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Résolution 1171 (1998)[1]
Cultures minoritaires ouraliennes en danger
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Plus de 23 millions de personnes parlent des langues ouraliennes dans le monde, et
un recensement de 1989 indique quelles sont près de 3,3 millions à vivre en tant
que minorités dans la Fédération de Russie. Elles ne font pas toutes un usage régulier
de leur langue. LAssemblée est préoccupée par le statut menacé des langues et
cultures ouraliennes en Russie.
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Parmi les peuples ouraliens de Russie, les Caréliens, les Mordves, les Maris, les
Komis et les Oudmourtes jouissent de la qualité dÉtat sous la forme de leurs
républiques éponymes; les Khantys, les Mansis, les Komis-Permiaks et les Nenets
jouissent de lautonomie dans leurs districts autonomes. Toutefois, les peuples
ouraliens ne vivent pas tous sur le territoire de leurs propres républiques ou districts
autonomes et, dans nombre de ces entités, ils ne constituent pas la majorité de la
population. LAssemblée est fortement préoccupée par la situation matérielle
difficile et le faible niveau de protection sociale des petits peuples ouraliens qui
vivent dans les conditions pénibles des régions subarctiques et jouissent à peine du
minimum vital.
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Les statistiques révèlent que les locuteurs de la langue nationale ou ceux qui la
présentent comme leur langue maternelle représentent un pourcentage de plus en plus
faible de la population. Les principales raisons en sont lurbanisation, les
tendances démographiques et migratoires modernes, les mariages mixtes et le déclin du
mode de vie traditionnel. Labandon des langues nationales a été le plus rapide
chez les citadins et les jeunes. Le développement des langues de certains petits peuples
ouraliens est également entravé par leur nomadisme et la dispersion de leurs
établissements.
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Les bouleversements dans la société et léconomie ont encore rendu plus
précaire le statut des langues minoritaires en contraignant la population à concentrer
son attention sur les problèmes de la vie quotidienne et sur ses moyens de subsistance.
Dans les pays nordiques, les Samis ont désormais officiellement le droit dutiliser
leur langue, de posséder leur culture et de recevoir un enseignement dans leur langue
maternelle. La Constitution de la Fédération de Russie, les lois sur les langues des
peuples de la Fédération de Russie et sur lautonomie culturelle nationale, ainsi
que les Constitutions et les lois des républiques nationales comportent des dispositions
relatives au maintien et au développement des langues et cultures nationales. Dans les
républiques nationales, les langues nationales sont des langues dEtat,
parallèlement au russe. Cependant, en raison des difficiles conditions
socio-économiques actuelles, lEtat est incapable de fournir des ressources économiques suffisantes
pour mettre en uvre ces dispositions.
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Dans la Fédération de Russie, lenseignement scolaire est dispensé dans
soixante-quinze langues nationales, dont treize langues ouraliennes. Dans les républiques
et les districts habités par des peuples ouraliens, il y a des écoles primaires et
secondaires nationales et des écoles russes principalement dans les zones rurales où les
langues ouraliennes sont étudiées en tant que matières distinctes. A la suite de la
crise du système éducatif dans la Fédération de Russie, ces écoles naugmentent
pas en nombre et elles connaissent une forte pénurie denseignants et de manuels.
LAssemblée considère que le domaine de lenseignement est le plus important
pour le maintien des identités et des cultures nationales des peuples ouraliens, et
estime quil est vital de prendre durgence des mesures pour maintenir et
développer lenseignement dans les langues nationales des peuples ouraliens.
Certaines des langues des peuples indigènes de Russie centrale et septentrionale et de
Sibérie existent uniquement sous la forme orale.
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Les gens dont la langue maternelle est le finnois, lestonien ou le hongrois
tiennent à leurs racines linguistiques non indo-européennes. La diversité des cultures
et des langues devrait être envisagée comme un bien précieux, qui enrichit notre
patrimoine européen et consolide également lidentité de toute nation et de tout
individu.
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Les minorités ouraliennes de la Fédération de Russie ne militent pas pour un
changement politique, mais elles ont besoin que les pouvoirs publics les aident à sauver
leurs langues et leurs cultures, dont certaines risquent de disparaître si des
organisations telles que le Conseil de lEurope ninterviennent pas.
