en uvre de la Recommandation no R
(92) 6 relative à une politique cohérente et globale pour les personnes
handicapées ;
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iv. d'engager l'action nécessaire à l'instauration d'un système
européen d'information et d'évaluation, offrant des données statistiques fiables
mesurées avec des indicateurs mis à jour régulièrement, afin de parvenir à une
connaissance et à des projections comparables entre les différents pays d'Europe.
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| ______________ 1. Discussion
par l'Assemblée le 7 mai 1992 (6e séance) (voir Doc. 6581, rapport
de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteurs :
MM. Foschi et Schwimmer).
Texte adopté par l'Assemblée le 7 mai 1992 (6e
séance). |
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