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Recommandation
1532 (2001)[1]
Une
politique sociale dynamique en faveur des enfants et adolescents en milieu
urbain
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L?Assemblée parlementaire est préoccupée par le comportement de plus en
plus antisocial des jeunes en milieu urbain et s?inquiète du cortège de
maux liés à la vie urbaine et à la «ghettoïsation» des banlieues.
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Dans
toute l?Europe, les médias nationaux évoquent souvent les banlieues
déshéritées, relatant les cas de violence des enfants, de délinquance
des jeunes (impliquant parfois de très jeunes enfants), de détention d?armes
et de drogue, notamment dans les établissements scolaires, ainsi que les
conditions de vie difficiles des enfants des rues.
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Cependant,
les phénomènes de mal-être des jeunes en milieu urbain doivent être
analysés dans un contexte plus large de mutations sociales et économiques
rapides, sources d?extrême pauvreté pour de nombreuses familles et leurs
enfants en Europe, que ce soit dans les démocraties bien établies ou dans
les nouveaux Etats membres du Conseil de l?Europe.
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Le
chômage, la pauvreté, l?éclatement des familles, la violence des
adultes, l?affaiblissement des systèmes de protection sociale et des
autres infrastructures publiques, ainsi que le manque d?esprit
communautaire et de solidarité sont autant d?éléments qui se
répercutent sur le vécu et le comportement des enfants et des adolescents
en milieu urbain.
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La
violence des jeunes ne vise pas toujours la malversation: il s?agit le
plus souvent d?un moyen de contestation et d?affirmation de soi. Cette
violence prend différentes formes: elle peut être dirigée contre soi
(suicide, usage de stupéfiants), avoir lieu au sein de groupes (brimades à
l?école, gangs de jeunes dans les ghettos) ou prendre pour cible la
société au sens large, sous forme d?actes de violence inspirés par la
haine.
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Par
ailleurs, selon les statistiques, les enfants et les jeunes sont plus
souvent victimes qu?auteurs de violences.
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La
violence des jeunes est donc un phénomène qui ne doit pas être analysé
isolément, mais doit plutôt être considéré comme un bon indicateur du
mal-être, de l?intolérance, de la peur et de la violence des adultes.
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On
reconnaît de plus en plus volontiers que les institutions de justice pour
les mineurs ou de justice pénale ne pourront pas à elles seules résoudre
tous les problèmes posés ou subis par les enfants et les adolescents
délinquants.
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A
cet égard, l?Assemblée parlementaire est préoccupée par le
renforcement des politiques de répression contraires à la Convention des
Nations Unies relative aux droits de l?enfant ? ratifiée par tous les
Etats membres du Conseil de l?Europe ?, et plus particulièrement par le
sort des enfants emprisonnés, notamment lorsqu?ils sont en attente de
leur procès. Il conviendrait d?introduire des mesures non judiciaires et
des solutions locales alternatives à l?emprisonnement des enfants, qui
seraient reconnues à l?échelon international.
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L?Assemblée
parlementaire estime que la réponse à la violence des jeunes doit se
fonder non pas sur la répression ou la sanction, mais, le plus tôt
possible, sur la prévention en direction des enfants défavorisés et en
danger.
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D?autre
part, une politique sociale dynamique en faveur des enfants et des
adolescents ne devrait pas seulement viser les enfants délinquants,
victimes d?abus ou confrontés à la pauvreté, mais comprendre également
des mesures préventives en faveur de tous les enfants en danger (visant les
violences familiales, la démission parentale, les expériences négatives
dans la petite enfance, etc.). Ces mesures devraient en outre s?attaquer
à la situation particulière des filles au sein de la famille, de la
communauté et de la société en général.
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Une
réorientation de la volonté politique s?impose, afin que les ressources
soient affectées, à un stade précoce, à l?introduction de mesures
pluridisciplinaires, dans le but de donner aux enfants et aux jeunes des
expériences positives de la vie, de rétablir les valeurs démocratiques et
civiles, de favoriser la créativité, la solidarité et la participation
positive à la vie de la communauté.
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A
cet égard, l?Assemblée parlementaire salue les travaux entrepris par le
secteur intergouvernemental du Conseil de l?Europe, notamment dans les
domaines de l?éducation, de la culture, des activités en faveur des
jeunes, de la cohésion sociale et de la prévention de la criminalité et
de la toxicomanie.
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Le
Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l?Europe (CPLRE) s?est
également penché sur la criminalité et l?insécurité urbaine; il a
récemment adopté un manuel sur les politiques locales visant à réduire
la criminalité.
