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RECOMMANDATION 1011 (1985)[1]
relative à la situation de la danse professionnelle en
Europe
L'Assemblée,
1. Souhaitant que la danse, et en particulier la danse professionnelle,
ait sa place dans l'Année européenne de la musique ;
2. Constatant que la danse, sous toutes ses formes, a connu ces
dernières années un développement considérable,
aussi bien au niveau professionnel qu'amateur;
3. Notant que, si dans certains pays ce développement a
été lancé et soutenu par les pouvoirs publics, il n'a pas
toujours été accompagné d'une évolution comparable
des structures et des politiques mises en place par les pouvoirs
publics ;
4. Convaincue de l'importance du rôle que la danse peut avoir dans
l'épanouissement aussi bien artistique et physique qu'intellectuel et
psychique de la société et de l'individu ;
5. Rappelant les problèmes spécifiques que connaissent les
danseurs dans l'exercice de leur profession, et notamment la
réglementation de l'enseignement et la réinsertion dans une
nouvelle vie professionnelle lors de leur retraite ;
6. Rappelant sa Résolution 624 (1976) relative au renouveau
démocratique des arts du spectacle, et sa Recommandation 781 (1976)
relative à l'action du Conseil de l'Europe pour l'avenir des arts du
spectacle ;
7. Se félicitant des travaux du Conseil de la coopération
culturelle sur l'aide à la création artistique ;
8. Se félicitant de l'appui donné par les
Communautés européennes à la danse et notamment à
des initiatives telles que le stage international de danse pour
chorégraphes et compositeurs, et espérant que ce genre d'action
se poursuivra ;
9. Se félicitant de l'encouragement donné à la
danse par les radiodiffuseurs européens et en particulier de
l'organisation, en 1985, d'un concours Eurovision pour jeunes
danseurs ;
10. Notant l'activité entreprise au niveau mondial par le Conseil
international de la danse, et souhaitant qu'une telle coopération non
gouvernementale soit intensifiée au niveau des pays signataires de la
Convention culturelle européenne ;
11. Estimant que la danse fait partie du patrimoine culturel
européen et que, comme telle, elle doit être
préservée ;
12. Notant que la plupart des problèmes concernent la danse
professionnelle,
13. Recommande au Comité des Ministres :
a. de saisir l'occasion qu'offre en 1985 l'Année
européenne de la musique pour consacrer une attention
particulière à la situation de la danse et des danseurs, par
exemple en demandant au Conseil de la coopération culturelle
d'approfondir l'étude des rapports entre la danse et les
médias ;
b. de favoriser des initiatives européennes en faveur de
la danse, par exemple par l'attribution du Prix du Conseil de l'Europe de la
création artistique à une œuvre commune d'un jeune
chorégraphe et d'un jeune compositeur ;
c. d'inviter les gouvernements des Etats membres :
i. à favoriser de façon plus importante la formation des
danseurs par le biais de :
1. subventions plus nombreuses et plus importantes destinées
aux écoles privées de danse qui répondent à des
critères fixés par l'Etat ;
2. programmes de formation aussi complets et diversifiés que
possible donnant accès à différents types de
diplômes et pouvant offrir des débouchés aux danseurs
arrivés à l'âge de la retraite ;
3. systèmes de bourses pour les danseurs suivant des cours
dans des écoles privées ou publiques, ou à
l'étranger ;
ii. à améliorer la formation des enseignants de la danse
par :
1. la création d'un diplôme d'Etat d'enseignement de la
danse, tant dans l'intérêt des professeurs que des
élèves ;
2. l'organisation de stages de formation à de nouvelles
disciplines ;
3. un statut social et fiscal des professeurs de danse
diplômés équivalent à celui des enseignants de
l'éducation nationale ;
iii. à encourager les professionnels de la danse et les
chorégraphes à se familiariser davantage avec les nouvelles
techniques d'audiovision ;
iv. à inviter les collectivités locales à mettre
à la disposition des danseurs les infrastructures nécessaires
à l'exercice de leur profession ;
v. à prendre les mesures législatives nécessaires
à la protection et à la préservation des créations
chorégraphiques par la constitution, par exemple, d'une
filmothèque ;
vi. à encourager toutes mesures aptes à accroître
substantiellement et à diversifier les fonds destinés à la
danse ;
vii. à assurer aux danseurs professionnels — à la
fin de leur carrière — un recyclage gratuit et un système
de retraite décent.
[1]. Texte adopté par la Commission
Permanente, agissant au nom de l'Assemblée, le 4 juillet 1985.
Voir Doc. 5416, rapport de la commission de la culture et de
l'éducation.
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