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RECOMMANDATION
1121 (1990)[1]
relative
aux droits des enfants
L'Assemblée,
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Rappelant que la vitalité d'une société dépend des
possibilités qu'elle offre à sa jeune génération de grandir et de s'épanouir dans la
sécurité, l'accomplissement de soi, la solidarité et la paix ;
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Considérant que les
enfants, c'est-à-dire les êtres
humains n'ayant pas atteint l'âge de la majorité, ont besoin d'une aide, d'une
protection et de soins tout particuliers, et considérant que la responsabilité première
de leurs parents doit être réaffirmée et ne saurait être mise en cause ;
-
Considérant que les
enfants, pour l'épanouissement
harmonieux de leur personnalité, doivent grandir dans un climat de bonheur, d'amour et de
compréhension ;
-
Considérant que le droit des enfants à une protection
particulière impose des obligations à la société et aux adultes amenés à s'occuper
d'eux : parents, enseignants, travailleurs sociaux, médecins et autres ;
-
Considérant qu'outre le droit d'être protégés, les
enfants ont des droits qu'ils peuvent exercer eux-mêmes de façon indépendante - même
contre la volonté des adultes ;
-
Considérant que les pouvoirs des parents et l'autorité
d'autres adultes sur les enfants découlent d'un devoir de protection et ne doivent
exister que dans la mesure où ils sont nécessaires à la protection de la personne et
des biens de l'enfant ;
-
Considérant que ces pouvoirs diminuent à mesure que
l'enfant mûrit et que l'enfant devient ensuite capable d'exercer un nombre croissant de
droits ;
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Considérant que les droits dont jouissent ou peuvent
jouir les personnes mineures sont très flous, et qu'il est hautement souhaitable que tous
les Etats membres accordent la pleine capacité juridique au même âge ;
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Considérant
que, de plus en plus souvent, les jeunes voyagent, étudient et travaillent à
l'étranger, et que, pour cette raison, une action
et une législation cohérentes relatives aux droits de l'enfant sont souhaitables dans
les Etats membres du Conseil de l'Europe ;
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Se félicitant de l'adoption par l'Assemblée
générale des Nations Unies, en novembre 1989, de la Convention sur les droits de
l'enfant ;
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Rappelant ses Recommandations 874 (1979) relative à
une charte européenne des droits de l'enfant, 1071 (1988) relative à la protection de
l'enfance et 1074 (1988) relative à la politique de la famille ;
-
Rappelant la Recommandation no R (88) 16 du
Comité des Ministres aux Etats membres sur la ratification et l'amélioration de la mise
en uvre des conventions et accords élaborés au sein du Conseil de l'Europe en
matière de droit privé, et notamment des conventions qui protègent l'intérêt de
l'enfant,
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Recommande au Comité des Ministres :
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d'inviter les Etats membres :
-
dans la mesure où ils ne l'ont pas encore fait, à signer et à
ratifier :
-
la Charte sociale européenne (1961, Série des traités
européens, no 35) et, en particulier, à en accepter l'article 7, sur la
protection des enfants et des adolescents, l'article 17, sur la protection de la mère et
de l'enfant, et l'article 19, paragraphe 6, sur le regroupement familial, et à assurer la
pleine application des normes y figurant ;
-
la Convention européenne en matière d'adoption des
enfants (1967, Série des traités européens, no 58) ;
-
la Convention européenne sur le statut juridique des
enfants nés hors mariage (1975, Série des traités européens, no 85) ;
-
la Convention européenne sur la reconnaissance et
l'exécution des décisions en matière de garde des enfants et le rétablissement de la
garde des enfants (1980, Série des traités européens, no 105) ;
-
la Convention no 138 de l'Organisation
internationale du travail (OIT) sur l'âge minimum d'admission à l'emploi (1973) ;
-
à
envisager, s'ils ne l'ont pas encore fait, de nommer un
médiateur spécial pour les enfants, qui pourrait les informer de leurs
droits, les conseiller, intervenir et, éventuellement, ester en justice des poursuites en leur
nom ;
-
à faire tout ce qui est en leur pouvoir en faveur de la
ratification et de la mise en uvre rapides de la Convention des Nations Unies sur
les droits de l'enfant ;
-
de charger les comités directeurs compétents
d'examiner la possibilité d'élaborer un instrument juridique approprié du Conseil de
l'Europe en vue de compléter la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant
et, notamment, de charger le Comité directeur pour les droits de l'homme
(CDDH)
d'étudier la possibilité d'élaborer un protocole additionnel à la Convention
européenne des Droits de l'Homme, concernant les droits de l'enfant ;
-
de reconnaître dans l'instrument juridique européen
non seulement les droits de l'enfant ressortissant au domaine civil et
politique, mais
également ses droits économiques et sociaux, et, dans ce but, de charger le Comité
directeur pour les droits de l'homme de travailler en collaboration avec d'autres comités
des différents secteurs concernés, comme ceux du secteur social et de l'emploi ;
-
de charger le Comité européen de coopération
juridique (CDCJ), ou un autre comité d'experts intergouvernemental
compétent,
d'effectuer une étude approfondie sur la position des enfants devant les tribunaux et sur
les actes qu'un mineur est en droit d'accomplir avant l'âge de la pleine capacité
juridique, afin de parvenir à des positions européennes communes ;
-
de réunir un groupe restreint d'experts
indépendants,
hautement compétents, pour étudier comment les enfants peuvent exercer les droits
fondamentaux qui leur ont été octroyés par des instruments internationaux comme la
Convention européenne des Droits de l'Homme et la Charte sociale européenne ;
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de mieux informer les enfants de leurs droits ;
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d'établir une coordination pour assurer l'étude
systématique des droits des enfants et la coopération avec d'autres organisations
internationales telles que la Communauté européenne, l'Organisation internationale du
travail, la Conférence de La Haye de droit international privé, ainsi qu'avec les
organisations non gouvernementales.
[1] Discussion
par l'Assemblée le 1er février 1990 (27e séance)
(voir Doc.
6142, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de
l'homme,
rapporteur : Mme Ekman ; et Doc. 6150, avis de la commission des
questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteur : M. Bowden).
Texte adopté par l'Assemblée le
1er février 1990 (27e séance).
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