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Recommandation 1413 (1999)1
Représentation paritaire dans la vie politique
(Extrait de la Gazette officielle du Conseil de lEurope
juin 1999)
1. LAssemblée affirme que la réalisation de légalité des chances pour
les femmes et les hommes est une condition nécessaire pour le fonctionnement dune
société démocratique.
2. Lexamen de la composition de la classe politique actuelle dans les différents
Etats membres du Conseil de lEurope révèle une forte sous-représentation
féminine au sein des institutions politiques: parlements, gouvernements, collectivités
locales et territoriales. Cette sous-représentation est dautant plus grave si
lon considère lattention particulière prêtée par les femmes aux exigences
spécifiques de la communauté.
3. Plusieurs facteurs jouent en défaveur dune meilleure représentation des
femmes dans la vie publique. Les pratiques culturelles qui perpétuent stéréotypes et
préjugés, léducation politique et civique biaisée, ainsi que les
responsabilités traditionnelles dans la sphère privée sont autant dobstacles à
lentrée dun plus grand nombre de femmes dans le milieu politique.
4. Dans certains Etats membres il est apparu quun seuil de 30 % de participation
des femmes dans les instances politiques constitue «une masse critique». Au-delà de ce
niveau, de nets progrès qualitatifs sont visibles et les femmes peuvent se libérer du
modèle masculin dexercice du pouvoir, pour apporter leur propre vision.
5. Toutefois, rien dans le système majoritaire délections parlementaires
nempêche les femmes dobtenir 30 % ou plus des sièges et lutilisation
dun système à la proportionnelle ne doit pas servir de prétexte pour ne pas
élire de femmes aux sièges pourvus par système majoritaire. Pour éviter cela, il faut
fixer des objectifs et il convient dexaminer comment des femmes ont réussi à être
élues dans des systèmes qui étaient entièrement ou essentiellement majoritaires.
6. Le Conseil de lEurope uvre depuis plusieurs années pour une plus grande
égalité des femmes et des hommes dans la vie politique.
7. La Convention des Nations Unies sur lélimination de toutes les formes de
discrimination à légard des femmes, adoptée le 18 décembre 1979 et entrée en
vigueur le 3 septembre 1981, prévoit lélimination des discriminations fondées sur
le sexe en assurant aux femmes le droit de vote et déligibilité, et le droit de
prendre part à lélaboration et à lexécution de la politique de
lEtat.
8. LAssemblée parlementaire, dans sa Résolution 1008 (1985) relative à la
place des femmes dans la vie politique, a recommandé au Comité des Ministres
dinviter les gouvernements des Etats membres à promouvoir légalité des
femmes par une institution nationale en ayant la charge et dotée des moyens nécessaires
pour faciliter la participation des femmes à la vie politique, à égalité avec les
hommes.
9. Le plan daction de la Conférence des Nations Unies de Beijing (4-15 septembre
1995) a recommandé aux gouvernements de prendre toutes les mesures visant à assurer aux
femmes légalité daccès et la pleine participation aux structures du pouvoir
et à la prise de décisions.
10. La Conférence ministérielle européenne sur légalité entre les femmes et
les hommes comme critère fondamental de la démocratie (Istanbul, 13 et 14 novembre 1997)
a rappelé quil incombait aux gouvernements et aux partis politiques de
sengager pour promouvoir le rôle des femmes en politique.
11. LAssemblée parlementaire constate toutefois que, malgré tout, peu de
progrès ont été enregistrés dans les Etats membres du Conseil de lEurope.
12. En conséquence, lAssemblée invite ses délégations nationales à agir au
sein des parlements en vue de prendre des mesures concrètes pour corriger la
sous-représentation des femmes dans la vie politique, et notamment:
i. de créer des commissions ou délégations parlementaires pour les droits des femmes
et pour légalité des chances;
ii. dinstaurer la parité au niveau des partis politiques et de conditionner leur
financement à la mise en uvre de cet objectif;
iii. dadopter des dispositions permettant de concilier vie familiale et vie
publique;
iv. de légiférer afin de mettre en place un système déducation paritaire, à
partir de la scolarité de base, de façon à assurer les mêmes chances daccès à
tous les niveaux de formation.
13. LAssemblée recommande au Comité des Ministres:
i. délaborer une recommandation aux Etats membres sur la représentation
paritaire dans la vie politique et publique, par le biais dinstruments spécifiques;
ii. dinstituer un(e) médiateur/médiatrice européen(ne) chargée de
rééquilibrer la représentation paritaire, pour la promotion et la surveillance de
laccès à des postes à responsabilité (empowerment) et de lapproche
intégrée (mainstreaming), tels quils sont définis dans le programme daction
de Beijing, et de coordonner tous les organismes nationaux de parité des divers Etats
membres;
iii. de charger les comités directeurs concernés de mettre en place un programme
déducation dans le domaine de légalité.
14. En outre, lAssemblée recommande au Comité des Ministres dinviter les
Etats membres:
i. à mettre en uvre le principe dégalité et à adopter des mesures
spéciales telles quelles sont prévues par la Convention des Nations Unies sur
lélimination de toute forme de discrimination à légard des femmes;
ii. à mettre en uvre le programme daction de la Conférence de Beijing;
iii. à mettre en place une structure publique chargée de légalité des
chances, ainsi quun système statistique permettant de suivre lévolution des
politiques de parité dans les Etats membres;
iv. à promouvoir des campagnes dinformation destinées à faire évoluer les
mentalités quant à lenjeu démocratique que représente la participation des
femmes dans la vie politique, et à promouvoir, en même temps, le partage des
responsabilités du couple au sein du foyer.
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1. Discussion par lAssemblée le 22 juin 1999 (19e séance) (voir
Doc. 8423, rapport de la commission sur légalité des chances pour les
femmes et les hommes, rapporteur: M. Staes).
Texte adopté par lAssemblée le 22 juin 1999 (19e séance).
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