Résolution 1291 (2002)1
Lenlèvement
international dun enfant par lun des parents
1. LAssemblée
constate avec préoccupation le nombre grandissant denlèvements denfants
par lun des parents en cas de conflit ou de séparation de couple de deux
nationalités différentes et les difficultés et obstacles de tous ordres
auxquels se heurtent parents et institutions compétentes pour retrouver ces
enfants et assurer leur retour.
2. Elle rappelle que,
en vertu de la Convention des Nations Unies sur les droits de lenfant,
tout enfant a le droit dentretenir des relations personnelles
régulières avec ses deux parents; le rapt parental est une négation des
droits de lenfant; un enfant enlevé se trouve privé dun parent et de
sa famille élargie, de sa langue maternelle souvent, coupé dune de ses
cultures; les parents sont désemparés devant la complexité des
formalités, la diversité des procédures et le coût des démarches, etc.
Même en cas de retour, les séquelles dun enlèvement chez lenfant
sont indélébiles.
3. LAssemblée
estime que les Etats membres, réunis au sein du Conseil de lEurope par
un attachement à des valeurs identiques, doivent, au-delà de leurs
différences juridiques culturelles ou autres, reconnaître ensemble la
notion de lintérêt supérieur de lenfant et dire leur refus de voir
perdurer de telles situations de déni de droits.
4. Aussi, lAssemblée invite-t-elle
instamment les Etats membres à traduire leur volonté politique de se
saisir de cette difficile question:
i. par la ratification, si ce nest
déjà fait, des instruments juridiques pertinents, à savoir principalement
la Convention de La Haye de 1980 sur les aspects civils de lenlèvement
international denfants et les différentes conventions pertinentes du
Conseil de lEurope sur les droits des enfants;
ii. par laccélération de ladoption
et de la ratification de
la convention sur les relations personnelles concernant les enfants, qui
vise à prévenir le déplacement sans droit de lenfant, actuellement en
cours de finalisation au sein du Conseil de lEurope;
iii. par un recours plus fréquent à
la signature et à la ratification daccords intergouvernementaux
bilatéraux contribuant au règlement daffaires denlèvement denfant
par lun des parents.
5. Elle invite
instamment chacun des Etats membres du Conseil de lEurope:
i. à faire de lenlèvement
parental dun enfant de moins
de 16 ans un crime sanctionné comme tel;
ii. à assurer une formation appropriée de tous les
professionnels concernés (police, avocats, magistrats) et
à former
notamment des spécialistes des recherches en cas de disparition denfant;
iii. à développer la médiation familiale pour prévenir le
rapt parental et à
aider à la résolution des conflits familiaux;
iv. à réserver la compétence de traiter des affaires denlèvement
parental, au niveau national, à
un petit nombre de tribunaux spécialisés, voire à un seul, afin de
centraliser les affaires denlèvement parental devant des magistrats
informés, daccélérer les procédures et dobtenir une cohérence
dans les décisions prises;
v. à
assurer aux parents et aux familles une aide judiciaire gratuite pour faire
face aux coûts élevés des procédures;
vi. à assurer aux futurs partenaires, au sein dun mariage
ou dune union libre, de nationalité différente une information sur
leurs droits et obligations envers leur enfant, en vertu
des régimes respectifs des droits de la famille;
vii. à reconnaître limportance du rôle des organisations
non gouvernementales dans leur soutien aux parents, leurs efforts dinformation
et de prévention, et à leur apporter les subventions indispensables à
leur mission.
6. En outre, lAssemblée recommande
aux Etats membres
de créer, au niveau national et aussi au niveau européen,
des centres des enfants disparus, qui seraient en relation étroite avec les
autorités de justice et de police, et qui disposeraient des moyens modernes
de recherche et des contacts internationaux indispensables avec les services
analogues existant en Europe et hors dEurope.
7. Les Etats membres du Conseil de lEurope,
dans leurs relations bilatérales et avec les pays non membres concernés,
doivent mettre sur pied des commissions de médiation
ou dautres organes similaires, qui se saisissent, dans les meilleurs
délais, de tous les cas conflictuels de rapt parental en attente, et
proposent des solutions au bénéfice objectif de lenfant.
8. Enfin, lAssemblée souhaite quau
niveau européen
les Etats membres sattachent à développer les pouvoirs et
les possibilités matérielles dintervention du médiateur de lUnion
européenne et réfléchissent à la nécessité dinstituer enfin, au
sein du Conseil de lEurope, un médiateur chargé de ces mêmes questions
du droit des enfants pour la Grande Europe.
__________
1. Discussion
par lAssemblée le 26 juin 2002 (21e séance)
(voir Doc. 9476,
rapport de la commission des questions sociales,
de la santé et de la famille, rapporteur: M. Hancock).
Texte adopté par lAssemblée
le 26 juin 2002 (21e séance).