Discours prononcée par Lluís Maria de Puig,
Président de l’APCE,
à l’ouverture de la réunion de la Commission permanente
de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
(Ljubljana, 29 mai 2009)

Version provisoire


Monsieur le Président du parlement, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Je voudrais commencer en remerciant chaleureusement le Président du parlement qui nous accueille pour nos réunions d’hier et d’aujourd’hui. Je voudrais aussi remercier les Ministres des Affaires Etrangères et de la Justice qui sont avec nous aujourd’hui pour discuter ensemble des priorités de la présidence slovène du Comité des Ministres et de l’avenir de notre organisation qui célèbre cette années ses 60 ans.

Avec ses 47 pays membres, le Conseil de l’Europe représente le plus grand forum européen des pays qui, sur un pied d’égalité, sont réunis autour des mêmes valeurs : démocratie, droits de l’homme et état de droit. Cette unité des valeurs est très importante pour que l’organisation puisse remplir son mandat ; elle est importante aussi du point de vue du son leadership, car seulement deux pays ont la chance de la présider chaque année pour une période de 6 mois. Chaque pays essaie d’utiliser cette chance que je qualifierais d’exceptionnelle – car elle n’interviendrait de nouveau que dans plus de 20 ans – pour faire avancer au maximum la cause commune et, en même temps, pour laisser son empreinte unique.

Dans le cadre de la présidence slovène du Comité des Ministres, le premier ministre, M. Pahor, s’adressera à l’Assemblée lors de sa partie de session de juin – et il connaît l’Assemblée aussi bien que nous parce qu’il y a siégé pendant 9 ans. Et le Président de la République, M. Turk, s’adressera à l’Assemblée et participera aux célébrations du 60-ème anniversaire de l’organisation le 1 Octobre.

Par conséquent, on peut dire que l’année où nous célébrons le 60-ème anniversaire du Conseil de l’Europe est dans une grande mesure, une année slovène. Je trouve que c’est une coïncidence heureuse. La Slovénie est un pays qui symbolise de façon remarquable la transformation de l’Europe, son histoire tourmentée aussi bien que son avenir, tel que nous le voulons et tel que nous l’imaginons. Regardons le chemin que la Slovénie a traversé en moins d’un siècle : une province de l’empire Austro-Hongrois ; une partie composante d’un royaume et ensuite d’une fédération socialiste ; un pays indépendant ; membre du Conseil de l’Europe ; membre de l’Union Européenne ; et pays qui dirige les affaires européennes, en assumant, en un an, d’abord la présidence du Conseil de l’Union Européenne en janvier 2008 et maintenant celle du Conseil de l’Europe.

La Slovénie nous prouve aussi que la contribution d’un pays à la construction européenne se mesure non seulement par sa taille et par le montant de son PIB (produit intérieur brut), mais aussi par la volonté politique de ses dirigeants et par l’envergure des ambitions et la détermination de sa population.

De la même façon nous pourrions évaluer la valeur ajoutée du Conseil de l’Europe dans la construction européenne. On le voit particulièrement bien par ces temps de crise économique. Pour avoir une Europe plus prospère, nous avons certes besoin de ressources financières adéquates et d’une productivité économique robuste et compétitive. Mais pour que la prospérité soit accompagnée de paix et stabilité, la société a besoin que la justice et les droits de l’homme prospèrent aussi. Une société florissante ne peut pas se construire au dépens des valeurs et libertés fondamentales dont devraient jouir ses citoyens. C’est là que se situe la mission essentielle du Conseil de l’Europe : veiller à ce que notre société soit une société des citoyens et pour les citoyens.

Les priorités de la présidence slovène appuient parfaitement cette ambition: la promotion des valeurs communes partout en Europe, le renforcement de la sécurité des citoyens ; la construction d’une Europe plus humaine et inclusive.

En plus, la Slovénie est particulièrement bien placée pour effectuer l’articulation entre les objectifs de l’Union Européenne et ceux du Conseil de l’Europe. On ne peut que se féliciter qu’une des priorités de votre présidence du Conseil de l’Europe est la coopération avec les autres institutions européennes et internationales. Tous les grands dossiers que vous avez gérés à la présidence de l’Union Européenne sont également au cœur des préoccupations du Conseil de l’Europe et nous comptons beaucoup sur votre expérience dans ces domaines.

En premier lieu, je citerais la stabilité en Europe et l’intégration continue des pays européens autour de valeurs communes. Nous espérons que la Slovénie saura mettre sa riche expérience dans les Balkans occidentaux au profit aussi d’autres régions où le Conseil de l’Europe est très actif, régions qui sont tout aussi essentiels pour la paix et la stabilité sur l’ensemble de notre continent comme l’Europe de l’Est ou le Caucase.

La lutte contre le changement climatique, les stratégies européennes pour la croissance et l’emploi et le dialogue interculturel sont d’autres éléments-phares qui ont marqué la présidence slovène des 27 et qui pourront être mis au profit maintenant de l’Europe des 47.

Tous ces objectifs sont évidents de point de vue de l’actualité politique ; mais ils sont loin d’être évidents de point de vue des réponses que nous devons proposer. En fait, dans un monde de plus en plus interconnecté, il est presque impossible de donner des réponses isolées, qui ne s’inscrivent pas dans un contexte global. Ceci veut dire que désormais la capacité d’ouverture, de dialogue et de coopération entre toutes les parties concernées devient un capital tout aussi important pour le progrès humain que les ressources financières ou énergétiques.

Le Conseil de l’Europe est une organisation qui dispose de ressources financières très modestes. Son vrai capital, c’est exactement cette capacité de dialogue et de coopération. Nous en avons besoin, en premier lieu, pour notre propre fonctionnement, pour que toutes les composantes du Conseil de l’Europe et surtout ses deux piliers, le Comité des Ministres et l’Assemblée parlementaire, agissent en harmonie. J’exhorte la présidence slovène à veiller sur cette ressource précieuse.

En ce moment, nous faisons face à certains problèmes, à une certaine distance entre les deux. L’Assemblée parlementaire est prête à surmonter les difficultés par le biais du dialogue, la coopération et la concertation. La Présidence slovène peut être assurée que nous déploierons tous les efforts nécessaires pour résoudre les problèmes ensemble et aller de l’avant.

Je vous remercie.