LAssemblée est profondément préoccupée par la détérioration possible des
cultures nationales des peuples ouraliens, notamment par la forte diminution des
publications, émissions de radio et de télévision dans les langues nationales et par
linterruption du soutien des théâtres nationaux et des arts traditionnels du fait
de la crise économique dans la Fédération de Russie.
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LAssemblée rappelle sa
Recommandation 1203 (1993) sur les Tsiganes en Europe
et ses Recommandations 1291(1996) sur la culture yiddish et
1333 (1997) relative à la
langue et à la culture aroumaines, qui mentionnent la création, en coopération avec le
Conseil de lEurope, dun centre de recherche pour les minorités ethniques
dispersées qui aurait notamment pour mandat de promouvoir la survie des cultures
minoritaires et leur mémoire, denregistrer, de recueillir et de préserver les
monuments linguistiques et la tradition orale, dencourager la publication de
documents dans leur propre langue, et, en général, de faire tout ce qui est en son
pouvoir pour empêcher les langues et cultures dEurope de disparaître. Cette
activité est considérée comme très importante. Le centre de recherche devrait
également assumer un rôle de surveillance.
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LAssemblée donne son soutien à la poursuite des travaux de la commission de
la culture et de léducation sur ce sujet en coopération avec les autorités
russes.
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LAssemblée encourage les pays où vivent les minorités linguistiques du
groupe ouralien, et en particulier la Fédération de Russie, dans leurs efforts pour
garantir que ces minorités restent présentes et vivantes sur la carte culturelle de
lEurasie. Pour ce faire, il convient de prendre en compte les principes
suivants:
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lécole enseignant la langue indigène est la base sur laquelle peuvent se
construire la revitalisation et le développement des langues et des cultures. Il convient
donc dencourager et de soutenir les États en question dans leurs efforts pour
garantir aux enfants un enseignement dans leur langue maternelle, dabord dans les
premières classes des écoles primaires, pour passer ensuite, graduellement, aux classes
plus élevées. Ces écoles enseignant les langues indigènes doivent être présentes
tant dans les villes que dans les campagnes;
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la mise en place décoles pour les minorités ethniques et
lenseignement dans les langues indigènes exigeront au préalable la production
doutils pédagogiques et de matériel didactique dans ces langues. Des efforts
seront également nécessaires pour assister la formation des enseignants. La réalisation
de tels objectifs nécessitera la bienveillance des politiques concernant les minorités
et exigera la mise en uvre des moyens nécessaires à la réforme de
lenseignement, à la formation des enseignants et à la production du matériel
pédagogique;
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lutilisation active des langues dans tous les domaines de la communication
écrite et orale est indispensable à leur survie. Il faut donc maintenir ou promouvoir
les journaux et les émissions de radio et de télévision, et tout autre moyen de
communication électronique, dans les langues minoritaires, et assurer le contact entre
les minorités nationales de républiques et de régions différentes;
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les échanges de personnel et détudiants entre les régions ouraliennes et
les universités, les instituts de recherche et les organismes nationaux dautres
pays doivent être intensifiés. Les échanges culturels de gens du spectacle,
décrivains, etc., entre les peuples des diverses minorités culturelles contribuent
également à renforcer leur identité et forgent des liens au sein dun monde
multiculturel. Une aide devrait également être prévue pour les diverses organisations
et sociétés qui, au niveau local, uvrent au renouveau et à la protection des
langues indigènes;
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il conviendrait de prendre en compte les peuples ouraliens dans lapplication
de la Recommandation 1291 (1996), notamment en ce qui concerne un centre de recherche sur
les minorités ethniques dispersées;
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les sites du
patrimoine, tels que la vieille ville de Tsygma (Kozmodemyansk)
devraient être inscrits sur la liste du patrimoine mondial de lUnesco pour assurer
la protection de ses anciennes constructions en rondins et de ses gravures sur bois.
[1] Discussion par lAssemblée le 25 septembre 1998 (32e séance)
(voir Doc. 8126, rapport de la commission de la culture et de léducation,
rapporteur: Mme Isohookana-Asunmaa).
Texte adopté par lAssemblée le 25 septembre 1998 (32e séance).
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