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Résolution 1209 (2000)1
Démocratie et développement économique
1. Les crises financières qui ont
récemment secoué divers pays - le Mexique, lAsie du Sud-Est, le Japon, la
Fédération de Russie et le Brésil - nont pas uniquement bouleversé la vie
des populations touchées, elles ont aussi aggravé linstabilité dune
économie mondiale de plus en plus intégrée et spéculative, entraînée par la rapide
évolution des technologies, notamment dans linformatique et les
télécommunications, dénormes masses de capitaux instantanément mobiles ainsi que
des échanges et des investissements toujours plus libéralisés. Si lon veut que
cette évolution, plutôt que de menacer le tissu économique mondial, aille dans
lintérêt du plus grand nombre de pays et de celui de lhomme de la rue, il
faut que la communauté internationale unisse ses efforts pour rechercher des principes
communs et des solutions nouvelles.
2. LAssemblée remarque que les crises récentes ont
frappé des pays où la démocratie est faible, insuffisante, voire absente, alors que les
démocraties plus développées ont, dans lensemble, résisté aux répercussions
internationales de ces mêmes crises. On voit par là même combien la démocratie est
importante pour un développement économique durable - depuis le respect des droits de
lhomme, la prééminence du droit, la justice et la solidarité sociales,
jusquà la transparence et à la responsabilité dans les affaires publiques, en
passant par lindépendance de lappareil judiciaire, la liberté de la presse
et le refus ferme du «copinage», de la corruption et de la criminalité des affaires. De
la même manière, le développement économique peut amener un pays à rentrer dans un
cas de figure où davantage de démocratie est souhaitable, voire nécessaire pour que ce
développement se poursuive.
3. Les Etats membres du Conseil de lEurope - organisation
qui se fonde précisément sur ces valeurs - doivent coopérer activement avec
dautres pays et institutions internationales ayant une approche similaire en vue de
sensibiliser davantage le monde à limportance de la démocratie pour le
développement économique et social, et pour la stabilité du système économique
international. Ils doivent aussi faire de leur mieux, ensemble et séparément, pour
continuer à améliorer le fonctionnement de leurs propres démocraties dans tous les
aspects évoqués plus haut.
4. LAssemblée remarque que les institutions financières
internationales nont pas alerté le reste du monde suffisamment tôt avant les
récentes crises financières et que les agences privées de notation et de risque crédit
elles-mêmes nont, dans une large mesure, pas été plus efficaces - quelles
soient parvenues à des conclusions erronées dans leur analyse ou par souci de ne pas
déclencher les crises mêmes quelles craignaient. A lévidence, cependant,
les dégâts auraient été bien moindres dans les pays concernés et le reste du monde si
des avertissements avaient été lancés à temps.
5. LAssemblée, gardant ces éléments à lesprit, invite
les institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international
(FMI), la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le
développement (Berd) et la Banque de développement du Conseil de lEurope à
renforcer leur rôle de «gardien attentif» afin dattirer lattention très
tôt, dès quun pays sécarte des normes démocratiques, en particulier si ces
écarts sont susceptibles daffecter la bonne santé dune économie et de son
système financier, ou ceux des pays voisins, ou même léconomie mondiale. Elle se
félicite, à cet égard, de la déclaration sur le renforcement de larchitecture
financière internationale à loccasion du Sommet du G7 à Cologne en juin 1999,
ainsi que des récentes propositions du FMI en vue de noter les pays selon des variables
liées à la stabilité financière, et détablir un code pour les relations entre
les gouvernements, dune part, et le secteur bancaire et les investisseurs,
dautre part. LAssemblée reconnaît aussi que le FMI et la Banque mondiale ont
contribué à surmonter les crises financières dans le passé, et se félicite que les
fonds du FMI aient été récemment augmentés pour lui permettre de mieux faire face à
de futures urgences.
6. Enfin, lAssemblée se félicite que les
Etats membres du Conseil de lEurope, ainsi que dautres, prennent désormais en
compte la nécessité détablir, au niveau mondial, des normes dans le domaine
social, du travail et de lenvironnement, par lintermédiaire de tribunes
telles que lOrganisation mondiale du commerce, la Banque mondiale, le FMI, le Bureau
international du travail et la Berd. Elle estime quil est essentiel de progresser
dans ces domaines, si lon veut renforcer la démocratie, le développement et, par
là même, la stabilité économique mondiale.
____________________
1. Discussion par l'Assemblée le
24 janvier 2000 (1re séance) (voir Doc. 8458, rapport de
la commission des questions économiques et du développement, rapporteur: M. Elo).
Texte adopté par l'Assemblée le 24 janvier 2000 (1re séance).
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