28.5.13

ALLOCUTION D’OUVERTURE DE M. JEAN-CLAUDE MIGNON, PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE,

POUR L’OUVERTURE DE LA REUNION DE LA COMMISSION PERMANENTE

(Erevan, 31 mai 2013)

 

Monsieur le Président du Parlement,

Monsieur le Ministre des affaires étrangères,

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Permettez-moi de féliciter à nouveau l’Arménie, qui assume cette année pour la première fois dans son histoire la présidence du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, et d’adresser mes meilleurs vœux de réussite à Monsieur Edward Nalbandian, Ministre des affaires étrangères. Je suis sûr, Monsieur le Ministre, que durant ces prochains 6 mois, nous allons avoir beaucoup d’occasions de travailler ensemble.

L’Assemblée parlementaire partage et soutient les priorités de la présidence arménienne, car ces priorités correspondent pleinement à nos principales lignes d’action.

La lutte contre le racisme, la xénophobie et l’extrémisme, en général, ainsi que la promotion du dialogue interculturel, sont un vrai défi pour notre Organisation et pour tous les Etats membres.

Comme vous le savez, ces dernières années, notre Assemblée a adopté plusieurs Résolutions importantes sur ce thème et la Conférence de haut niveau sur la lutte contre le racisme et la xénophobie en Europe, que la présidence arménienne organisera, sera une excellente occasion de discuter à nouveau des nombreuses idées que nous avons formulées dans nos rapports. Par ailleurs, notre rapport sur la dimension religieuse du dialogue interculturel pourrait, entre autre, constituer une bonne base pour lancer les débats dans le cadre de l’édition 2013 de la Rencontre sur la dimension religieuse du dialogue interculturel.

Nous allons également vous épauler dans vos initiatives relatives au renforcement du système de protection des droits et des libertés fondamentales, établi par la Convention européenne des droits l’homme. Dans ce contexte, je pense notamment à la nécessité de travailler en étroite collaboration sur le dossier de l’adhésion de l’Union européenne à la Convention, afin de faire tout notre possible, dans les limites de nos compétences respectives, pour que ce projet aboutisse. 

Je salue également l’ambition de la Présidence arménienne de renforcer le rôle du Conseil de l'Europe dans l'architecture européenne. Il est essentiel de garantir que le Conseil de l’Europe et l’Union européenne parlent d’une seule voix, lorsqu’il s’agit du respect des standards qui sont les nôtres. Nos relations avec la Commission européenne et le Parlement européen sont déjà très bonnes, mais je pense que nous pouvons faire encore plus pour assurer une meilleure complémentarité et éviter les double-emplois. La visite du Président du Parlement européen à Strasbourg pendant la session de juin de l’APCE représente une opportunité concrète pour avancer sur ce chemin.

Chers collègues, Monsieur le Ministre,

Permettez-moi maintenant de partager avec vous quelques réflexions sur les conclusions de mon déplacement dans la région. Comme vous le savez, j’arrive à Erevan après avoir effectué des visites officielles à Bakou et à Tbilissi.

Je suis particulièrement encouragé par l’engagement européen et transatlantique de chacun des trois pays de la région, qui sont des partenaires solides du Conseil de l’Europe. Depuis leur adhésion, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie ont fait des progrès importants sur le chemin de la construction de sociétés démocratiques et prospères, dans le respect des valeurs qui sont les nôtres. Bien sûr, il reste encore beaucoup de choses à faire dans chaque pays et je ne cherche absolument pas à faire des comparaisons et à identifier les « bons » et les « mauvais » élèves.

Il est évident aujourd’hui que le Conseil de l’Europe joue un rôle fondamental dans la région : les autorités arméniennes, azerbaïdjanaises et géorgiennes ont besoin de notre soutien politique et de notre expertise pour faire avancer les réformes ; en même temps, le Conseil de l’Europe, en tant qu’Organisation Pan-européenne, a besoin de votre soutien politique pour garantir le succès du Projet européen : construire une Europe unie par ses valeurs, où les européens vivent dans des régimes démocratiques et jouissent pleinement de leurs droits et de leurs libertés fondamentales.

La présidence arménienne, ainsi que la présidence azerbaïdjanaise qui lui succédera d’ici 12 mois, représentent, à mon avis, une opportunité unique pour ces deux pays, ainsi que pour le Conseil de l’Europe, de renforcer la coopération Paneuropéenne et le respect de nos valeurs, notamment, en intensifiant la recherche de solutions aux « conflits gelés », notamment, à celui du Haut-Karabakh.

Bien entendu, nous encourageons les négociations dans le cadre du Groupe de Minsk, qui est le format international de négociations reconnu par tous. En même temps, en tant que parlementaires et membres de l’APCE, nous devons promouvoir la réconciliation politique et le dialogue entre les élus par le biais de la diplomatie parlementaire. Notre Assemblée, et moi-même, sommes prêts à avancer dans ce sens et j’espère beaucoup que nous allons saisir la chance unique qui nous est donnée.

Je vous remercie de votre attention.