DISCOURS DE M. MEVLÜT ÇAVUŞOĞLU, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE

DU CONSEIL DE L’EUROPE, A L’OCCASION DE LA 120e SESSION

DU COMITE DES MINISTRES DU CONSEIL DE L’EUROPE

(Strasbourg, mardi 11 mai 2010)

 

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,

Lorsque je suis devenu Président de l’Assemblée parlementaire en janvier 2010, mon souhait et ma priorité étaient de rapprocher le Conseil de l’Europe et son Assemblée parlementaire des 800 millions d’Européens qui vivent sur notre continent. J’ai déclaré que ceux-ci jugent naturel et méritent d’avoir une Organisation qui s’intéresse à eux, qui écoute et qui réagit par des actions positives pour protéger leurs valeurs et leurs libertés.

Nous formons l’organisation européenne la plus vaste avec 47 Etats membres. Certains des problèmes auxquels nous sommes confrontés nous sont communs à nous tous, alors que d’autres sont spécifiques aux différents pays. 27 Etats sont membres de l’Union européenne, mais pour les autres, le Conseil de l’Europe est le seul cadre institutionnel européen.

Depuis le début de mon mandat, l’Assemblée et moi-même avons axé notre action sur les pays qui ont le besoin le plus urgent de l’assistance de l’Organisation.

Il y a quinze jours, l’Assemblée a adopté une résolution sur la nécessité urgente d’une réforme constitutionnelle en Bosnie-Herzégovine. Je me suis rendu en mars à Sarajevo, où j’ai mis en garde les autorités contre les effets éventuels de la tenue d’élections générales cet automne en violation de la Convention européenne des droits de l’homme. Il est donc capital que vous ayez décidé de mettre ce point à l’ordre du jour ce mardi.

En février, je me suis rendu en Albanie avec les chefs des groupes politiques de l’Assemblée et depuis, nous avons travaillé d’arrache-pied pour encourager l’opposition à revenir au Parlement. Notre action est loin d’être terminée – des signaux alarmants (persistance de protestations et même grève de la faim) arrivent de Tirana – c’est pourquoi, j’exhorte une fois de plus l’ensemble des forces politiques albanaises à mettre fin à cette situation délétère.

L’Assemblée attache aussi la plus grande importance à la situation en Moldova, où elle s’efforce de contribuer à surmonter le blocage prolongé lié à l’élection présidentielle. Les rapporteurs de l’Assemblée collaborent activement avec les autorités. Je me suis rendu au mois de mars dernier en Moldova.

Nous avons aussi encouragé des actes positifs destinés à trouver une solution aux conflits gelés du Haut-Karabakh, d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud. Je serais franc – malgré nos efforts, il est extrêmement difficile d’amener les parlementaires des pays concernés à mener un dialogue significatif. Cependant, nous espérons arriver à des résultats d’ici cet été. Après ma visite du mois d’avril en Azerbaïdjan, j’ai l’intention de me rendre demain en Arménie et en juin, en Fédération de Russie et en Géorgie.

Au cours de la partie de session d‘avril, l’Assemblée a adopté une résolution sur le Belarus. En réaction aux deux récentes exécutions, l’Assemblée a décidé de suspendre ses activités impliquant des contacts à haut niveau avec ce pays. Cependant, selon moi, nous avons à l’égard du peuple du Belarus l’obligation morale d’être plus présents et plus engagés dans le pays.

L’action du Conseil de l’Europe et ses effets pratiques et politiques doivent être renforcés par l’indispensable réforme de l’Organisation. Aujourd’hui, la nécessité d’une réforme est plus impérieuse que jamais et nous soutenons l’action du Secrétaire Général en ce sens. Nous avons entamé au sein de l’Assemblée parlementaire une discussion sur la réforme de nos méthodes de travail, de nos procédures et de nos structures pour rendre notre travail plus efficace.

Puisque je parle des réformes, je tiens à féliciter la Présidence suisse pour ses efforts visant à rendre plus performante la Cour européenne des droits de l’homme, qui bénéficient du soutien sans réserve de l’Assemblée.

Mesdames, Messieurs,

Voilà des questions sur lesquelles les organes statutaires du Conseil de l’Europe - le Comité des Ministres, l’Assemblée parlementaire et le Secrétaire Général – doivent œuvrer de concert. Je suis très heureux de voir que sous la Présidence suisse, nous avons continué de renforcer notre dialogue avec le Comité des Ministres, avec la participation active et directe de Mme Calmy-Rey, Ministre des Affaires étrangères.

Chère Madame, merci pour le travail remarquable que vous accompli.

Je suis fermement convaincu que nous poursuivrons ce type de relations sous la Présidence de « l’ex-République yougoslave de Macédoine » et de son Ministre des Affaires étrangères , mon ami, M. Milosovski.

Je vous remercie.