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Audition sur les OGM : «Ne jouons pas les apprentis sorciers»

Au cours d’une audition qui s’est tenue mercredi 8 septembre au bureau de Paris du Conseil de l’Europe, la commission de l’environnement de l’APCE s’est penchée sur le dossier des Organismes génétiquement modifiés (OGM).

La commission avait convié quelques experts qui ont permis d’approfondir le débat sur l’évaluation des risques et des bénéfices du « génie génétique vert » dans le cadre d'un rapport sur le sujet par le député Wolfgang Wodarg (Allemagne, SOC).

« Ne jouons pas les apprentis sorciers » : telle a été la tonalité générale de l’audition du 8 septembre, en raison des risques liés aux organismes transgéniques qui sont beaucoup plus difficiles à identifier que les bénéfices (ces derniers résident essentiellement dans l’augmentation de la productivité agricole).

Globalement, les Européens restent sceptiques face à cette nouvelle technologie, on a expliqué aux parlementaires. La mise sur le marché des OGM et des produits issus d'OGM est soumise à autorisation expresse, accordée au cas par cas au niveau européen. Dans chaque Etat membre de l'Union européenne, des commissions d'experts spécialisés examinent chaque demande d'autorisation de mise sur le marché et évaluent les risques liés à l'introduction de ces produits dans notre alimentation. Les Etats-Unis menacent toujours l’Union européenne d’un recours devant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour la forcer à libéraliser ces procédures.

Les quatre experts présents à l’audition ont insisté sur le fait que toutes les preuves de l’innocuité des OGM n’avaient pas encore été définitivement apportées. Veronika Mora, de la Hungarian Environmental Partnership Foundation (Budapest), a souligné que la plupart des bénéfices sanitaires ou financiers des OGM pouvaient être obtenus par d’autres moyens.

Cependant, le professeur Maxime Schwartz, de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), a indiqué que les OGM – outre leur intérêt économique pour les fournisseurs de semences- pouvaient éventuellement présenter un bénéfice pour la santé. Exemple : un coton génétiquement modifié, résistant aux insectes, a permis une baisse considérable de l’utilisation des insecticides au cours des cinq dernières années. Le Professeur Konrad Ott et le Professeur Volker Beusmann, tous les deux des universitaires allemands, ont exprimés des points de vue similaires.

Il reste donc à analyser au cas par cas les OGM (surtout ceux dits de "deuxième génération", spécifiquement conçus pour une amélioration de la santé humaine), en tentant d’évaluer les risques et les bénéfices pour la santé et l’environnement.

 

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