RECOMMANDATION 1346 (1997)1 relative à
léducation aux droits de lhomme
1. La Convention de sauvegarde des Droits de lHomme et des
Libertés fondamentales, adoptée par les Etats membres du Conseil de lEurope il y a
presque cinquante ans, a beaucoup contribué à protéger les citoyens européens contre
les actes et les décisions des gouvernements les empêchant dexercer pleinement
leurs droits. Il faut souhaiter que lentrée en vigueur du Protocole nº11 à la
Convention renforcera lefficacité de cette protection.
2. Dautres conventions du Conseil de lEurope ont également
contribué à la protection des droits de lhomme dans des situations spécifiques.
On peut citer à cet égard la Charte sociale européenne de 1961, la Convention
européenne pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou
dégradants de 1987, et la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales
de 1995.
3. La Campagne européenne de la jeunesse contre le racisme, la
xénophobie, lantisémitisme et l'intolérance menée par le Conseil de
lEurope a montré que le non-respect et les violations des droits de lhomme
tiennent aussi bien à la politique du gouvernement quaux attitudes quotidiennes des
citoyens ordinaires.
4. En outre, dans plusieurs Etats membres du Conseil de lEurope,
la culture des droits de lhomme fait encore défaut et lon ny a pas
encore assimilé le vrai sens des droits de lhomme et ce quils impliquent au
quotidien.
5. A cet égard lAssemblée se félicite de la décision prise en
1994 par lAssemblée générale des Nations Unies dentreprendre une décennie
de léducation aux droits de lhomme dans le monde entier, en vue de réaliser
une culture de la paix.
6. LAssemblée a toujours souligné, et à maintes reprises, que
lignorance - des droits de lhomme, mais aussi des autres groupes et cultures -
est à la base de la plupart des attitudes négatives à légard des personnes
appartenant à ces groupes, tels les Juifs, les Musulmans, les Rom /Tsiganes, les
immigrés, ou les membres des minorités nationales. Cest pourquoi elle a affirmé
que léducation est lun des meilleurs moyens de prévenir de telles attitudes.
7. Par exemple dans sa Recommandation 1222 (1993) relative à la lutte
contre le racisme, la xénophobie et lintolérance, lAssemblée a recommandé
d«introduire ou renforcer de toute urgence une politique active déducation
et de la jeunesse mettant laccent sur la lutte contre les attitudes intolérantes,
racistes et xénophobes ; une attention particulière devrait être accordée à
lenseignement des droits de la personne humaine et des langues ».
8. Comme indiqué dans la Recommandation 1283 (1996) relative à
lhistoire et à lapprentissage de lhistoire en Europe, lAssemblée
estime que lenseignement de lhistoire devrait permettre aux élèves
«dapprécier la diversité culturelle. Il importe d'identifier les stéréotypes et
autres perversions fondés sur des préjugés nationaux, raciaux, religieux et autres ».
9. LAssemblée a conscience du travail considérable effectué par
le Conseil de lEurope en matière déducation et de sensibilisation aux droits
de lhomme, déducation pour une démocratie véritable, denseignement de
lhistoire, dégalité des sexes, et dans les domaines apparentés. Il convient
de citer les travaux de la Commission européenne contre le racisme et lintolérance
(ECRI) et les projets du Conseil de la coopération culturelle (CDCC) intitulés
«Démocratie, droits de lhomme, minorités: les aspects éducatifs et culturels »
et « Education à la citoyenneté démocratique ».
10. LAssemblée estime cependant que la situation des droits de
lhomme dans toute lEurope est encore loin dêtre satisfaisante et
quil est nécessaire de renforcer laction du Conseil de lEurope dans ce
domaine.
11. LAssemblée recommande donc au Comité des Ministres
dinviter les Etats membres :
i. à réexaminer les programmes de lécole primaire à
luniversité, afin :
a. déliminer les éléments pouvant contribuer à la
création de stéréotypes négatifs;
b. de mettre en valeur les aspects positifs de cultures et de
modes de vie différents;
c. dintroduire des éléments propres à favoriser la
tolérance et le respect pour les personnes de cultures différentes;
ii. à inscrire léducation aux droits de lhomme dans tous
les programmes scolaires, en commençant par la formation des enseignants, y compris la
formation continue, les institutions pour létude du droit et les cours de formation
pour journalistes ;
iii. à inscrire léducation aux droits de lhomme et à la
tolérance dans la formation de tous les fonctionnaires en contact avec le public, tels
que les agents de police, le personnel pénitentiaire et les personnes soccupant des
réfugiés et des demandeurs dasile ;
iv. à encourager les hommes politiques et les médias à sengager
publiquement dans la protection des droits de lhomme, entre autres en vérifiant et
en condamnant avec vigueur les déclarations racistes, xénophobes ou intolérantes.
12. LAssemblée recommande en outre au Comité des Ministres de
considérer léducation aux droits de lhomme comme une priorité pour les
activités intergouvernementales du Conseil de lEurope dans les années à venir et,
en conséquence :
i. dentreprendre ou de développer les recherches sur la nature,
les causes et les manifestations du racisme, de la xénophobie, de lantisémitisme
et de lintolérance;
ii. de créer et de rendre accessible, par exemple sur Internet, une
base de données européenne de matériel éducatif pour promouvoir la tolérance et la
compréhension interethnique ainsi que pour informer sur les questions et les procédures
de droits de lhomme;
iii. de favoriser une contribution accrue du Congrès des pouvoirs
locaux et régionaux de lEurope et des organisations non gouvernementales à ce
processus;
iv. de charger le Conseil de la coopération culturelle, la Commission
européenne contre le racisme et l'intolérance et dautres instances compétentes du
Conseil de lEurope de suivre et dévaluer les politiques nationales en
matière déducation aux droits de lhomme, afin de mettre en évidence les
bonnes pratiques;
v. de coordonner ses travaux dans le domaine de léducation aux
droits de lhomme avec ceux de lUnion européenne et de lUnesco;
vi. dinformer lAssemblée parlementaire de façon
régulière des progrès dans la mise en uvre de ces recommandations.
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1. Discussion par lAssemblée le 26
septembre 1997 (32 séance) (voir Doc. 7887, rapport de la commission de la culture et de
léducation, rapporteuse : Mme Verspaget).
Texte adopté par lAssemblée le 26 septembre 1997 (32
séance).
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