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L?Assemblée
parlementaire a la conviction que la réponse au mal-être des jeunes en
milieu urbain passe nécessairement par une action concertée entre les
différents partenaires locaux et nationaux, accompagnée d?un échange d?expériences
et de lignes directrices établies au niveau européen.
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Tout
en rappelant également les questions soulevées dans la
Recommandation 1286 (1996) relative à une stratégie européenne
pour les enfants et la Recommandation 1460 (2000)
sur l?institution d?un médiateur européen pour les enfants, l?Assemblée
parlementaire recommande au Comité des Ministres:
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de
donner un degré de priorité élevé à la politique sociale en faveur
des enfants et des adolescents en milieu urbain, et de charger l?instance
compétente d?élaborer des lignes directrices dans ce domaine d?action,
en s?appuyant sur les informations paneuropéennes relatives à la vie
et à l?expérience des enfants;
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d?exhorter
les Etats membres du Conseil de l?Europe:
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à
garantir, en les reconnaissant explicitement dans leurs textes
constitutionnels ou leur législation interne, les droits civils et
politiques des enfants, ainsi que leurs droits économiques, sociaux et
culturels, tels qu?ils sont consacrés dans la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l?enfant;
-
à
ratifier toutes les conventions pertinentes du Conseil de l?Europe
relatives aux droits et à la protection de l?enfant, notamment la
Convention européenne sur l?exercice des droits des enfants;
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à
participer à un échange d?expériences au niveau européen,
impliquant à la fois les pouvoirs nationaux et locaux (Réseau
européen de prévention de la criminalité, Observatoire européen sur
la sécurité urbaine, etc.);
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à
mettre au point une politique sociale dynamique en faveur des enfants et
des adolescents en milieu urbain, fondée sur les éléments suivants:
? des
mesures et des programmes de soutien aux parents et aux familles dans
leur rôle éducatif;
? des
systèmes de protection sociale et de prestations destinés à aider les
parents et les familles;
? des
mesures et des politiques fondées sur le partenariat et la
participation de tous les secteurs ? local et national, public et
privé;
? des
mesures traitant tout l?éventail des risques auxquels sont exposés
les enfants et les adolescents dans l?environnement social et physique
dans lequel ils vivent;
? la
mise en place, pour les enfants délinquants, d?autres formes de
règlement des litiges: alternatives aux processus judiciaires,
alternatives à la détention et mesures opérant au niveau de la
collectivité, conformément aux normes internationalement reconnues
concernant les enfants dans le système judiciaire;
? des
normes et des pratiques harmonisées (par exemple cours spécialisées
pour les mineurs) dans tous les Etats membres du Conseil de l?Europe
vis-à-vis des enfants et des jeunes qui sont victimes ou auteurs de
violences (par exemple violences familiales, abus sexuels);
? la
mise en valeur du rôle de l?éducation formelle et non formelle dans
la préparation des enfants à la vie adulte et à leur rôle au sein de
la société civile et politique, par la promotion des valeurs de
tolérance et de respect d?autrui, et dans la lutte contre les
inégalités fondées sur le désavantage et le sexe;
? l?aide
aux enfants et aux adolescents durant la période de transition entre l?école
et l?emploi, en les dotant des aptitudes nécessaires à l?entrée
sur le marché du travail;
? des
loisirs enrichissants (culturels, sportifs, etc.) pour les enfants et
les adolescents;
? des
programmes et des projets destinés à aider les enfants et les
adolescents à lutter contre les effets négatifs de l?exclusion
sociale et de la marginalisation;
? des
mécanismes par lesquels les politiques touchant tous les domaines de la
vie sociale et politique ? emploi, logement, criminalité, santé,
éducation, etc. ? peuvent être «testées par rapport à leurs
effets sur l?enfant»;
? la
création d?un médiateur national pour l?enfant chargé de
promouvoir les droits de l?enfant et de suivre leur mise en ?uvre;
? les
valeurs positives de l?Internet, de la «toile» et des nouvelles
technologies de l?information et de la communication pour fournir des
informations aux enfants et aux adolescents et mettre en place un
mécanisme de coordination de leurs activités;
? la
participation des enfants et des adolescents aux processus décisionnels
et à la préparation des orientations politiques;
? l?encouragement
au soutien apporté par les familles élargies et la communauté locale;
? la
prise en compte des questions liées à l?appartenance sexuelle et du
planning familial;
? les
mesures destinées à améliorer la situation des enfants des
rues.
[1]
Discussion par l?Assemblée le 24 septembre 2001 (25e séance)
(voir Doc. 9192, rapport de
la commission des questions sociales, de la santé et de la famille,
rapporteuse: Mme Gatterer).
Texte adopté par l?Assemblée
le 24 septembre 2001 (25e séance).
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