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RECOMMANDATION 1247 (1994)[1]
relative à
l'élargissement du Conseil de l'Europe
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Le Conseil de l'Europe est une organisation d'Etats souverains qui, sur la base de
Constitutions démocratiques et de la Convention européenne des Droits de l'Homme,
aspirent à parvenir à une coopération étroite. L'Europe a intérêt à ce que ses
valeurs fondamentales et sa conception des droits de l'homme imprègnent des cultures
voisines, sans pour autant les remettre en question et encore moins les
détruire.
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Ne peuvent en principe devenir membres du Conseil de l'Europe que des Etats dont le
territoire national est situé en totalité ou en partie sur le continent européen et
dont la culture est étroitement liée à la culture européenne. Toutefois, des liens
traditionnels et culturels et une adhésion aux valeurs fondamentales du Conseil de
l'Europe pourront justifier une coopération appropriée avec d'autres Etats qui jouxtent
les limites dites «géographiques».
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Les frontières de l'Europe n'ont jusqu'à présent pas été fixées avec précision
en droit international. En conséquence, le Conseil de l'Europe doit lui-même se baser,
en principe, sur les limites géographiques de l'Europe généralement
acceptées.
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Dans leurs frontières reconnues à l'échelon international, tous les Etats membres
du Conseil de l'Europe sont donc des Etats européens: Autriche, Belgique, Bulgarie,
Chypre, République tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, France, Allemagne, Grèce,
Hongrie, Islande, Irlande, Italie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas,
Norvège, Pologne, Portugal, Roumanie, Saint-Marin, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède,
Suisse, Turquie et Royaume-Uni.
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Sont aussi considérés comme européens, au sens du paragraphe 3 ci-dessus, les
Etats dont les assemblées législatives bénéficient du statut d'invité spécial
auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Ces Etats sont: l'Albanie,
la Bélarus, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Lettonie, l'Ex-République yougoslave
de Macédoine, la Moldova, la Russie et l'Ukraine.
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La possibilité de devenir membre existe pour les républiques de l'ancienne
République socialiste fédérative de Yougoslavie - le Monténégro et la Serbie - qui,
en raison de leur responsabilité dans la crise et des sanctions imposées à leur
encontre par les Nations Unies, n'ont pas de statut formel auprès du Conseil de
l'Europe.
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La possibilité de devenir membre existe aussi pour la principauté
d'Andorre.
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En raison de leurs liens culturels avec l'Europe, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et la
Géorgie auraient la possibilité de demander leur adhésion à condition qu'ils indiquent
clairement leur volonté d'être considérés comme faisant partie de l'Europe. Toutefois,
on ne devrait pas tirer un nouveau rideau de fer derrière ces Etats, qui risquerait
d'empêcher l'expansion des valeurs fondamentales du Conseil de l'Europe vers d'autres
pays. Des pays voisins de l'Europe «géographique» devraient être considérés, s'ils
le veulent, comme des candidats possibles à une coopération appropriée.
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Des pays limitrophes d'Etats membres du Conseil de l'Europe doivent pouvoir
bénéficier de relations privilégiées avec l'Assemblée parlementaire s'ils le
souhaitent. Cela vaut notamment pour les Etats des rives est et sud de la
Méditerranée.
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Même après une déclaration de souveraineté reconnue à l'échelon international,
tout territoire non européen d'un Etat membre qui se sépare de cet Etat doit uniquement
avoir la possibilité de demander à participer aux travaux de l'Assemblée parlementaire
en tant qu'observateur.
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Le nombre de membres des délégations à l'Assemblée parlementaire ne peut être
inférieur à deux ni supérieur à dix-huit.
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En
conséquence, l'Assemblée recommande au Comité des Ministres de définir les
limites de l'élargissement du Conseil de l'Europe en tenant compte des principes
mentionnés ci-dessus.
[1]
Discussion par l'Assemblée le 4 octobre 1994 (266e
séance) (voir Doc. 7103, rapport de la commission des questions politiques, rapporteur:
M. Reddemann; Doc. 7166, avis de la commission des questions juridiques et des
droits de l'homme, rapporteur: Mme Haller; et Doc. 7148, avis de la commission des
relations avec les pays européens non membres, rapporteur: M. Atkinson).
Texte adopté par l'Assemblée le 4 octobre 1994 (26e séance).
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