27.2.2012
DISCOURS DU PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE,
M. JEAN-CLAUDE MIGNON, A L’OCCASION DU SIDE EVENT DE LA 56ème SESSION DE LA COMMISSION
SUR LE STATUT DES FEMMES SUR LA PREVENTION
DE LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES PAR LA MISE
EN ŒUVRE DE STANDARDS INTERNATIONAUX ORGANISE PAR LA REPRESENTATION TURQUE,
UN WOMEN ET LE CONSEIL DE L’EUROPE
(New York – 27 février 2012)
Mesdames et Messieurs,
Madame la Ministre,
Madame la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies,
Madame la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe,
Chers Collègues,
Je suis vraiment heureux et ému de me trouver parmi vous, ici, dans cette auguste et vénérable maison, symbole s’il en est des efforts de la communauté internationale pour diffuser les valeurs de paix et de développement des peuples.
Je suis non moins heureux de pouvoir y porter haut et fort la voix de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur et sur lequel j’ai, en tant qu’individu d’abord, et en tant qu’homme politique ensuite, toujours activement milité : la violence faite aux femmes.
Je suis non moins fier de pouvoir témoigner aujourd’hui de l’engagement actif, militant, et plein de fruits et de promesses de l’institution dont je suis le tout récent président sur ce thème si brûlant.
Etre à l’abri de toute violence est en effet le premier des droits, celui sans lequel les droits humains fondamentaux, qu’ils soient civils, politiques, économiques ou sociaux, n’auraient aucun sens. C’est un droit de sécurité élémentaire ! Et il reste inconcevable qu’aujourd’hui encore nous ayons à déplorer que des millions de femmes à travers le monde en soient privées, victimes qu’elles sont de violences de toutes sortes - physiques, psychologiques ou morales - et de tout degré. Il ne suffit plus de dénoncer sans relâche ces comportements qui perdurent malgré leur caractère scandaleux et méprisable ; il faut résolument passer à l’action.
C’est pourquoi je suis fier, comme je vous le disais, de pouvoir évoquer devant vous l’action du Conseil de l’Europe sur ce sujet. Cette institution internationale, née comme l’ONU de la Seconde Guerre Mondiale, et fer de lance au niveau européen de la promotion et de la défense des droits de l’homme, s’est en effet engagée de toutes ses forces à lutter et à prévenir la violence à l’égard des femmes. Ce scandale de la violence faite aux femmes, qui sévit dans le secret des alcôves et des familles, à l’abri du silence et du déni des couples, dans la honte, l’humiliation et la souffrance, doit impérativement, absolument, résolument être dénoncé et combattu !
Il faut donc se féliciter que l’engagement du Conseil de l’Europe et de son Assemblée parlementaire ait pu, tout dernièrement, se concrétiser par l’adoption de la Convention d’Istanbul sur la violence domestique. Il s’agit-là en effet d’un instrument international très solide qui prévoit la protection, la prévention, les poursuites et l’élaboration de politiques en matière de lutte contre la violence exercée à l’égard des femmes, des jeunes filles ou des petites filles.
Je suis convaincu que cette Convention ne peut que contribuer à l’amélioration du respect des droits humains et du statut de la femme, en Europe déjà, et, il faut l’espérer, au-delà de ses frontières. Car, nous ne le redirons jamais assez, aucun argument culturel, historique ou religieux ne saurait être invoqué pour justifier ou excuser la violence faite aux femmes !
Nous sommes tous responsables : les parlements, les organisations internationales, les missions diplomatiques, les organisations non-gouvernementales, tous, acteurs politiques ou de terrain, nous devons conjuguer nos efforts pour diffuser les instruments internationaux et les pratiques susceptibles de faire reculer cette lèpre.
Au niveau européen, les parlementaires de l’Assemblée du Conseil de l’Europe, l’instance dédiée depuis 2006 qu’est le Réseau parlementaire pour le droit des femmes à vivre sans violence, sont tous activement mobilisés. Ils sont résolus à jouer le rôle de porte-drapeaux de ce combat, à mener des activités de sensibilisation auprès du grand public pour que les mentalités changent et que les stéréotypes tombent, et à promouvoir la convention d’Istanbul afin que sa ratification avance le plus rapidement possible et que, sur le terrain, les choses bougent enfin.
Je tiens à ce titre tout particulièrement à saluer la coopération qui existe entre le Conseil de l’Europe et l’ONU-Femmes. Je saisis cette occasion pour remercier très chaleureusement Madame Michelle Bachelet, Directrice exécutive de l’ONU Femmes, qui nous a fait l’honneur de sa présence à Strasbourg en janvier dernier, d’avoir si activement contribué à la promotion de la Convention d’Istanbul à travers le monde.
Conclusion
Mesdames et Messieurs,
Madame la Ministre,
Madame la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies,
Madame la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe,
En présence de Madame Fatma Şahin, Ministre turque chargée des politiques familiales et sociales, je souhaite enfin remercier et féliciter la Turquie et tous les Etats signataires pour leur engagement dans la lutte contre la violence à travers notamment leur soutien à la Convention. Mais si ce texte est déjà en soi une victoire, il nous faut encore nous battre et combiner nos efforts pour en accélérer l’entrée en vigueur, faute de quoi ce texte et ses articles risqueront de rester lettre morte. Je compte sur vous pour cela.
Mais, au-delà de ce texte, au-delà des frontières de l’Europe, je veux saluer tous ceux qui, à travers le monde, mènent de front ce combat qui est le nôtre. Je veux espérer qu’ensemble il portera de vrais fruits.
Je vous remercie de votre attention.