DISCOURS DE MONSIEUR LLUIS MARIA DE PUIG,
PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DU CONSEIL DE L’EUROPE, LORS DE LA REMISE DU PRIX NORD-SUD
(Lisbonne, lundi 16 mars 2009)
Monsieur le Président de la République,
Votre Majesté,
Monsieur le Président du Parlement,
Madame la Secrétaire adjointe du Conseil de l’Europe,
Chers lauréats du Prix,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Il y a 20 ans, en 1989, tombait le mur de Berlin, mettant fin à la séparation Est-Ouest en Europe. A l’initiative de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, cette même année le Centre Nord-Sud a vu le jour. Sa mission essentielle vise à promouvoir le dialogue, le partage des valeurs qui nous sont chères, et la solidarité – pour un monde plus juste, où chaque être humain puisse vivre en paix et en dignité.
Nous sommes certains que le rapprochement Nord-Sud n’est pas le rêve d’un idéaliste, ou la prophétie d’un devin, mais une réalité possible qui dépend de la bonne volonté des hommes et des femmes. Chaque année, depuis 1995, nous décernons le Prix Nord-Sud qui honore deux personnalités courageuses et engagées à défendre les valeurs humaines. Je suis heureux que le jury du Prix Nord-Sud pour l’année 2008 ait soutenu les propositions faites par notre Assemblée parlementaire.
Aujourd’hui, ce Prix nous rassemble à Lisbonne pour réfléchir et agir davantage en faveur de la tolérance et de la paix entre les peuples. Nos deux lauréats symbolisent une rencontre de civilisations qui se sont déjà côtoyées dans le passé, donnant lieu à une cohabitation harmonieuse dans la péninsule ibérique. La mémoire de l’humanité a été marquée par ce carrefour des civilisations, où les trois religions monothéistes ont su prouver que l’intelligence et la raison peuvent vaincre les passions destructrices et les préjugés.
La tolérance et la liberté intellectuelle sont les piliers du métissage culturel, qui constitue un terrain prodigieusement fertile pour l’essor de la pensée, matrice de toute création. C’est cet esprit qui a vu naitre Averroès (Ibn Rushd), Maïmonide (Ben Maimon) et Alphonse le Sage, dont les œuvres restent une source inépuisable d’enseignements pour notre société moderne et surtout ses décideurs politiques.
Votre Majesté, vous êtes si jeune, mais vos activités ont déjà touché les vies de milliers de gens bien au-delà des frontières de votre pays. Nous admirons tout particulièrement vos actions méritoires en faveur de la protection des droits des enfants et des femmes, notamment dans la lutte contre la violence domestique. Vos œuvres de bienfaisance et vos idées ont permis des avancées précieuses dans le domaine de l’éducation, aidant ainsi la jeune génération à prendre en main son destin.
A travers vos entretiens médiatisés sur Internet dans la planète entière, vous avez, sans doute, contribué à anéantir plusieurs idées fausses à propos de l’Islam et du rôle de la femme dans la société musulmane. En réveillant les consciences, chaque jour vous redonnez l’espoir en l’avenir aux gens qui souffrent.
Monsieur Sampaio, en tant qu’homme politique de renom et d’expérience, vous savez bien que le dialogue est une des plus solides plateformes des échanges culturels, politiques et économiques. Au Conseil de l’Europe nous attachons une grande importance au dialogue interculturel pour que la diversité culturelle nourrisse le projet européen et diffuse nos valeurs fondamentales au-delà des frontières de l’Europe.
Grâce à la formidable dynamique enclenchée par l’Alliance des Civilisations, nous pouvons unir nos forces pour faire un grand pas vers la « mondialisation » des valeurs qui nous sont si chères. Nous nous apprêtons à redoubler nos efforts dans ce sens à la lumière du mémorandum d’accord – signé il y a quelques mois à Strasbourg lors de votre visite au Conseil de l’Europe – entre notre Organisation et l’Alliance des Civilisations que vous dirigez. Je tiens ici à souligner votre conviction profonde que la bonne gouvernance de la diversité culturelle va de pair avec la protection des droits de l’homme, l’égalité des chances pour tous, la solidarité économique et la cohésion sociale.
Nous espérons que le prix que nous remettons aujourd’hui à ces deux grandes personnalités, en plus de témoignage le plus sincère de notre reconnaissance, aidera à mobiliser plus de gens encore autour des nobles causes qu’elles défendent.
Je vous remercie.