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RECOMMANDATION
1065 (1987)[1]
relative
à la traite et à d'autres formes d'exploitation des enfants
L'Assemblée,
-
Considérant que les enfants ont le droit d'être
élevés dans la sécurité, avec humanité, et que la société est tenue de les
protéger et de veiller à leurs intérêts ;
-
Horrifiée par la traite internationale d'enfants à des
fins telles que la prostitution, la pornographie, l'esclavage, l'adoption
illégale,
etc. ;
-
Se référant à sa
Recommandation 1044 (1986) relative
à la criminalité internationale, dans laquelle elle demande au Comité des Ministres
d'inviter les gouvernements des Etats membres à coopérer à une étude de la traite des
enfants et à une lutte contre celle-ci ;
-
Considérant que les enfants disposent des mêmes droits
que toute personne humaine à évoluer dans un environnement qui leur garantisse
sécurité, santé, intégrité physique, et qu'ils doivent être traités avec
humanité,
que la société doit organiser leur protection, contrôler le respect de leurs
droits,
dans le respect de l'égalité des chances ;
-
Ayant à l'esprit sa Recommandation 874 (1979) relative
à une Charte européenne des droits de l'enfant, couvrant plusieurs aspects allant de la
situation juridique de l'enfant à sa protection médicale et sociale ;
-
Estimant essentiel que les Etats membres prennent
d'urgence les mesures suivantes :
-
signer et
ratifier, s'ils ne l'ont pas encore
fait, les conventions ci-après :
-
Convention pour la répression et l'abolition de la traite des
êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui (Série des traités des
Nations Unies, no 1342, ouverte à la signature à Lake Success, New York, le
21 mars 1950) ;
-
Convention européenne en matière d'adoption des enfants
(1967) ;
-
Convention de La Haye sur la
juridiction, le droit applicable
et la reconnaissance des textes concernant l'adoption ;
-
Convention no 138, concernant l'âge minimal
d'admission à l'emploi, de l'Organisation internationale du travail ;
-
Charte sociale
européenne, et en particulier l'article 7
concernant les droits des enfants et des adolescents à la protection ;
-
approuver à l'Assemblée générale des Nations
Unies le projet de déclaration sur les principes sociaux et juridiques de protection des
enfants et d'aide en la matière, l'accent étant mis sur le placement en nourrice et
l'adoption, aux niveaux national et international ;
-
rechercher des garanties et améliorer les
pratiques suivies dans le cas d'adoptions internationales, notamment :
-
en élaborant un code de conduite et des lignes directrices
destinés aux particuliers et agences qui se chargent des déplacements interétatiques de
mineurs non accompagnés ;
-
en
imposant, pour l'adoption dans un autre pays que le pays d'origine, le placement par des autorités ou instances
compétentes, avec des garanties
et normes équivalentes à celles qui existent pour l'adoption nationale ;
-
en interdisant tout placement impliquant pour ceux qui y ont
contribué des gains financiers impropres ;
-
promouvoir et encourager une vaste campagne
d'information publique sur la vente et le trafic d'enfants, et l'exploitation de la
main-d'uvre enfantine ;
-
informer les éducateurs et les jeunes des droits
de l'enfant, et incorporer un enseignement relatif aux droits de l'homme dans les
programmes scolaires de tous niveaux ;
-
promouvoir la mise en uvre de programmes de
recherche judicieux aux échelons national et international pour analyser les
formes, les
conditions et les structures de la vente et du trafic d'enfants ;
-
adopter des lois et des réglementations strictes
pour combattre la pornographie enfantine et harmoniser la législation des Etats membres
en la matière ;
-
favoriser les politiques tendant à répondre aux
besoins des enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes ;
-
condamner toute politique de concurrence
commerciale et industrielle basée sur l'exploitation du travail des
enfants, et faire en
sorte que les activités des instances nationales et internationales axées sur le
développement soient conçues de façon à avoir un impact positif sur les droits et les
intérêts des enfants à travers le monde ;
-
prendre des dispositions pour assurer aux enfants
travaillant en conformité avec l'article 7 de la Charte sociale européenne des
conditions de vie et de travail décentes ;
-
renforcer le contrôle public relatif à ces
enfants, notamment par l'amélioration de l'inspection du travail, la protection de leurs
droits par les médiateurs responsables, l'éducation et la formation sur le lieu de
travail, et des prestations supplémentaires concernant leur santé et
l'alimentation,
-
Recommande au Comité des Ministres de charger le
Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC) d'étudier en priorité le trafic
et les autres formes d'exploitation des enfants, eu égard aux propositions
ci-dessus.
[1] Discussion
par l'Assemblée le 6 octobre 1987 (15e séance) (voir Doc. 5777, rapport
de la commission des questions juridiques).
Texte adopté par l'Assemblée le
6 octobre 1987 (15e séance).
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